Illimité n°292 octobre 2019
Illimité n°292 octobre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°292 de octobre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 102 Mo

  • Dans ce numéro : fini de rire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
12 Le Traître sortie le 30 octobre Le traître a t-il vraiment trahi ? Avec Le Traître, Marco Bellochio évoque la lutte des autorités italiennes contre la mafia à travers le parcours d’un parrain qui accepte de dénoncer ses anciens complices, coupables à ses yeux d’avoir trahi leur code d’honneur. Une histoire géniale qui nécessite quelques explications. Les voici. Voilà pour le contexte, il a son importance. À l’origine, la mafia sicilienne était une association « d’hommes d’honneur » opposés aux autorités gouvernementales. Leur honneur consistait surtout à agir et à tenir leur langue. Ils se sont si bien organisés qu’ils ont naturellement dirigé leurs activités vers l’extorsion, le racket, l’intimidation, puis la prostitution et le trafic de cigarettes. Lorsque, au milieu des années 1970, ils se sont lancés dans le trafic d’héroïne, les enjeux sont devenus si énormes que les rivalités de clans ont entraîné des règlements de comptes sanglants. Incarné dans Le Traître par le formidable Pierfrancesco Favino (Romanzo criminale), Buscetta était un parrain du district historique de Palerme. Lors d’une trêve fragile avec le chef historique Totò Riina, Buscetta s’est exilé avec sa famille au Brésil, mais la guerre Capturé et torturé par la police brésilienne, Buscetta a fini par demander son extradition en Italie. a repris de plus belle, faisant des dizaines de victimes, dont deux de ses fils restés en Sicile. Capturé et torturé par la police brésilienne, Buscetta a fini par demander son extradition en Italie, afin de se confier au juge Falcone, en guerre contre la mafia. Une histoire classique de la Cosa Nostra, donc ? Non parce que Buscetta a toujours démenti la dénomination de « repenti ». S’il a décidé de collaborer avec la police italienne, c’est parce que les mafieux eux-mêmes avaient trahi leur code d’honneur en trafiquant de l’héroïne et en ciblant les femmes et les enfants. Même s’il s’était enrichi lui aussi dans le trafic de drogue, il n’arrivait pas à accepter qu’un de ses propres fils ait été accro à l’héroïne. Une autre des raisons invoquées par Buscetta est l’emploi excessif de la violence par les mafieux dévoyés. Cette « action » est évoquée en début de film au cours d’une litanie d’assassinats brutaux. Mais la suite est peut-être encore plus féroce lorsque Buscetta affronte ceux qu’il a dénoncés au tribunal. Ce ne sont plus alors les armes qui parlent, mais les mots, à l’occasion d’une mise en scène théâtrale stupéfiante, où la parole sert à insulter, menacer, mentir. À tout, sauf à servir la vérité… En tant qu’étude des dysfonctionnements d’une société en proie au chaos, Le Traître est à rapprocher de Buongiorno, notte, dans lequel le cinéaste évoquait l’assassinat d’Aldo Moro sur un mode réaliste davantage que spectaculaire. On est donc loin du Parrain, même si la fin du Traître s’en approche un peu, dans sa description d’un homme vieillissant qui attend son heure aux États-Unis, en gardant le mystère jusqu’à la fin sur ses véritables motivations. Marc Ponceau DR
DRÔLES DE BÊTES ! AU CINÉMA LE 9 OCTOBRE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :