Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 Yves sortie le 26 juin Allô, maman, frigo Un frigo intelligent qui devient une star du hip-hop ? Surprise, le nouveau projet du très allumé Benoît Forgeard est son œuvre la plus accessible et la plus amusante à ce jour. Le refrigérateur Yves va-t-il faire rentrer son auteur dans les rangs ? Malgré son pitch un peu azimuté, Yves ressemble à une vraie main tendue de votre part vers le grand public… — Ahaha… Mince, je me trompe ? — Si, si, une « main tendue » ça me va très bien. Vous avez cette impression parce que c’est moins « radical » que ce que je faisais précédemment ? Oui. — Alors ça me convient très bien, je ne cherche pas à être austère. Plus que l’absence d’austérité, c’est l’envie d’aller vers de l’émotion qui m’a frappé. C’est étonnant pour un forcené de l’humour absurde comme vous… — Avant, je n’utilisais pas de ficelles de scénario. Là, je voulais glisser une réflexion autour des intelligences artificielles dans une forme émotionnelle. L’écueil aurait été de faire un film techno et théorique. Donc j’ai mis en place cette histoire de rivalité entre le personnage de William Lebghil et celui d’Yves, le frigo, et puis au milieu de ces deux-là il y a une fille, qu’ils vont aimer. Et, comme ça, au fil des réécritures, c’est devenu un film plus universel, assez « classique », certes avec un frigo qui parle, mais bon. (Rires.) Ce qui m’intéressait dans l’IA, ce n’est pas le fait que c’est un robot qui te rend service, c’est l’idée que leur boulot c’est avant tout de repérer tes défauts et ensuite de t’aider à les surmonter, à les atténuer voire à les effacer. C’était ça mon sujet. « C’est un film qui prône l’amour entre l’homme et la machine. » Au détour d’une scène de Yves, vous citez clairement Her de Spike Jonze, autre grand film triste sur les IA. Il y a une influence plus souterraine, mais pas moins déterminante, c’est Phantom of the Paradise de De Palma. — Oui, et par extension Le Fantôme de l’opéra de Leroux, grand récit de rivalité artistique et par extension encore le mythe de Faust. En fait, dans Yves, plusieurs mythologies viennent s’entrechoquer. Je tends de plus en plus vers ça. D’où, peutêtre, cette impression d’universalité que vous avez pu ressentir. Bon, après, c’est pas Bienvenue chez les Ch’tis non plus, hein ! Vous assumez le côté parfois un peu « réac » du film, en tout cas sa peur du tout-technologique à venir ? — Je ne suis pas technophobe, du tout. C’est un film qui prône l’amour entre l’homme et la machine, ahaha. Ce qu’il se passe dans Yves, c’est que le frigo, ou plutôt le fri-bot, se désolidarise de son propriétaire. En fait, c’est plus l’humain perdu sans sa machine qui est moqué dans le film. En même temps, j’ai l’impression que ça plaira aussi à tous ceux qui détestent Siri et toutes les IA qu’on nous impose désormais dans notre quotidien. — Oui mais c’est parce que c’est une mise en boîte du monde où l’homme se repose sur la machine. Mais le film, j’espère, plaira aussi aux technophiles et aux trans-humanistes, parce que le fri-bot n’est jamais considéré comme une calamité  : il agit toujours dans l’intérêt de son utilisateur. On en revient donc à notre sujet du début  : c’est ta première œuvre conçue pour plaire à tout le monde. — Voilà, exactement ! R.T. Romain Cole
Le rire d’Adèle Après avoir fait se gondoler la Croisette l’an passé avec En Liberté, Adèle Haenel refait le coup de la grande perf’burlesque dans Le Daim de Quentin Dupieux. Le Daim sortie le 19 juin Quelque chose a changé chez cette fille. Déjà, elle ne joue plus aux jeux vidéo. Elle nous avoue avoir mis cette passion derrière elle, sans savoir exactement si c’est lié à l’âge ou si c’est une simple lassitude momentanée. « Je n’ai plus touché une manette depuis The Last of Us, j’ai remplacé ça par le théâtre. Vous croyez que ça veut dire un truc sur moi ? » Mmmh… Ce qui nous paraît en tout cas vraiment signifiant dans la carrière d’Adèle, c’est ce goût insoupçonné pour la marrade dévoilé par Pierre Salvadori dans En Liberté. C’est Quentin Dupieux qui s’est chargé de choper la balle au bond et a offert à la muse de Céline Sciamma un rôle bidonnant de serveuse-monteuse qui pousse un peu malgré elle Jean Dujardin à dégommer des quidams dans le très barré Le Daim. « Avant, les gens pensaient que j’étais méga chiante, mais je rigole pas mal en vrai. (Rires.) Après, ne me parlez pas de virage comique s’il vous plaît, ça date juste d’il y a un an En Liberté, attendons un peu hein… » Le premier rôle chez Fabien Onteniente ne semble pas pour tout de suite, pour l’heure c’est chez son antithèse Quentin Dupieux qu’Adèle fait ses gammes en clown blanc éberlué et prouve que, même si elle ne touche plus aux manettes, elle n’en a pour autant fini de jouer. R.T. Romain Cole



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