Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 Les Crevettes pailletées sortie le 8 mai Comme un poisson dans l’eau Dans sa team de water-polo en partance pour les Gay Games, Les Crevettes pailletées recrute Alban Lenoir pour la seule partition mélo parmi une bande de larrons survoltés. Un contraste fort à propos dans cette comédie qui se joue des étiquettes et embrasse toutes les sensibilités. Jean, votre personnage, amène du drame dans ce conte farfelu  : à la veille des Jeux olympiques gays, il cache à son équipe qu’il est gravement malade… — J’ai abordé Jean comme un type sombre, parce qu’il me paraissait écrit comme un personnage tragique. Mais bizarrement, Cédric Le Gallo, un des deux réal avec Maxime Govare, m’a dirigé complètement à l’opposé. Il me disait constamment  : « N’aie pas peur d’être solaire, assume ta happy face. » Et en voyant le film, j’ai compris qu’il avait totalement raison. Si je n’avais pas joué le pendant lumineux du perso, on aurait été trop explicatifs. Mais c’était quand même un défi  : d’habitude quand je fais des séries comiques comme T.A.N.K. ou Lazy Company, c’est moi qui amène le côté cartoonesque. Et quand je fais du drame, tout le monde est dramatique… Donc, jouer le seul clown blanc, c’était du neuf pour moi. Le film n’est pas complètement une comédie d’ailleurs  : il est euphorique, mais sans chercher le gag facile… — C’est un feel-good movie, comme on dit. Mais pour moi, pour qu’on se sente bien, il faut que les soucis de chacun viennent saupoudrer le tout. Qu’on soit gay ou hétéro, il faut pouvoir se retrouver dans les mauvaises passes. D’ailleurs, plus que le challenge du clown blanc, c’est ce qui m’a attiré vers le film  : son côté universel. Hormis le coach, les sportifs sont gays, mais il n’y a strictement rien de communautaire dans l’esprit. C’est ce que raconte le personnage de Michaël Abiteboul  : DR chez lui il y a deux papas et des gosses, mais ses problématiques sont celles de n’importe quel père de famille qui doit concilier sa vie affective avec sa carrière. On conteste parfois le principe de faire jouer un personnage issu d’une minorité par un acteur qui n’appartient pas à celle-ci. C’est une question que vous vous êtes posée ? — Non  : pour moi, c’est n’importe quoi de penser comme ça. Sinon qu’estce qu’on fait ? On retire aussi aux comédiens gays tous les rôles d’hétéro sous prétexte qu’ils n’auraient pas la même orientation que leur perso ? C’est une aberration. Les auteurs nous ont tous castés parce qu’ils pensaient qu’on cadrait avec leur vision de nos personnages, et je pense qu’on ne devrait jamais faire autrement. Ça aurait été bizarre de ne choisir que des hétéros pour jouer la team des Crevettes, mais en fin de compte c’est du 50/50 et ça fonctionne très bien. Le milieu nautique évoque forcément Le Grand Bain  : tous les personnages étaient hétéros, mais l’enjeu était très similaire… — C’est vrai que les deux films refusent de juger. Le même regard est posé sur chaque homme  : « Qui que tu sois, mec, t’es en maillot de bain, t’es dans la flotte, alors fais ce que tu as à faire et donne le meilleur de toi-même. » Bon, en dehors de ça, je trouve que le ton des Crevettes pailletées n’a rien à voir avec celui du Grand Bain, même si j’ai adoré. Vos cascades pour Taken ou Les Brigades du Tigre, à vos débuts, et vos rôles d’action dans L’Intervention ou la série
Engrenages… Tout ça vous sert, au fond de la piscine, ou bien l’exercice n’a rien à voir ? — Écoute, j’ai appris à me battre, j’ai pris de la masse, mais le water-polo est de loin le sport le plus DUR que j’ai eu à maîtriser. Tu as cinq mètres de profondeur sous toi, tu ne peux compter que sur ton endurance. Dès que tu touches la balle, cinq lascars te foncent dessus et ont le droit de te couler… Jamais autant galéré pour une préparation, mais c’était nécessaire en termes de drame. La casquette « action » ne va pas toujours facilement avec celle d’acteur comique, surtout en France. Mais vous arrivez à les concilier… — Ce qui est marrant, c’est que mon agent me dit parfois  : « On te propose une comédie, mais ils ont peur parce que tu viens de faire un drame à la française. » Alors que je viens de Kaamelott et Lazy Company… Et, à l’inverse, des producteurs qui m’ont vu dans une grosse comédie pensent que je ne suis pas capable de porter un drame ! On ne sait pas trop où je suis. Mais bon, malgré cette difficulté, j’adore avoir plusieurs casquettes  : tu me proposes un bon scénario de film d’horreur demain, j’accepterais avec autant de plaisir que quand je fais Les Crevettes ou le méchant de Brice 3. Il y a 20 ans, je ne rêvais que d’action, de Jean-Claude Van Damme et des États-Unis. Mais cette ambition s’est complètement dissipée. Je me suis diversifié. Bon, je rêve encore qu’on puisse faire en France un Taken avec des acteurs locaux, mais c’est une autre histoire… Jacques de Roquine-Cher Romain Cole J’ai appris à me battre, j’ai pris de la masse, mais le water-polo est de loin le sport le plus dur que j’ai eu à maîtriser. ALBAN, NOIR SUR BLANC 31 L’Alban kakou C’est comme ça qu'il a commencé, en cascadeur dans Le Convoyeur ou dans Taken. Un vrai Chuck Norris french touch en devenir, dont Antigang ou Engrenages feront bon usage. L’Alban burlesque Grand nigaud dans Kaamelott, soldat bras-cassé dans Lazy Company  : la télé offre à Lenoir sa reconversion comique, qui finira par l’emmener sur la plage de Brice 3. L’Alban tragique Quel est ce bel et sombre inconnu vu dans le drame historique Le Semeur, ou en skinhead dans Un Français ? C’est bien Alban, qui passe l’épreuve du feu mélodramatique avec brio. L’Alban tout ça Nageur balèze, âme tourmentée, amoureux sémillant  : dans Les Crevettes pailletées, tous ces visages ne font plus qu’un. Le moment de la mise à nu (ou presque) ?



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