Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 La Femme de mon frère sortie le 26 juin Les joies de la création Monia Chokri, soleil noir des Amours imaginaires de Dolan, passe à la réal avec La Femme de mon frère, autre histoire à trois dans laquelle un garçon tombe amoureux de la gynéco de sa sœur. Comment s’est passé ce changement de perspective ? La plupart du temps lorsqu’un interprète passe à la mise en scène, c’est parce qu’il veut s’offrir un grand rôle. Or vous ne jouez pas dans La Femme de mon frère… — Oui, mais ça dépend là où tu te places. Là, je « m’offre » un espace de création. Peu importe qu’il s’agisse de jeu, de composition, de quoi que ce soit  : tout ce qui compte, c’est le canal de création. J’ai réalisé que l’écriture et la réalisation étaient des endroits particulièrement épanouissants. C’est venu à quel moment ça ? — Très vite. Dès que j’étais au Conservatoire, j’expérimentais sur l’écriture de pièce de théâtre, parce que je n’avais pas la prétention d’écrire pour le cinéma et… Pardon, Monia, mais ça vous paraissait prétentieux d’écrire pour le cinéma ? — Oui, je ne pouvais pas imaginer que j’avais les qualités nécessaires pour fabriquer un film. Et puis c’est par l’écriture que l’envie de réaliser est apparue. J’avais commencé à écrire un long-métrage juste après Les Amours imaginaires de Dolan et je n’avais pas l’intention de le réaliser. Sauf que soudainement, je me suis mise à voir les images du film et je ne voulais plus offrir mon texte à un réalisateur. Ma productrice m’a poussée à faire un court-métrage, et je me suis rendu compte que je prenais autant, si ce n’est plus, de plaisir à réaliser qu’à jouer. Alors vous vous êtes découvert une vocation de réalisatrice, très bien, « La grande bellezza est clairement une des grandes influences du film. » mais toute cette histoire vient de votre vie finalement. — Mmmh… C’est de l’autofiction pas de l’autobiographie. Il y a une vraie nuance. La Femme de mon frère, ce n’est pas mon histoire, c’est juste un récit peuplé de personnages que je pourrais jouer. Il y a des phrases, une énergie, des traits, des motifs familiaux qui me ressemblent. Après, l’héroïne du film a mon âge, est complètement paumée et vient de faire un doctorat. Je tiens à dire que je n’ai pas fait de doctorat donc je n’ai rien à voir avec elle. (Rires.) Parmi vos influences évidentes, il m’a semblé qu’il y avait Sorrentino… — J’adore La grande bellezza. La scène de fête est extraordinairement mise en scène, et c’est clairement une des grandes influences du film. Il y a une manière d’assumer le cinéma, qui est très vivifiante. Rome, la nuit, c’est ce qu’il y a de plus beau et c’est une splendide allégorie de la société italienne qui est devenue une société pornographique. Une grande culture qui s’est crashée dans la corruption et la vulgarité. Bref. Oui, Sorrentino c’est un mec très talentueux… Et l’autre grande influence de votre film, bon c’est évident, vous savez de qui je vais parler là… — Ahaha, OK, allez-y ! C’est Xavier Dolan, votre pygmalion des Amours imaginaires… — Oui, il est plus pop, plus américain que moi, mais on a un truc de parenté évident. On se parle, on se passe des films, des disques, des influences. Surtout on a un truc en commun, on est des gueulards  : on pense fort, on dit fort, on vit fort. Mon film tient là-dessus  : dire les choses avec beaucoup de décibels. R.T. Romain Cole



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