Illimité n°291 septembre 2019
Illimité n°291 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°291 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 103 Mo

  • Dans ce numéro : dans Gemini Man, la star affronte son double des années 90.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 Une des choses frappantes dans Le Dindon, c’est la manière dont la stylisation sixties du décor et des costumes fonctionne bien avec le texte original… qui date de la fin du xixe. — J’ai voulu éviter le côté « musée » du xixe, cette manière dont les personnages sont engoncés dans leur environnement, ou dans les robes et les costumes. J’avais envie d’une modernité plus légère, mais qui conserve en même temps les codes sociaux en vigueur au temps de Feydeau dans le milieu bourgeois parisien – comme la pratique de demander la main d’une jeune fille à son père. Le milieu des années 60, juste avant la libération sexuelle, c’était parfait. Surtout qu’il y a déjà une émancipation de la femme à ce moment. Or, chez Feydeau, je trouve les femmes plus intelligentes que les mecs. C’est aussi une époque très joyeuse pour la comédie française, dont on a encore la nostalgie et à laquelle vous adressez un clin d’œil. — Complètement. Ce patrimoine collectif est hyper important pour moi qui ai grandi devant des Louis de Funès comme Oscar, et tous ces films qui ont réuni les familles devant le poste dans les décennies suivantes. Cette époque, c’est aussi la Nouvelle Vague, mais disons que la comédie contemporaine est toujours héritière de ces années-là. Si j’ai tout de suite pensé à Dany Boon dans le rôle du mari, c’est parce qu’il incarne pour moi le mélange parfait entre De Funès et Bourvil… Le confronter à Guillaume Gallienne ou encore AhmedSylla, est-ce un moyen de montrer que le vaudeville est le langage commun des différentes familles de Le Dindon sortie le 25 septembre Dindon du ciel Et si le vaudeville était le dénominateur commun de toutes les écoles comiques de France ? En adaptant Georges Feydeau avec Le Dindon, Jalil Lespert répond par l’affirmative. l’humour français ? — Oui. J’avais aussi envie de rythmer le film avec des registres disparates. Réunir Dany et Guillaume sur une même affiche, c’est étonnant… Ils ont un point commun  : leur formation scénique et leur technicité aiguisée. Parce qu’adapter Feydeau demande une rigueur absolue. Même les techniciens m’ont dit que c’était un des films les plus durs qu’ils aient faits ! La moindre fausse note fait dévier sa mécanique de précision mais, si on la respecte, on obtient effectivement un ensemble qui n’a rien de monochrome. Même l’acteur américain Holt McCallany s’insère dans l’équation, justement parce qu’on n’est pas loin non plus de Billy Wilder ou du slapstick… — Oui ! Il est francophile et francophone, a fait du mime Marceau pendant ses années de galère à Paris, et rêvait de faire une comédie… Parce que le cinéma de David Fincher, dont il vient, n’est pas vraiment comique ! Si ça marche, c’est parce que Georges Feydeau a un univers à la fois très particulier et capable de séduire le monde entier aujourd’hui, en 2019. En fait, je vois Le Dindon comme une grande pâtisserie française, dont j’ai essayé de respecter la recette sophistiquée… « Chez Feydeau, je trouve les femmes plus intelligentes que les mecs. » A.V. DR Romain Cole
Romain Cole Inséparables sortie le 4 septembre 29 Le sens du trouble-fête Avec Inséparables, Alban Ivanov consolide son statut de tornade burlesque venue réveiller la comédie populaire. Dans Le Sens de la fête, premier film à le faire exister comme ressort comique indispensable, Alban jouait une catastrophe ambulante (et hilarante), une mouche dans le lait, la goutte d’eau qui fait tout déborder. Deux ans plus tard, alors que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts justement et que sa filmo s’est largement étoffée, il revient dans Inséparables pour jouer… exactement le même rôle. Sauf qu’ici, il n’est plus un bras cassé de la restauration, mais un repris de justice venu pourrir la nouvelle vie d’AhmedSylla, ancien codétenu désormais rangé. La différence ? Il n’assure plus cette partition au second plan, mais au premier, ramenant tous les regards vers lui et faisant de sa simple présence le moteur d’une farce échevelée dont on imagine les rebondissements rien qu’en le voyant apparaître. Et si on est partant pour un tel programme, c’est parce que ses bévues observées ailleurs, plus ou moins en marge des récits (du Sens de la fête à Walter en passant par Le Grand Bain), se sont tellement bien imprimées dans les esprits qu’on a fini par s’y attacher. Au point qu’un filmentier se bâtit sur elles, faisant d’Alban le seul exemple récent de second couteau devenu pas à pas un registre comique à lui tout seul. A.V.



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