Illimité n°290 jui/aoû 2019
Illimité n°290 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°290 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 100 Mo

  • Dans ce numéro : un film de wouf !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 C’est quoi cette mamie ? ! sortie le 7 août « J’ai commencé tard donc je n’ai jamais été une jeune première. » DR
Le type de familles recomposées comme celle du film, au sein desquelles les rôles sont redistribués, vous connaissez à titre personnel ? — Pas du tout ! J’ai une famille tout ce qu’il y a de plus classique, j’ai un mari depuis 43 ans, je n’ai jamais divorcé… C’est loin de moi, mais je pense qu’une recomposition peut être assez joyeuse. Enfin, vu de l’extérieur  : quand on en fait partie, c’est sûrement difficile à organiser et pas toujours drôle… Et le fait d’avoir joué cette mamie, d’abord sous forme d’ébauche dans C’est quoi cette famille ? ! puis à fond dans cette suite, m’a permis de m’en rendre compte. Mais le film arrive à transformer tout ça en comédie, c’est ce qui est très habile. Puisque vous êtes loin de la situation de l’excentrique Mamie Aurore, où avez-vous trouvé votre modèle ? — Nulle part, je joue à l’instinct. On n’est pas obligé de tout vivre pour jouer  : je suis une maman aussi, mais plus classique qu’Aurore, qui se tient à l’écart des enfants pour vivre sa petite vie, prendre l’apéro à n’importe quelle heure, aller en boîte… Je la comprends, cette mamie  : elle désire qu’on lui foute la paix ! Elle a élevé ses enfants, donc les petits-enfants se débrouillent. Mais en fin de compte, c’est aussi la plus sensée, et elle se soucie du sort des plus jeunes. Elle leur apprend à être authentiques, à se libérer, à se dépasser. Quand un petit se sauve, elle s’en inquiète. C’est la morale du film  : il faut s’occuper des enfants à n’importe quel âge. Les parents en prennent conscience ici, encore plus que dans la première aventure. 22, v’là mamie ! La smala re(re-re)composée de C’est quoi cette famille ? ! est de retour pour chambouler la vie d’une grand-mère aussi aimante que farfelue  : dans C’est quoi cette mamie ? !, qui mieux que Chantal Ladesou pouvait incarner un tel parangon d’extravagance ? Mamie Aurore éprouve ce besoin de fuir la banalité et de rester éternellement jeune. C’est un peu une mise en abyme du métier de comédien, finalement… — C’est vrai  : on doit rester en forme, et on change sans arrêt de coiffure, de garde-robe, on vit plein de vies… Quand on est un peu demandé, c’est le plus beau métier du monde. Maintenant, chez la comédienne, le souci de la jeunesse est effectivement un problème ! On ne peut pas rester éternellement jeune, sauf dans sa tête. Et c’est parfois ennuyeux pour l’accès au travail, dans le cas des actrices. D’ailleurs, je suis dans une association nommée Over fifty et alors ? Le but est de défendre cette cause-là. Même si mon cas est particulier  : j’ai fait les choses à l’envers. J’ai commencé tard et je n’ai jamais été une jeune première. Quand j’étais au cours Simon, vers l’âge de 23 ans, j’ai entendu de la bouche du fondateur en personne, René Simon  : « Toi, tu vas avoir des rôles très tardivement, tu vas jouer des mères, des grandsmères… Oublie la jeune première. » J’avais une autorité naturelle et une voix qui ne correspondaient pas vraiment à mon âge… Heureusement, les choses 23 se sont accélérées vers la quarantaine. Un âge où beaucoup de comédiennes, hélas, n’entendent plus tellement leur téléphone sonner… Comment expliquez-vous ce problème qu’on peine tant à régler ? — C’est de la ségrégation, du machisme horriiiible ! (Rires.) Non, plus banalement, c’est un phénomène qui ne date hélas pas d’hier. Quand je parle aux comédiennes de mon âge, beaucoup disent avoir du mal à se voir à l’écran. Les hommes n’ont pas la hantise du gros plan qui révèle une ride ou deux ! D’où les inégalités. À la télé, c’est le pire  : cinq rôles féminins pour une vingtaine de rôles masculins. Bon, je reste optimiste, je pense que ça va évoluer. Mais ça prend du temps… Dans le film, ce sont les ainés qui amènent l’énergie comique  : c’est déjà un message positif… — Oui, on s’est beaucoup amusés dans les scènes comiques de prises de bec, ou lorsque j’emmène les gamins en boîte… Mais les enfants me font beaucoup rire aussi, tout comme les parents  : le couple que forment Julie Depardieu et Philippe Katerine à l’écran comme à la ville, je le trouve très touchant. Ils donnent tous de bons exemples aux adultes sur les comportements à avoir, en plus ! À Cannes, où le film était montré dans la sélection Écrans Junior, une dame est venue me voir et m’a dit  : « Je viens de divorcer et, en voyant le film, j’ai trouvé une solution pour la garde de mes enfants avec mon ex ! » Comme quoi, tout ça sert à quelque chose... Alain Sauffat



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