Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Romain Cole 28
Dans Ni une, ni deux, tu joues Guillaume, chauffeur aspirant à rentrer dans le cinéma pour devenir scénariste. C’est un rôle représentatif du milieu actuel ? — Il n’y a aucune règle, des gens passent par toutes les étapes et tous les postes. Ce qui est sûr, c’est qu’on s’inscrit dans une forme d’économie. C’est cynique à dire, mais les acteurs sont des valeurs marchandes. Tantôt en hausse, tantôt en baisse. Le plus dur, c’est d’accepter de devenir un objet de désir puis, un jour, de ne plus intéresser personne. Toi aussi tu as fait des petits boulots avant de réussir à t’établir ? — J’ai fait beaucoup d’animation pour enfants, clown dans les anniversaires. C’est un peu une passerelle quand tu es jeune étudiant en théâtre. Puis livreur de pizza, baby-sitter, serveur… J’ai même nettoyé de la moquette ! Quand tu veux prendre des cours de théâtre, il faut pouvoir les payer, remplir ton frigo aussi. Ces expériences sont une chance, car le métier de comédien s’inspire des gens. Ça permet de mieux coller à la réalité. On se dit que, derrière les paillettes, c’est un milieu en vase clos, qu’il est difficile Ni une, ni deux sortie le 29 mai L’autre, c’est lui Ni une, ni deux explore la perception faussée de la célébrité à travers des jumelles, l’une actrice de renom et l’autre coiffeuse, qui la remplace sur un tournage. L’occasion parfaite de rencontrer Arié Elmaleh, assistant personnel de la première et amant de la seconde, pour parler de l’envers des paillettes, des années galères et de la fraternité sous les projos. d’enfoncer la porte puis de durer. — C’est compliqué de se faire sa place, peu importe le domaine. Ce sont les gens qui ont du talent et des choses à raconter qui arrivent à s’en sortir. Anne Giafferi (la réalisatrice,ndlr) a réussi son coup  : elle prend le spectateur par le bras, puis l’emmène dans un univers qu’il ne connaît pas. Elle se joue des clichés du cinéma, en faisant une comédie sociale et humaine qui décortique les rapports qu’entretiennent les gens de ce milieu. Lorsqu’on m’appelle Gad dans la rue, clairement ça me saoule Avec cette histoire de jumelles, on ne peut que penser à ton histoire avec ton frère Gad. Est-ce que ce parallèle t’a frappé aussi ? — Forcément. Quand on a un frère dans le même domaine, on a toujours besoin de se situer par rapport à lui, de se différencier. Mon frère est une star, les journalistes et le public ont toujours besoin de me comparer à lui, voire de MATHILDE SEIGNER, DOUBLE JE Rousse ou blonde, actrice ou coiffeuse, énorme vedette ou fan compulsive… Mathilde Seigner est tout cela à la fois dans Ni une, ni deux. Julie et Laurette  : jumelle démoniaque et jumelle angélique, deux faces d’une même pièce illustrant la schizophrénie de l’artiste. On n’est pas loin de Dostoïevski. 29 nous mettre en concurrence. Alors que si l’on ne portait pas le même nom, personne n’y ferait attention. Tu aurais pu le remplacer sur un tournage, s’il te l’avait demandé ? — C’est marrant, car on a fait un courtmétrage sur ce thème-là, Welcome to China, dans lequel il veut que je prenne sa place pour un spectacle. Piqué dans mon orgueil d’être sa doublure, je lui dis d’aller se faire voir puis accepte quand il m’annonce le cachet. Dans la réalité, il y aurait une vraie discussion et peut-être que je dirais oui. Mais pas sûr que cela fonctionne  : on n’est pas jumeaux. Ça t’énerve qu’on te compare à ton frère ? — Pas vraiment, c’est humain de comparer. Lorsqu’on m’appelle Gad dans la rue, clairement ça me saoule. Mais, même ça, je peux le comprendre, je suis devenu plus indulgent avec le temps parce qu’on est tous d’un naturel maladroit. Théâtre, télé, cinéma, doublage… Tu es relativement discret bien que tu n’arrêtes pas de bosser. Est-ce une volonté d’être en retrait ? — Je me dis qu’il n’est pas impossible qu’un jour je change de métier, si cela marche moins bien ou si j’ai envie d’autre chose. J’obéis aussi à ma nature paradoxale  : je peux être introverti, mais quand j’incarne un personnage je n’ai aucune limite. Être populaire, ce n’est pas vraiment pour moi. À chaque fois que j’ai voulu faire des plans de carrière, ça a complètement foiré. (Rires.) F.R.



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