In Vivo n°18 sep à déc 2019
In Vivo n°18 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de sep à déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

  • Format : (170 x 230) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : plongée au coeur d'un essai clinique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FOCUS ESSAI CLINIQUE Certains qualifient la région se réjouit le Prof. Coukos. lémanique de Health Valley, en Inauguré en 2018, le Lausanne est aujourd’hui un pôle de recherche contre écho à la fameuse Silicon Val- le cancer reconnu à l’échelle européenne. Les 58 études bâtiment Agora fait foi. ley, pour ses qualités uniques cliniques en cours sur le site du CHUV laissent espérer À terme, ce nouveau en termes d’innovation dans une percée historique, selon le Prof. George Coukos. centre de recherche sur le le domaine de la santé. C’est cancer doit réunir près de en partie grâce à ce terreau fertile que George Coukos, 300 chercheurs de l’EPFL, des Hôpitaux universitaires oncologue de renom, a décidé de poser ses valises de Genève (HUG), de l’Université de Genève (Unige), dans la capitale vaudoise. « À mon arrivée, j’ai découvert de l’Université de Lausanne (UNIL), du Ludwig Institute un hôpital extrêmement structuré, avec des ressources for Cancer Research et du CHUV. Financé par la importantes et une réelle motivation à l’innovation. Les Fondation de soutien à la recherche sur le cancer compétences en bio-ingénierie et en informatique de (ISREC), il traduit deux symboles forts selon George l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) m’ont Coukos  : « D’une part, la volonté de la communauté aussi beaucoup impressionné », se souvient celui qui publique d’avancer dans la recherche, car ce sont les dirige aujourd’hui le Département d’oncologie UNIL CHUV. citoyens qui ont apporté les fonds nécessaires au finan- Jusqu’en 2012, le Professeur œuvrait à l’Université de Pennsylvanie, où il avait notamment créé un prestigieux centre d’une véritable culture de la collaboration en Suisse, de recherche sur le cancer de l’ovaire. Installé aux États- ce qui permet d’avancer vite et efficacement. Aux États- Unis depuis plus de 20 ans, il n’avait aucune raison d’en Unis, de prestigieux centres travaillent les uns à côté partir. Mais l’envie de développer un centre de recherche des autres, mais en concurrence et pas ensemble. » pointu en Europe l’a poussé à changer de latitude. cement d’Agora par l’ISREC, et, d’autre part, l’existence La clinique n’est pas en reste et les spécialistes ont Depuis son arrivée il y a sept ans, le « paysage désormais plusieurs armes solides pour lutter contre oncologique » lausannois a avancé à pas de géant, les cancers les plus agressifs. De la radiothérapie flash notamment grâce à l’apport financier considérable du à la thérapie cellulaire adoptive, près de 60 études Ludwig Institute for Cancer Research, qui s’est engagé cliniques sont en cours sur le site du CHUV. « Tout à soutenir Lausanne sur une période de 30 ans, alors s’accélère et nous allons bientôt pouvoir constater les qu’il avait initialement prévu de recentrer ses activités résultats de ces années de recherche », s’enthousiasme aux États-Unis. « Aujourd’hui, nous pouvons dire sans George Coukos, qui se dit particulièrement fier de rougir que nous sommes l’un des plus grands centres l’essai ATATIL  : « Ce projet est 100% lausannois, tout de recherche contre le cancer en Europe », est fait ici ! »/26 « TOUT S’ACCÉLÈRE » Le Prof. George Coukos, chef du Département d’oncologie UNIL CHUV et directeur du Ludwig Institute for Cancer Research Lausanne, a boosté le paysage de l’oncologie romand depuis son arrivée. JEANNE MARTEL
trembler, mais on ne peut rien faire. J’ai voulu arrêter après la 5 e dose. » Son épouse précise  : « Il était tout rouge, comme une tomate. » Robert recevra finalement six doses d’interleukine 2, pour un maximum prévu de huit. Lorsque les effets de l’IL-2 se dissipent, les patients peuvent commencer à récupérer, toujours sous haute surveillance. Si tout se déroule comme prévu, au terme de trois semaines d’hospitalisation, ils pourront rentrer chez eux. Ils auront ensuite trois bilans à 14, à 21 et à 30 jours, puis des visites tous les trois mois, en plus de devoir passer pendant cinq ans des examens réguliers d’imagerie pour contrôler l’évolution de leur cancer. Dans certaines circonstances, un traitement de rattrapage avec du nivolumab, un médicament qui a fait ses preuves contre le mélanome, pourrait également être entrepris, pour une durée maximale de deux ans. Là encore, le but est de stimuler les lymphocytes T afin qu’ils restent actifs contre la tumeur. 5 S’EN FOCUS ESSAI CLINIQUE SORTIR Après son épopée au CHUV, Robert a choisi de reprendre tout de suite son activité professionnelle  : « Cela m’a aidé d’avoir ma propre entreprise. Au début j’étais à 50%, je tenais debout entre deux et trois heures par jour et je contrôlais surtout le travail des autres, mais aujourd’hui je suis à 100% et la seule chose qui me fait plaisir, c’est de travailler. » En dépit d’un vitiligo qui s’est déclaré à la suite du traitement et qui l’a « un peu révolté », les résultats de ses examens sont encourageants et les lésions cancéreuses ont diminué. Pour Pierre, c’est au moment de quitter l’hôpital que les choses se sont compliquées. Il souffre alors de douleurs dans les omoplates. À peine rentré chez lui, les douleurs s’intensifient, la morphine ne peut plus rien  : « Du jour au lendemain, je ne pouvais plus marcher. » L’incertitude est à son comble. Il retourne donc au CHUV, où l’on découvre qu’il souffre d’une maladie neuromusculaire auto-immune  : le syndrome de Guillain-Barré. Commençant au niveau des jambes, les nerfs sont attaqués par le système immunitaire, provoquant la paralysie. À cause de cet effet secondaire inattendu, Pierre va devoir rester près de trois mois supplémentaires à l’hôpital et deux mois dans une clinique de rééducation tout près de chez lui. 27 « Je n’ai eu affaire qu’à des personnes qui voulaient se battre à mes côtés. » Cette mésaventure, qu’il qualifie désormais de « petite épreuve à passer », n’occulte cependant pas ses résultats. Neuf mois après avoir accepté de participer à l’essai clinique ATATIL, 85% de ses métastases ont été éliminées. « Je n’ai jamais eu d’idées noires ni regretté d’avoir participé à cet essai, confie-t-il. En 2017, on ne me laissait que quelques mois à vivre. Je m’en sors pas trop mal. » Pierre affirme avoir toujours été combatif et souligne que le personnel médico-soignant a dû le sentir  : « Je n’ai eu affaire qu’à des personnes qui voulaient se battre à mes côtés. Parfois, je me demandais si j’allais arriver à tout faire, mais les choses s’organisent petit à petit et on reprend le dessus. » Un point de vue pas si éloigné de celui de Virginie Zimmer, qui suit toujours l’essai, dont la phase I touche à sa fin, avec ses collègues du Centre des thérapies expérimentales  : « Pour le premier patient, on a dû s’adapter à beaucoup de choses – l’hospitalisation de trois semaines, les nouvelles interactions avec les infirmiers et les médecins, le nombre de données générées et d’effets secondaires. Mais nous apprenons au fur et à mesure et nous avons pu mettre en place des outils pour suivre de manière optimale ce type d’étude. » Comme Robert, Angelo et les sept autres premiers patients admis dans ce protocole de recherche unique en Suisse, Pierre a l’espoir qu’il ouvrira une voie de guérison pour le plus grand nombre. « J’ai eu de la chance de pouvoir bénéficier de cette possibilité, souligne-t-il, et je l’ai aussi fait pour les autres. » Se souvient-il d’un moment précis dans son parcours de « patient-pilote » ? « C’était en plein été, il faisait très chaud et on mangeait des glaces dans ma chambre avec les médecins et les infirmières. C’était juste la vie… »/*Noms connus de la rédaction Pierre Découvrez l’intégralité de ce reportage sur le site d’In Vivo, dans le cadre de la série web « Immersion »  : invivomagazine.com/fr/immersion



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