Illimité n°290 jui/aoû 2019
Illimité n°290 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°290 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 100 Mo

  • Dans ce numéro : un film de wouf !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DR DR 28 Once Upon a Time… in Hollywood sortie le 14 août La position de 69 C’est l’arrivée au pouvoir de Nixon, la naissance des mouvements LGBT, le premier alunissage, Woodstock ou l’assassinat de Sharon Tate. Instant charnière de l’histoire des USA, donc de la pop culture mondiale, l’année 69 est au cœur du nouveau Tarantino, Once Upon a Time… in Hollywood, et semble devenir une obsession pour Hollywood. La preuve par 3. Sale temps à l’hôtel El Royale de Drew Goddard, 2018 Deuxième chef-d’œuvre de 2018 à se situer en 1969 (l’autre étant le First Man de Chazelle), ce huis clos splendidement frimeur et bavard a frappé ses rares spectateurs par sa ressemblance avec le cinéma de… Quentin Tarantino. Situé dans un motel à cheval entre le Nevada et la Californie, à une époque où l’insouciance de la culture hippie se fracasse sur les crimes de la Manson family, le film de Drew Goddard (né en 75) est bâti sur des effets miroirs, un rapport dialectique à l’histoire des USA et cette idée que l’art populaire se repaît du chaos et du mal – ici incarné par Chris Hemsworth en simili-Manson – pour mieux traverser les modes. 1969 évoqué sous un angle intello par un cinéaste qui ne l’a pas vécu. Men in Black 3 de Barry Sonnenfeld, 2012 Grâce à une groupie, un alien-gourou au look de hippie s’échappe d’une prison – sur la lune ! – dans laquelle il croupissait depuis les 70’s. Le parallèle avec Manson est affirmé d’entrée de jeu et c’est à partir de ce postulat que Sonnenfeld (né en 53), comme Tarantino (né en 63), va réécrire l’histoire d’une année charnière. L’agent J. est ainsi renvoyé en 69 pour y sauver l’agent K. et neutraliser le dingo venu de l’espace. Dans le même temps, on fait allusion à une girlfriend dénommée « Shtaron » (si ça ne vous évoque pas Sharon Tate…), on découvre que Warhol était un agent double qui peignait des boîtes de soupe pour tuer le temps et qu’Apollo 11 a surtout permis de mettre en orbite un bouclier anti E.T. 1969 devient une page blanche sur laquelle Sonnenfeld va coucher ses fantasmes d’ados. Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino, 2019 Plus auteur que MIB 3, moins théorique qu’El Royale, le nouveau Tarantino raconte lui aussi le crépuscule de 1969 par le biais du divertissement. C’est l’odyssée showbiz d’une star de série B (DiCaprio) et de sa doublure-homme à tout faire (Brad Pitt), leur voyage entre les studios acquis par les networks télé et Cineccittà, entre le ranch de la Manson Family et les avenues de Sunset Strip. Le tout est mis en parallèle avec le destin de leur voisine de colline  : Sharon Tate. En creux, sous le fétichisme 60’s, c’est surtout l’évocation de l’enfance de Tarantino, qui avait donc six ans à l’époque des faits, et une manière pour le metteur en scène de livrer un hommage ému à ses héros de jeunesse, qui se font engloutir par leur époque. Pas un hasard si la plus belle scène du film se déroule sur le « Out of Time » des Stones  : le temps, celui qui nous manque, celui qui nous expulse, celui contre lequel on lutte, celui qui nous ringardise, c’est le sujet de Once Upon a Time… in Hollywood. A. V. DR
La vie solaire Zita Hanrot, CPE omnisciente d’un lycée de Saint-Denis, est l’astre autour duquel tourne La Vie scolaire de Grand Corps Malade et Mehdi Idir. La Vie scolaire sortie le 28 août C’est un film où tout le monde se vanne  : les profs, les élèves et les pions. Et parfois, ça dégénère, parce que l’humour, s’il est salvateur, abolit aussi toutes les frontières de l’autorité, qui sont la clé de voûte de l’école de la République. La scolarité en milieu défavorisé comme un grand show de stand-up où les gamins jouent (dans tous les sens du terme) leur avenir ? C’est l’angle de La Vie scolaire, film de troupe qui court-circuite l’édifiant au profit du marrant, le manichéisme au profit de l’énergie et de la sensibilité. Ça fourmille de personnages, d’idées, d’intrigues, mais pour que tout s’agglomère, il faut bien un ancrage et un point de vue. Ça sera celui de Samia, la jeune CPE qui débarque de son Ardèche natale et va devoir trouver sa place à l’intérieur de ce grand barnum urbain. En néo Joëlle Mazart, Zita Hanrot vient éclairer de sa force tranquille et de son jean délavé un écosystème à l’agonie, qui ne fait plus tout à fait la différence entre chambrage et violence. Économe dans ses effets, jamais dans le registre de la performance, systématiquement dans celui de l’incarnation, elle rayonne avec un rien, un sourire en coin, des grands yeux bruns qui s’écarquillent, une dégaine à la coule. Le cinéma français vient de trouver sa girl next door officielle. R. T. 29 Romain Cole



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