Illimité n°289 juin 2019
Illimité n°289 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : que serait un monde sans les Beatles ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 Piranhas sortie le 5 juin Le massacre de l’innocence Dans Piranhas, son quatrième long-métrage, Claudio Giovannesi raconte l’apprentissage de la criminalité par une bande d’adolescents napolitains. Le réalisateur revient sur la façon dont il a adapté le roman de Roberto Saviano. Avant de passer à la fiction, vous avez réalisé des documentaires. Cette expérience vous a-t-elle été utile pour Piranhas ? — Oui, elle m’a permis d’établir une règle à laquelle je suis toujours resté fidèle  : privilégier les personnages et garder un seul point de vue. Ce qui m’intéresse, c’est de ne pas juger mes protagonistes, mais de révéler une empathie et la transmettre au spectateur. Piranhas raconte l’impossibilité de vivre une vie affective normale si on choisit la voie criminelle. Cette dimension était-elle déjà dans le roman ? — Non, le roman était centré sur le combat pour le pouvoir, de même que la série Gomorra, dont j’ai réalisé deux épisodes. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Saviano et qu’il m’a proposé de faire ce film. Il avait vu Fiore, mon précédent, qui était déjà un récit sur les sentiments. Nous voulions donc raconter cette histoire en privilégiant le thème de la perte d’innocence. Quels choix de mise en scène se sont-ils imposés ? — J’ai une méthode très précise que « Beaucoup de scènes m’ont été racontées par des jeunes. » j’utilise dans chacun de mes films, et qui consiste à tourner dans l’ordre chronologique. Les jeunes interprètes n’ont lu ni le roman ni le scénario. Et chaque jour, je leur donnais les scènes de façon à ce qu’ils vivent dans l’ordre l’évolution émotionnelle de leurs personnages. Vous avez trouvé vos interprètes sur place. Est-il arrivé qu’ils apportent quelque chose qui n’avait pas été prévu ? CASTING AL DENTE Le tournage de Piranhas a duré neuf semaines, mais il n’a pu commencer qu’après le casting, qui a duré six mois  : 4 000 jeunes issus des quartiers populaires de Naples ont été auditionnés. Sur le lot, huit ont été sélectionnés selon des critères stricts  : ils devaient connaître la situation, avoir un visage innocent et un minimum de talent d’acteur. — Nous sommes partis d’une structure qui n’a pas bougé, mais la partie la plus importante du scénario a été écrite pendant le casting, donc en fonction des interprètes. Beaucoup de scènes m’ont été racontées par des jeunes, comme la scène de l’opéra, et ces apports ont été inclus dans le script. Souvent pendant le tournage, quand quelque chose ne leur paraissait pas authentique, ils le disaient et on ajustait. Le film a l’air de dire que l’argent est la principale cause de tous les ennuis décrits. Où est la solution à votre avis ? — Ces gamins de Naples ne sont pas différents de tous les autres gamins occidentaux. Ils veulent exactement la même chose. Le problème vient de la société occidentale qui accorde une valeur démesurée aux biens de consommation. C’était un des points de départ du travail avec Roberto. La solution, valable pour toutes les civilisations, serait de ramener de la valeur à ce qui n’en a plus, c’està-dire l’art, la formation, l’éducation. Marc Ponceau Romain Cole
Partenaire particulier e savais que le tournage ne pourrait pas « Jcommencer sans avoir trouvé le personnage de PA, en proie à une somme de doutes existentiels, ou métaphysiques, typiques de l’adolescence et placés au cœur du film. Après avoir assisté à des dizaines de photos de classe en lycée – idéal pour « sentir » les personnalités, voir comme les élèves se tiennent devant un objectif, etc. –, j’ai organisé un vrai casting auquel Thomas ne s’est pas présenté. Ce qui correspond aux personnages, ados ordinaires qui n’auraient jamais été se montrer à un casting de cinéma ! Mais en faisant une pause dans la cour de l’un des établissements, j’ai entendu cette voix très particulière, cette manière de parler d’un jeu vidéo en incluant des considérations philosophiques sur le temps, un peu hors de propos… Je me suis retourné et j’ai vu cette dégaine, cette allure dégingandée et en même temps charismatique. Il n’a d’abord pas compris ce qu’il venait faire là, et en fin de compte je ne sais pas s’il partage les angoisses habitant le script, liées aux recherches du CERN et à une perception déformée du monde. Mais c’est justement ce qui est exceptionnel chez lui  : incarnant l’esprit des Particules sans correspondre au personnage écrit, il a inventé avec moi un nouveau héros. Venant du documentaire, j’aime que la spontanéité des comédiens, leurs dons naturels voire leurs maladresses transforment le film en cours de route… faisant d’eux mes coauteurs. » Propos recueillis par A. V. Les Particules sortie le 5 juin Jouant un lycéen aussi intense qu’évanescent, Thomas Daloz est la révélation sidérante des Particules. Son réalisateur, Blaise Harrison, nous le raconte. 15 Romain Cole



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