Illimité n°291 septembre 2019
Illimité n°291 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°291 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 103 Mo

  • Dans ce numéro : dans Gemini Man, la star affronte son double des années 90.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 Music of My Life sortie le 11 septembre Music of My Life est une déclaration d’amour à la musique de Bruce Springsteen. Étiez-vous fan de lui avant de faire ce film ? — Je l’ai découvert au lycée, un ami avait ramené son troisième album, Born to Run. J’avais flashé dessus sans même avoir écouté sa musique, juste avec sa pochette en noir et blanc. Quelle relation avez-vous ensuite entretenue avec sa musique ? — Comme Javed, le héros de Music of My Life, je suis frappée par la puissance émotionnelle de ses paroles et son côté working class hero  : Bruce vient d’un milieu populaire, représente les gens de cette classe, il parle en leur nom. En même temps, ses chansons sont très universelles et franchissent les frontières, les cultures. Justement, Javed, jeune ado d’origine indienne, se crée une identité à travers sa musique. — Cette découverte change sa vie, appose des mots sur ce qu’il vit au quotidien. Il trouve dans ses chansons un Bruce tout-puissant Avec Music of My Life, Gurinder Chadha trace l’itinéraire d’un lycéen basculant dans l’âge adulte en découvrant les chansons de Springsteen. L’occasion de deviser avec la cinéaste britannique sur l’influence et l’impact de la musique du Boss sur sa vie. Et la nôtre, aussi. GURINDER CHADHA moyen de s’évader, de se construire en tant qu’adulte. Cela passe également par l’adoption de sa posture, de son attitude, de ses habits. Une identification totale. Au cinéma, la musique de Springsteen illustre généralement un besoin de fuite ou un spleen profond ou les deux. Pensez-vous que cela résume bien ce qu’éprouve Javed ? — Il a un besoin de reconnaissance. C’est le dernier de sa famille, il n’a pas l’impression que sa voix compte. Nous sommes dans les années 80 au Royaume-Uni, le taux de chômage est très élevé, c’est une époque fracturée où les jeunes n’ont aucune perspective d’avenir. Javed, lui, trouve un salut dans la musique de Springsteen. C’est également un moyen pour lui de s’extirper du racisme ambiant Nick Wall propre aux années Thatcher. Vous aviez 20 ans dans les années 80 et vous êtes issue de l’immigration indienne, avez-vous aussi connu cette discrimination ? — Tout ce qu’on voit à l’écran est le reflet d’une époque. Le racisme envers la communauté indienne était omniprésent, ma famille n’a pas été épargnée. Après la projection du film, beaucoup de spectateurs d’origine indienne sont venus me voir… Ils avaient les larmes aux yeux en m’expliquant que cela leur rappelait ce qu’ils avaient vécu. Avez-vous injecté dans le film des éléments autobiographiques ? — C’est plus cathartique qu’autobiographique. Surtout la figure du père, voulant le meilleur pour ses enfants en leur donnant une éducation très stricte. Après, ce n’est peut-être pas symptomatique de cette culture  : je pense que tous les pères, surtout dans les milieux défavorisés, veulent que leurs enfants s’en sortent et s’accomplissent dans une vie meilleure. François Rieux
DR Ze social network Et si Andy, avec son personnage de loser magnifique, était le prototype parfait de la « dramédie » à la française ? Analyse des ingrédients d’un genre inoxydable. Andy sortie le 4 septembre 25 Confier le gros fardeau à un acteur cool Un galérien entre deux âges, désespérément sans emploi et plaqué par sa dulcinée, en quête d’une seconde chance dans un foyer de réinsertion ? Autrefois, ce pitch aurait sans doute donné une tragédie à tendance sociétale avec Vincent Lindon. Mais en catapultant le toujours tordant Vincent Elbaz dans le monde gris des services d’assistance, Andy module le ton dramatique. Comme si le vaurien roublard jadis joué par Elbaz chez Klapisch payait ses frasques juvéniles par un sourire beau joueur. Détourner le film choral bien de chez nous On le sait, le cinéma français aime les bandes. Andy se trouve donc son propre microcosme humain, sauf qu’il s’agit d’un centre d’accueil non pas peuplé de vieux copains en vacances, mais de gueules cassées par la vie  : Thomas donc, mais aussi son compagnon de chambrée bourru, le personnel, l’ex à problèmes de Margaux… De quoi brosser un tableau à jour du spectre social français, rappelant que les groupes les plus dynamiques peuvent se composer de défavorisés – et pas seulement de Bronzés bienheureux. Raconter des unions improbables Si le système D marche toujours mieux quand on rame à deux, encore faut-il trouver le bon partenaire. De là vient l’argument comique  : au lieu de miser sur la véracité, Andy imagine l’alliance (teintée de romance) entre Thomas et l’assistante sociale Margaux (Alice Taglioni), qui accepte malgré ses principes de s’associer à… son nouveau business d’escort boy. On retrouve cet art typiquement français de renverser les clivages sociaux grâce à des tandems impecs, façon Intouchables. Une manière de promouvoir un buddy movie contemporain, assoiffé de réconciliation. Torpiller le naturalisme prolétarien Qu’est-ce qui distingue la nouvelle comédie sociale du cinéma d’auteur solidaire des travailleurs, style Loach ou frères Dardenne ? En multipliant les gags, Andy renouvelle la vision du labeur qu’ont les fables réservées aux grands festivals  : fini les usines en faillite et les chauffeurs-livreurs aux abois. Voilà un héros qui, grâce à Google, turbine comme « BG » maladroit au service de ces dames. Un moyen pas si innocent de dénoncer la nouvelle aliénation  : celle des quidams changés en petites entreprises sur pattes, grâce à trois clics et une vitrine en ligne. Une réalité aussi critiquable que drolatique, pour peu qu’on sache la raconter avec légèreté. A.V.



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