Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
DR 16 Men in Black  : International sortie le 12 juin Men in blackout Tel le flash que déclenchent les hommes en noir pour effacer les souvenirs des badauds, Men In Black  : International agit comme un gadget fantastique  : il remet à zéro les attentes du public pour mieux lui faire voir des trésors inédits dans cette galaxie. ÉVAPORÉS, VALKYRIE ET THOR Nos duettistes 3.0 sont donc les agents M et H, aka Tessa Thompson et Chris Hemsworth. Moins rodés mais aussi classes que leurs aînés (complets noirs, montres Hamilton et Ray-Ban qui vont bien), ces (wo) men in black œuvrent au sein de l’antenne londonienne de l’agence. Tiens, tiens  : la dernière fois qu’on a vu ces deux-là dans le même plan, ils portaient des armures de guerriers semi-divins. MIB citerait-il les querelles intersidérales de Thor  : Ragnarok et Avengers  : Endgame ? Il n’en est évidemment rien (même si l’éditeur Marvel possède les droits des comics MIB originaux), mais justement  : les costards offrent aux deux stars l’occasion inespérée de faire oublier marteaux et glaives (lourd défi  : peu d’acteurs se libèrent de leur alter ego en spandex après l’avoir incarné). né). Car la mythologie high-tech de MIB est aussi riche que celle d’un Marvel, tout en s’en distinguant assez (par son ton badin et son fétichisme des bestiaux gluants) pour que Tessa et Chris fassent peau neuve dans l’esprit du public. ÉCLIPSÉS, J ET K Vous les aimez, mais vous les oublierez. C’est la promesse de MIB  : International au sujet des chasseurs d’aliens K et J (Tommy Lee Jones et Will Smith), et celle de tout reboot  : il s’agit toujours de miser sur la capacité des petits nouveaux à piquer la vedette aux aînés. Mais la gageure est plus forte dans le cas de MIB, saga bâtie autour de la retraite sans cesse ajournée de l’agent K. « Flashouillé » dans le premier par le fameux neuralizer (qui efface les souvenirs liés aux apparitions extraterrestres), il retrouvait la mémoire dans le 2 puis se dédoublait dans le 3, dont le script remontait le temps pour le rajeunir (sous les traits de Josh Brolin). Mais le tandem vieux briscard/jeune loup ne peut décidément plus marcher  : Jones a 73 ans, Smith est un quinqua chevronné. L’enjeu est donc de contrebalancer ce « deuil » enfin concret avec une naissance – celle d’un duo assez détonnant, contemporain, sexy, bref assez cool pour tourner enfin la page. DR
DR ACQUITTÉ, LIAM NEESON Mais qui voilà à la tête de la division britannique des MIB ? L’agent High T, alias Liam Neeson. Thompson et Hemsworth ne sont pas les seuls à effacer leurs rôles passés  : après dix ans à cumuler les personnages de vigilantes (ces justiciers de la rue modelés d’après le Charles Bronson des 70’s), Neeson paraît se confondre avec les (anti ?) héros des Taken, Le Passager ou Sang Froid, avec leurs mines renfrognées et leur désir de vengeance chevillé au corps. Mais voilà qu’en jouant High T (et en se faisant tout petit derrière de jeunes têtes d’affiche raccords avec l’époque), notre Schtroumpf grognon s’amende en s’orientant vers un humour mêlant burlesque et flegme so british – prouvant que, à l’inverse d’un Steven Seagal, il est encore fichu de dérider ses zygomatiques pour esquisser un sourire bienveillant et rédempteur. DR DR RÉINVENTÉ, LE BUDDY MOVIE Autre mission secrète de ce spin-off  : réhabiliter un genre devenu obsolète. Le buddy movie, fondé sur le partenariat de deux héros mi-drôles mi-kékés (et banalisé par le carton de L’Arme fatale) a dominé les décennies 80 et 90, offrant d’ailleurs son concept au premier Men In Black. Hormis les deux suites de ce dernier, le concept devait s’essouffler dans les années à venir  : le mélange action/comédie de potes attire les jeunes papas des années 2010 mais laisse les ados sur le bord de la route. Alors comment redorer le blason du buddymovie ? En effaçant ses ratés au moyen d’un ravalement total du concept  : une fille tient lieu de challenger face au héros large d’épaules et, non, il ne s’agit pas d’une bluette ordinaire. Exit le concours entre petits coqs donc, mais les blagues de vestiaire sont toujours là, simplement réajustées à une ère où garçons et filles ont chacun le droit de porter d’aussi gros fusils. 17 ENVOLÉS, LES MÉCHANTS ALIENS Par-dessus tout, MIB  : International se frotte à une autre branche du blockbuster contemporain  : celle des invasions extraterrestres pénétrées de sérieux, diabolisant souvent les visiteurs tel un fléau absolu (pêle-mêle  : les Chitauris d’Avengers, le Xénomorphe d’Alien Covenant, les géants majestueux mais pas très déconneurs de Premier contact). Aujourd’hui, le martien est devenu un émissaire hostile au pire, un poil austère au mieux. Le voici donc renvoyé au bercail au profit d’aliens plus fun, plus relax et forts en gueule, mais surtout plus variés  : si beaucoup sont des truands qu’il s’agit d’appréhender, d’autres sont de précieux indics ou de paisibles citoyens de l’univers, dont les vannes nous font oublier la géopolitique intersidérale pour mieux nous faire savourer une madeleine au goût de Mars Attacks ! ou du premier MIB. La preuve qu’il est doux, parfois, de perdre la mémoire. Marie-Paule Quanappé DR



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :