Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 Nevada sortie le 19 juin Le mustang, c’est son dada Dans Nevada, un prisonnier réapprend à exister à travers le dressage d’un cheval. Pour le bloc d’intensité Matthias Schoenaerts, ce rôle et ce drôle de partenaire de jeu sont l’occasion de se confronter comme jamais à lui-même. Le mustang de Nevada vous sert d’alter ego, mais on se dit que vous avez été choisi, car votre physique renvoie à sa solidité. Qui est l’avatar de l’autre, du coup ? — Bonne question. On pourrait dire que le héros et son cheval sont des doubles, que chacun imite l’autre. Mais en réalité, ça marche dans un seul sens. Roman se voit dans le cheval, mais l’animal ne se voit pas dans l’homme  : il n’a pas la même noirceur en lui. Roman, c’est un mec hanté. Par sa vie passée, par son isolement, par son crime qu’on ne découvre qu’au bout d’un long moment. Dans Bullhead, il y avait aussi cette idée d’un animal totem, le taureau. Il y aurait en vous une animalité qui incite les cinéastes à vous assimiler à des bêtes ? — Ici, le mustang est une thérapie, pas juste une métaphore. Roman réapprend à communiquer avec quelqu’un à travers lui. Ce n’est pas dans l’animalité que je me retrouve, mais plutôt là-dedans  : le silence, et la sortie du silence. Retrouver le moyen de dire les choses. C’est quelque chose qui revient depuis le début de votre carrière  : vous êtes toujours ce malabar taiseux, rendu muet par de vieux traumas ou de vieilles casseroles… — Les vieilles casseroles importent peu, tu sais. Ce qui m’intéresse, c’est qu’ils soient muets. J’aime donner la parole à des personnages qui ont du mal à s’exprimer. Quand je lis un script comme « Ce n’est pas dans l’animalité que je me retrouve, mais dans le silence. » Nevada, j’ai envie d’aider Roman même s’il a commis une faute horrible. Mais attention, je ne le confonds pas avec le héros de Bullhead  : un détenu a une vie très spécifique, très pragmatique, il y a des rituels, des interdits. Je suis allé observer les pensionnaires d’une prison de haute sécurité  : si je connais mal sa condition, je ne peux pas l’aider. Cette composition exige un physique fort, mais peu mobile en dehors des scènes de dressage. C’est une autre constante  : vous jouez de votre carrure, mais tout se passe à l’intérieur… — Malgré ça, on me voit comme un acteur d’action, alors que ce genre de films représente 10% de ma filmo. Pas grave, mais c’est un peu énervant. Je ne veux pas privilégier les rôles dramatiques sur le reste, mais simplement ce ne sont pas toujours les films d’action que je préfère à l’arrivée  : j’ai été déçu par Kursk, où j’ai un rôle très physique, alors que j’avais adoré Loin de la foule déchaînée, que Thomas Vinterberg avait aussi réalisé. On voit tout ce qui se passe à l’intérieur du sous-marin de Kursk, mais pas à l’intérieur des hommes. Tu as raison  : je dois aimer jouer à l’intérieur de moimême. C’est là que se passent les histoires intéressantes, non ? A.V. Romain Cole
Woman on the Moon Premier film de l’actrice Élise Otzenberger, Lune de miel évoque la renaissance du romantisme au sein d’un vieux couple, dont Judith Chemla est la lunaire moitié. Lune de miel sortie le 12 juin D’Ivan Jablonka à Daniel Mendelsohn, la littérature s’est penchée maintes fois sur cette inquiétude  : qui sont nos aïeux ? Que raconte leur douloureuse histoire à propos de notre présent, de nos vies à nous ? Lune de miel s’empare, lui aussi, de cette thématique  : Anna et Adam, un couple de Parisiens d’origine juive polonaise, se rend pour la première fois en Pologne pour commémorer l’anniversaire de la destruction d’un village où ont vécu leurs ancêtres respectifs. Mais si le film n’a rien d’un très sérieux traité d’historiographie, c’est grâce à Anna, aka Judith Chemla  : elle s’entête à communiquer son furieux désir de savoir généalogique à son amoureux (bien plus bougon et réticent), et profite de ce voyage initiatique pour amorcer la réinvention romantique de son couple. De là naît le moteur caustique de Lune de miel  : cette quête mouvementée, jalonnée d’imprévus drolatiques, se change peu à peu en comédie de remariage. Voire en marivaudage, à mi-chemin entre la tension dramatique de Blue Valentine et l’énergie du cinéma burlesque. Un mélange qui doit beaucoup à l’actrice  : avec son sens du jeu décalé, des fulgurances langagières et des poussées de stressinopinées, Judith transforme l’enquête existentielle en course d’obstacles aussi amoureuse qu’effrénée, dont chaque chute est saluée d’un éclat de rire. A.V. 29 Romain Cole



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