Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
20 Beaux-Parents, sortie le 19 juin L’originalité du film, c’est d’inverser le cliché comique qui veut qu’un gendre déteste ses beaux-parents et vice versa. Cette fois, ils s’adorent, mais à cause d’un quiproquo ils doivent se séparer. — Josiane Balasko. C’est ce qu’il y avait de séduisant dans le projet. On retournait le cliché comme une crêpe. Un pitch amusant et un scénario qui suit, c’est de plus en plus rare. — Didier Bourdon. Il y a quelque chose à défendre. C’est pas si souvent. Parce que, au-delà de l’argument comique, il y avait aussi une vraie dimension émotionnelle dans le projet  : on l’adore, notre gendre ! Et le film met Le sens du collectif Dans Beaux-Parents, le binôme Josiane Balasko et Didier Bourdon fait des étincelles.Trop facile de faire rire à plusieurs pour l’ex-Splendid et l’ex-Inconnu ? Réponse groupée. « L’un comme l’autre, à l’origine, on vient d’une bande. Elle le Splendid, moi les Inconnus. » nos personnages devant un vrai cas de conscience  : peut-on choisir entre sa fille et son beau-fils ? — J.B. C’est pas l’amant dans le placard, c’est le gendre dans le placard. On doit cacher notre « liaison » avec lui. On agit comme si on commettait un adultère, quoi ! (Rires.) Le conflit qui explose entre votre gendre et votre fille dans le film est également assez subtil. Elle l’accuse de l’avoir trompée et il doit lui prouver son innocence. Or comment peuton prouver qu’on n’a pas trompé sa femme ? — D.B. Oui, c’est un film sur l’injustice. Ça met très en avant le côté clown blanc de Bénabar. Il est très doué dans ce registre de comédie. Parfois il vaut mieux s’excuser pour quelque chose qu’on n’a pas fait, ça simplifie les choses. — J.B. (Rires.) C’est comme la justice américaine où, stratégiquement, il vaut parfois mieux plaider coupable que de chercher à se faire innocenter. DR
DR C’est Bénabar qui joue le rôle de votre gendre, il est aussi le coauteur du script. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas écrit pour le cinéma. La dernière fois, c’était le très marrant Incognito d’Éric Lavaine, en 2009. — D.B. Oui, super film qui avait été aussi coécrit par Héctor Cabello Reyes, le réalisateur de Beaux-Parents. — J.B. Ils se connaissent bien et depuis longtemps, tous les deux. Ils ont écrit une pièce aussi, Je vous écoute, qui avait très bien marché. — D.B. J’ai l’impression que Bénabar a beaucoup d’idées et qu’Héctor le canalise un peu et remet de l’ordre là-dedans. Ce qui est amusant, c’est que vous êtes l’argument comique du film, mais pas les personnages principaux. Dès que vous arrivez, on sait qu’on va se marrer ! « Tous mes copains sont hilarants, désolée, hein ! C’est ça l’esprit de bande ! » — D.B. C’est bien fichu, parce que s’il n’y avait pas les beaux-parents, on peut imaginer que notre gendre et notre fille se seraient tout simplement séparés et seraient passés à autre chose. C’est parce que nos personnages sont là que cette situation s’éternise, mais on ne pouvait pas être les héros de cette histoire  : ce qui prime, c’est leur couple ! Vous avez peu tourné ensemble… — J.B. (Elle nous coupe.) Et c’est bien dommage ! On s’était croisés dans deux films, mais avant ça, oui, rien ! — D.B. Ceci est un message adressé à l’industrie du cinéma français  : nous voulons faire plein de films ensemble ! (Rires.) … et donc, puisque vous vous connaissez peu, comment avez-vous établi votre dynamique de couple ? — D.B. Ce n’est pas très compliqué pour Josiane et moi, ça. L’un comme l’autre, à l’origine, on vient d’une bande. Elle le Splendid, moi les Inconnus. Donc on connaît par cœur les dynamiques comiques de groupe, on n’est pas du tout dans une logique de one man show. — J.B. Oui, on joue ensemble et on aime réagir en fonction de ce que vient de nous dire l’autre. 21 — D.B. L’écoute, c’est primordial en comédie. Une bonne réaction peut déclencher beaucoup plus de rires qu’une excellente réplique. Les gens rompus à l’exercice du one man show croient souvent que c’est seulement lorsqu’ils parlent que le public les écoute. C’est une erreur. Le public t’écoute même quand tu ne dis rien. Qu’est-ce qui vous amuse aujourd’hui dans le paysage de la comédie française, vous qui l’occupez depuis plus de 30 ans ? — D.B. Le Palmashow… La Bande à Fifi… Vous trichez, ils se revendiquent comme des héritiers des Inconnus ! — D.B. C’est pour ça qu’ils me font marrer. (Rires.) — J.B. Moi, j’aime bien les films d’Antonin Peretjatko. La Fille du 14 juillet, c’est particulier, mais ça m’a fait mourir de rire. Christian Clavier me fait énormément rire aussi. Après Didier qui cite ses héritiers, vous, vous citez carrément vos copains. — J.B. Ah bah oui, mais tous mes copains sont hilarants, désolée, hein ! (Rires.) C’est ça, l’esprit de bande ! — D.B. D’ailleurs, je me demande vraiment pourquoi les gens ne font plus rire en bande aujourd’hui. L’époque est devenue individualiste à ce point ? — J.B. C’est peut-être lié à la technologie, aux réseaux sociaux  : les mômes se filment seuls dans leurs chambres et mettent ça sur YouTube. — D.B. J’arrive à le comprendre. Peutêtre que j’aurais fait pareil si l’époque le permettait. En tout cas, si le rire en bande vous amuse, filez voir notre film ! R.T.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :