Illimité n°292 octobre 2019
Illimité n°292 octobre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°292 de octobre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 102 Mo

  • Dans ce numéro : fini de rire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 La Vérité si je mens ! Les Débuts sortie le 16 octobre Rien que La Vérité ! En tant que papas de la fameuse saga du Sentier, Michel Munz et Gérard Bitton connaissent par cœur sa petite galerie de copains hâbleurs. Ils sont donc bien placés pour leur offrir une cure de jouvence avec La Vérité si je mens ! Les Débuts. Faire revenir la bande de La Vérité… sous forme de prequel avec des acteurs différents, c’est prouver que les personnages sont à l’épreuve du temps ? — Michel Munz. Oui, on s’est dit qu’on avait de quoi nourrir encore ces personnages qui n’avaient pourtant pas été créés, à l’origine, pour s’intégrer à une saga. On avait envie de revenir à la période dans laquelle on a rencontré les personnes ayant inspiré nos héros dans le quartier du Sentier. Le charme étant de les voir faire leurs armes à une époque où on pensait que le grand marché d’avenir était la VHS ! — Gérard Bitton. Et aussi de découvrir tous ces talents inconnus, qu’ils soient ados ou adultes  : c’est rare dans l’industrie française de construire un film sans star. C’est un vrai plaisir de pousser ces jeunes à reprendre les rôles de Melki, Garcia ou Solo. La plupart d’entre eux n’étaient pas nés quand est sorti le premier film, mais ils connaissaient les répliques par cœur ! Anton Csaszar, qui joue Serge Benamou, est un jeune comédien belge qui a entraîné son oreille dans les boucheries casher, et en passant son temps à imiter l’accent au point de rendre fous ses colocataires. (Rires.) Ce qui confirme que les vraies attractions de La Vérité… sont les portraits, et non les gags basés sur les clichés culturels… — M. M. On est contents que vous le disiez. Les trois précédents films ont été trop souvent réduits aux particularismes qu’ils exposent. Or nous, au départ, on voulait raconter une toute petite communauté pour toucher à l’universel, relater des destins qui pourraient être ceux de n’importe qui… Mais incarnés par des personnages aux accents particuliers. — G. B. La vraie attraction de chaque épisode, c’est l’amitié… Aujourd’hui, la comédie française est très marquée par les questions culturelles, religieuses, régionalistes… Vous avez l’impression d’avoir ouvert le bal avec le tout premier épisode ? — M. M. Avant ce film, la France était la République une et indivisible. Et j’ai l’impression que La Vérité si je mens ! a fait découvrir une nation faite de quartiers, de villages, de communautés qui sont françaises tout en gardant leurs spécificités. Il y a eu les œuvres de Pagnol dédiées à Marseille et à son accent, nous, on a braqué les projecteurs sur le Sentier. (Rires.) On recevait des courriers de Bretagne ou d’ailleurs pour nous demander si les DR
modèles ayant inspiré ces personnages existaient vraiment. — G. B. Et inversement, quand on menait notre enquête au Sentier pour nourrir le scénario, les gens nous demandaient  : « Mais qui ça va intéresser ? » Effectivement, ces mondes paraissent déconnectés. Mais des années plus tard, on entend toutes ces expressions typiques dans le métro. Leur langage a été adopté. Comme vous le disiez, c’était pourtant à l’origine une modeste comédie d’auteur… — G. B. Oui, et pour nous, l’histoire était bouclée ! Comme on vient de l’écriture de séries, on n’a pas eu de mal à poursuivre les aventures des personnages quand le film a eu du succès. — M. M. On avait même écrit pour des acteurs inconnus, mais les producteurs LA VÉRITÉ SI JE CASTE ! UNE SAGA QUI CHANGE D’ACTEURS COMME DE CHEMISES ES ? La Vérité si je mens ! (1997) Alors que les auteurs pensaient à des inconnus, la fine fleur de l’humour (José Garcia, Élie Kakou) rend la troupe immortelle. nous ont dit qu’on tenait une comédie populaire. C’était inattendu, d’autant qu’on avait l’impression de briser pas mal de tabous  : le fait de parler de la communauté juive sans l’ancrer dans un passé dramatique comme c’était souvent le cas, de la montrer extravertie et parlant d’argent malgré toute la gêne que ça suppose… Bon, ce « Il y a eu les œuvres de Pagnol dédiées à Marseille et à son accent, nous on a braqué les projecteurs sur le Sentier. » La Vérité si je mens ! 2 (2001) Vincent Elbaz refile le personnage de Dov – et le combiné du téléphone, dans une scène culte – à Gad Elmaleh. La Vérité si je mens ! 3 (2012) Elbaz redevient Dov mais Marc Andreoni, qui jouait Willy Journo dans le 2, devient Simon Bijaoui. 15 serait sûrement encore plus difficile aujourd’hui d’arriver avec ce premier épisode  : les discussions sont encore plus tendues, les jeunes générations ne rient plus des mêmes choses. Mais Les Débuts s’adresse aussi à eux ! De quelle manière ? — M. M. Au niveau du stylisme, déjà, ils voient s’incarner la décennie qui les fascine en ce moment  : les années 80 ! — G. B. Et puis, on redonne du sens à des problématiques que les teen movies ne prennent pas souvent au sérieux  : comment on voit sa carrière professionnelle en sortant de l’adolescence, comment on regarde le voisin s’en sortir tout en se comparant… Ces questions-là transcendent à la fois les générations et les communautés. Jacques de Roquine-Cher La Vérité si je mens ! Les débuts (2019) Roulez jeunesse, tous cèdent leur place… Tous ? Non  : l’irréductible Gilbert Melki, interprète originel de Patrick, campe le père de ce dernier. Romain Cole DR



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