Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 X-Men  : Dark Phoenix sortie le 5 juin Quel est le secret pour ne pas vous fâcher avec le Professeur Charles Xavier, que vous incarnez dans X-Men depuis quatre films ? — D’abord, il faut faire confiance à ce qui vous fait aimer le rôle. À savoir que la mythologie évolue toujours, et le personnage avec. Le Professeur X est entouré de femmes qui prennent de plus en plus le pouvoir. Si bien qu’elles se permettent de pointer ses failles, ses faiblesses de type parfois trop mégalo et sûr de lui. Jouer un leader douteux, ça me change. Surtout dans une mythologie de super-héros. En effet, il semble laisser la place aux jeunes et notamment aux filles. Un peu comme Patrick Stewart, interprète de Xavier dans la précédente génération des X-Men, c’est l’ainé ouvrant la voie aux disciples… — C’est amusant que vous disiez ça. Pendant longtemps, j’ai essayé de me défaire du modèle Patrick Stewart. Je voulais prouver qu’on pouvait raconter sa jeunesse sans imiter diamétralement ce Acteur-né (sous X) À nouveau chef des mutants dans X-Men  : Dark Phoenix, James McAvoy refuse pour autant de se répéter  : cet univers familier reste l’occasion de faire évoluer son jeu façonné par l’étrangeté. que Patrick avait défini. Mais dans Dark Phoenix, je crois lui ressembler un peu plus… Sans doute parce que j’ai mûri un peu – en même temps que Xavier ? C’est ironique, en tout cas  : cette évolution m’a appris qu’on en revient toujours à ses modèles, et à l’exemple des ainés qu’on a tenté de fuir… Refuser tout modèle et imposer votre propre style de jeu, c’était un peu votre philosophie d’acteur bien avant X-Men… — « Imposer », je ne sais pas. Mais refuser d’entrer dans une catégorie d’acteur, c’était effectivement l’idée. Quand j’ai débuté, j’ai su tout de suite que je ne serai « On en revient toujours à ses modèles, et à l’exemple des ainés qu’on a tenté de fuir. » DR jamais un action hero, jamais un héros exemplaire qui donne envie aux ados de devenir balèzes. Je n’ai pas le physique nécessaire. Et d’un autre côté, j’avais un bagage de théâtre classique trop sérieux pour devenir un acteur de comédie. Il fallait trouver un autre créneau, plus labile et imprévisible. On a l’impression que vous l’avez trouvé avec Trance de Danny Boyle  : vous êtes devenu l’expert des performances marquantes et des personnages inclassables, car mentalement dérangés… — C’est vrai, mais je n’aime pas trop le mot « expert ». Je n’ai aucune connaissance en psychiatrie et je n’ai pas d’affinité avec le thème des maladies mentales. Simplement, j’aime comprendre ce qui réside derrière le psychisme d’un personnage tel qu’il était écrit dans le scénario. Trance était parfait pour ce type d’expérience  : l’agression subie par le héros, un vendeur d’art sans histoire, le conduisait à devenir amnésique et à révéler une facette survoltée. Du coup, dans ce cas précis, je devenais un héros d’action… Sauf que l’action était mentale avant tout  : les scènes épiques, je les voyais comme un prétexte pour explorer les puissances insoupçonnées du cerveau, capable de modifier à notre insu les facultés de nos corps. De toute façon, les performances fondées sur la psychologie, c’est un peu comme un rôle d’action  : vous impressionnez le public en épuisant vos ressources. Et dans les deux cas, vous pouvez montrer l’étendue de votre palette dramatique  : Split et Glass en étaient la parfaite illustration… — C’est juste. Ce qui m’a attiré dans Split,
ce n’était pas la perspective de jouer un super-méchant. C’était que le personnage avait 24 personnalités ! Et en effet, passer sans arrêt de l’une à l’autre exige une préparation physique qui n’a rien à envier à celle d’un interprète de James Bond. Et puis oui, c’est vrai, j’aime qu’un film offre aux acteurs l’occasion de montrer qu’ils savent tout faire. J’ai rempilé dans Glass parce que je voulais complexifier encore davantage la schizophrénie de Kevin Crumb. Vous n’avez pas peur que votre jusqu’au-boutisme passe pour du cabotinage ? nom du film date de sortie 27 — Ce serait triste de n’y voir que ça, mais après tout pourquoi pas ? Pour moi, cabotiner, c’est surjouer un personnage au risque qu’on ne voie plus que vous, et pas lui. Mais si ça arrive, pourquoi pas ? Au moins vous aurez fait exister quelque chose à l’écran. De nombreux acteurs influencés par l’Actors Studio entendent disparaître en leurs personnages. Très bien, sauf qu’à force de disparaître, le public ne voit plus rien ! Les prestations marquantes de Split et Glass pourraient vous coûter, au sens où elles peuvent interférer avec l’image plus sereine « J’aime qu’un film offre aux acteurs l’occasion de montrer qu’ils savent tout faire. » DR du Professeur Xavier dans X-Men… — C’est un risque souvent craint par les acteurs de franchise  : ils choisissent leurs autres rôles de manière à ne pas faire d’ombre à leur personnage fétiche. Comme si un film pouvait en dénaturer un autre… Je suis partisan du contraire. Si vous jouez dans un film d’horreur, laissez-le contaminer la comédie romantique dans laquelle on vous verra ensuite. Je sais bien que les fans de Marvel adorent le souci de fidélité à l’univers des comics, mais si l’aliéné de Split déteint sur le ProfesseurX, j’estime que c’est une bonne nouvelle  : il ne peut que l’enrichir. A.V.



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