Illimité n°290 jui/aoû 2019
Illimité n°290 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°290 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 100 Mo

  • Dans ce numéro : un film de wouf !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 Roubaix, une lumière sortie le 21 août Solide comme un Rosch’Avec l’enquête mouvementée de Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin ne fait pas que déclamer un poème sur sa ville natale  : il sublime Roschdy Zem, à nouveau dans la peau d’un flic solide mais bien plus céleste qu’à l’ordinaire. Le commissaire Daoud, votre personnage, est le pivot du film  : on a l’impression que les suspects et les autres flics gravitent autour de ce bloc de force tranquille, sorte de vigie omnisciente… — Au départ, Arnaud Desplechin me l’a présenté comme une sorte de chevalier. Et il n’avait de cesse de me rappeler l’intention qui est celle de Daoud  : il ne cherche pas vraiment à savoir pourquoi le crime a été commis, mais comment. Je n’avais pas réfléchi à son omniscience, mais c’est assez juste  : il ne cherche pas la cause, parce que, au fond, il sait déjà tout. D’où ce dialogue, sur un toit de Roubaix, quand on lui demande comment lui viennent ses intimes convictions sur l’affaire, et qu’il répond simplement  : « Je suis comme ces gens. » C’est l’inverse du héros de film noir classique, dont l’incompréhension et l’enquête qui s’ensuit font normalement avancer l’intrigue. Daoud, lui, a un coup d’avance sur le spectateur… — Oui. Et de fait, moi qui ai déjà joué pas mal de flics, je n’avais jamais eu affaire à ce genre de personnage. Si ce n’est peutêtre dans le film de Xavier Beauvois, Le Petit Lieutenant. Celui-là aussi, il avait quelque chose d’énigmatique… Est-ce que Roubaix, une lumière n’est pas justement une sorte d’essai autour de vous, un condensé de vos multiples rôles de policiers ? « Desplechin voulait absolument filmer la patinoire de Roubaix. » — Je ne crois pas. Parce que, sur ce film, il fallait oublier la fonction. Oublier que le héros est flic, précisément pour que sa nature mystique prenne le dessus. On pourrait croire qu’avoir joué tous ces policiers m’a aidé pour ces séquences d’investigation chaotique. Mais en réalité, la dimension spirituelle de Daoud fait que le commissariat ressemble à un confessionnal. Les échanges évoquent des prières et des confessions plutôt que des interrogatoires musclés comme on en voit tant. Il agit presque comme un prêtre, finalement… Comme l’indique le titre, l’autre héroïne est la ville de Roubaix, fief du réalisateur. Il a fallu vous l’approprier aussi ? — C’est vrai que son rapport à la ville est hautement intime, si bien que certaines choses d’apparence anecdotique étaient conçues par lui comme un accomplissement  : par exemple, vouloir absolument filmer la patinoire locale ! Je connaissais Roubaix pour y avoir tourné auparavant et j’en gardais un très bon souvenir. C’est vrai qu’on peut y trouver une forme de misère sociale, mais il y a aussi une vraie chaleur chez les habitants, plus forte que dans beaucoup de villes plus riches et ensoleillées. Car la vraie souffrance qu’on rencontre chez certains, montrée aussi dans le film, a pour conséquence que chaque moment d’apaisement est vécu comme un privilège. Un tournage, par exemple, est accueilli avec une grande générosité. Pour paraphraser Enrico Macias, il y a quelque chose de spécial chez les gens du Nord. A. V. Romain Cole
LE 31 JUILLET



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