Illimité n°293 novembre 2019
Illimité n°293 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°293 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : mémoire vive.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Ford en émotion Matt Damon et Christian Bale refont le match Ferrari-Ford dans Le Mans 66. La preuve que le constructeur américain reste un moteur narratif cher à Hollywood. DR Tucker (1988) Dans ce biopic signé Francis Ford (aucun lien de parenté) Coppola, le géant américain est un antagoniste  : alors que le concepteur Preston Tucker s’impose en outsider sur le marché, Ford s’acharne à tuer dans l’œuf le projet de ce petit concurrent. Ou comment montrer le visage carnassier d’un tel consortium. Capital sympathie  : 5% Daddy cool Guillaume de Tonquédec à la dérive et flanqué d’un vagabond dans Place des Victoires  : le parfait contre-emploi ou la confirmation d’une nature paternelle incorrigible ? Le Mans 66 sortie le 13 novembre Gran Torino (2008) Eastwood titre son film non pas d’après le héros, mais d’après sa bagnole  : une Ford Gran Torino 1972. Une manière d’incarner le passéisme flippant du vieux ronchon, ex-salarié de la compagnie automobile – furax que son fils roule dans une voiture nippone. Mais aussi de symboliser l’amitié réelle avec son jeune voisin hmong, qui héritera du petit bijou. Capital sympathie  : 55% On avait découvert Guillaume de Tonquédec en bourgeois bon teint, strict et gentiment bas du front, dans Fais pas ci, fais pas ça. En explosant au cinéma dans Le Prénom puis Barbecue, il restait cette version maladroite et bretonne de Ned Flanders, ce Monsieur Parfait dépassé par un système qui bugge. Les nervous breakdown de ses amis ou les infidélités de sa moitié… Tout ça perturbait sa vision du monde étriquée. Le voir aujourd’hui en marginal sans job ni enfants dans Place des Victoires, où c’est lui qui tient le rôle de l’irresponsable horssol, voilà qui ne manque pas de sel. D’autant qu’il est suivi par un petit vagabond chapardeur, pris sous son aile par la force des choses  : pas vraiment la relation père-fils modèle. Mais c’est aussi, curieusement, ce qui donne toute sa puissance émotionnelle au personnage. Car du papa vieille école de France 2 à celui des films d’avant, horrifié de voir son fils se DR Place des Victoires sortie le 6 novembre Le Mans 66 (2019) La rivalité industrielle peut-elle s’incarner mieux qu’à travers des courses décoiffantes ? Non, mais encore faut-il raconter les destins des hommes éclipsés par les enseignes  : Matt Damon joue Caroll Shelby, pilote chargé par Henry Ford II de concevoir un bolide fichu de battre Ferrari aux 24 heures du Mans. Sain rappel que derrière les appétits des grands patrons subsistent la vision et le travail forcené d’un être humain génial. Capital sympathie  : 100% A.S. volatiliser (SMS) ou se faire initier à la fumette (Barbecue), c’est exactement ce qui amusait et attendrissait chez l’acteur  : son instinct tutélaire, sa dévotion paternelle qui excusait ses bévues. La grande idée de Place des Victoires est donc là  : faire voler en éclat les valeurs du père idéal, et le montrer recoller les morceaux en se trouvant malgré tout un héritier à protéger. Alain Sauffat DR DR
DR Les Éblouis sortie le 20 novembre Pour une foi, c’est sérieux La famille et la spiritualité, éternelles obsessions de la comédie populaire ? Les Éblouis prouve qu’elles peuvent aussi donner matière à un drame profond. Depuis un bon moment, la petite planète du cinéma hexagonal est coiffée de deux antennes thématiques  : la religion (de La Vérité si je mens ! à Coexister) et la famille (des Tuche à La Famille Bélier), qui se touchent parfois (Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?). Autant de comédies plus ou moins réalistes, mais en tout cas décidées à étouffer les dogmes sous les éclats de rire. Sauf que certains sont trop rigides, et doivent se traiter avec les pincettes d’une narration sérieuse. Ce qu’accomplit l’actrice-réalisatrice Sarah Suco avec Les Éblouis  : son héroïne, la jeune Camille, évolue dans une cellule familiale gangrénée par les préceptes de la secte catholique fraîchement intégrée par ses parents. Pas de quoi se marrer quand ses aspirations artistiques sont bridées par les interdits, et que son adolescence se mue en combat pour sauver ses frères et sœurs de cette emprise. Mais Les Éblouis fait appel à Camille Cottin et Éric Caravaca pour jouer les parents, soit deux acteurs aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie  : manière de ne pas se défaire complètement de la part drolatique logée dans les personnages de bigots ou d’aïeux à problèmes. Et de ne pas prendre le contre-pied des farces popu de ces dernières années. Lesquelles partageaient, au fond, le même but  : abattre le sectarisme. A.S. Joyeuse retraite ! sortie le 20 novembre Bon vieux Titi Dans Joyeuse retraite !, c’est (presque) l’heure d’embrasser la vie de papy gâteau pour Thierry Lhermitte. Mais ce dernier est-il bien prêt ? Oui, car c’est un acteur français avant tout Contrairement aux stars viriles d’outre-Atlantique, abonnées aux vieilles sagas qui leur permettent de ne jamais raccrocher les gants, il ne peut pas se reposer ad vitam sur les rôles de flics, de charmeurs ou d’aventuriers. Jouer le grand-père rangé semble donc la bonne parade  : aux côtés de Michèle Laroque, il aspire au repos sous le soleil lusitanien. Non, c’est l’éternel jeune loup du cinéma local Ce beau gosse qui repart avec la plus belle pensionnaire du gite communal, c’est lui. Ce « bleu » qui se forme auprès des ainés roublards comme dans Les Ripoux, c’est encore lui. C’est comme ça  : notre Lhermitte, on le voit jeune, et puis c’est tout. Si, il a déjà fait son grand bilan d’éternel jeune premier D’abord en se jouant lui-même un paquet de fois, apparaissant toujours comme l’acteur français au top de sa forme (pour Michel Blanc, Anne Fontaine ou la comédie Starfuckers). Ensuite, en rejouant implicitement ses grands tubes, comme dans All Inclusive, où il est le patron d’un village-vacances façon Bronzés. L’heure n’est donc plus à l’autoportrait t mais au changement d’étape  : le papy de Joyeuse retraite ! veille sur sa famille – au point de se laisser déborder par la marmaille aille et de tirer un peu la langue. Pas de problème, ceci dit  : jeune pour toujours, ce papy- là en a sous le capot. A.S. 11 DR



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