Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
DR 26 Aladdin sortie le 22 mai Will Smith, le dernier des génies ? Pour réincarner le génie dans la version live d’Aladdin, Disney a surpris son monde en sortant un Will Smith de son chapeau en lieu et place du regretté Robin Williams. Et si ce choix de casting était le plus judicieux ? Il tient la bonne forme physique (et le bon fond comique) Être une superstar, c’est bien, mais encore faut-il rester fidèle à l’esprit du dessin animé. En doublant le génie, Robin Williams lui avait apporté son crédit de star comique en roue libre  : impros hystériques, vocalises stridentes, gamme d’accents à rendre jaloux tout le Jamel Comedy Club… Le plus irrésistible étant le contraste amené par la stature musclée du personnage – mais de ce côté, Williams pouvait laisser les animateurs faire leur job. Dans cette version live, tout le challenge est de composer un génie clownesque tout en affichant un physique aussi viril que le souhaite le réal Guy Ritchie, c’est-à-dire inspiré des « papas fortiches et bodybuildés des années 70 ». On ne voit pas qui d’autre que Will Smith pouvait cumuler ces deux casquettes  : grande gueule au rire contagieux dans Le Prince de Bel-Air, héros de comédie passé sur le tard par le stand-up, Smith est aussi un bad boy dopé à l’adrénaline. Et le seul ponte hollywoodien encore actif à même de prouver qu’un corps balèze peut assumer des pitreries dignes de feu Robin Williams. C’est la plus puissante des stars (après le génie lui-même) Comme son prédécesseur de 1992, cet Aladdin en prise de vue réelle fait mentir la célèbre formule d’Hitchcock  : « Plus le méchant est réussi, meilleur est le film. » Car ici, c’est sur le génie qu’il faut miser pour être sûr de faire carton plein. Comme il est là pour régler nos petits problèmes de mortels surmenés, et aussi parce que c’est l’archétype du sidekick idéal (l’acolyte sympa qui vous aide à choper une promotion ou à sortir du célibat sans jamais se plaindre et en lâchant des vannes), le génie est au fond le vrai héros de chaque version d’Aladdin depuis Les Mille et Une Nuits. Surtout, avec son malabar bleu et hâbleur, Disney a fait entrer la figure au Panthéon de ses créatures les plus mythiques. Pour lui prêter un corps, il fallait donc forcément trouver une star aux épaules assez larges pour entrer dans sa « peau ». Bankable depuis pas loin de 30 ans, sixième acteur le plus rentable au monde selon Forbes, Will Smith fait partie des derniers géants hollywoodiens capables de porter un film sans être affilié à une franchise. Le génie est légendaire ? Qu’à cela ne tienne. Will Smith l’est aussi. DR
DR Il résiste au temps (et aux effets spéciaux) Le génie en chair et en os suppose une autre gageure  : assumer la métamorphose en motion capture, technique consistant à faire jouer un véritable acteur sous une cape de pixels (façon Andy Serkis dans La Planète des singes). Désormais banalisée, la pratique permet de respecter les traits du comédien en question, mais en le défigurant quand même un peu. Encore fautil trouver des stars dont les traits se prêtent à une telle chirurgie informatique. Will Smith part gagnant sur ce terrain  : derrière Tom Cruise, c’est sans doute l’idole qui semble résister le mieux au retour d’âge (au point d’écoper des mêmes styles de rôles aujourd’hui qu’il y a 20 ans). L’acteur s’apprête d’ailleurs à affronter son double rajeuni dans Gemini Man d’Ang Lee  : la preuve que, grâce à cette gueule sans âge, Will Smith supporte tous les effets visuels et sait se rendre aussi malléable qu’une divinité fabuleuse. C’est l’autre grand prince (de Bel-Air) des années 90 Ultra-populaire, drôle et musclé  : ce sont aussi les qualités d’un Dwayne Johnson, mais il manque à ce dernier un point commun avec Aladdin que Smith, lui, ne manque pas d’afficher. Comme le voleur de Bagdad et son ami bleuté, le grand Will est un produit AOC des 90’s, au même titre que le Aladdin de Musker et Clements (92). Il fut omniprésent sur les écrans de l’époque, dans la sitcom que l’on sait mais aussi dans les clips de MTV riches en « na na na nanana ». Subjuguée par les facéties du génie dans sa plus tendre enfance, la première vague des millenials est ensuite allée voir Men in Black, puis Les Mystères de l’Ouest entre copains à la fin de la décennie. Le public privilégié du dessin animé, c’est-à-dire ceux à qui s’adresse en grande partie cette nouvelle mouture, a donc grandi avec Will Smith. Ils seront d’autant plus heureux de le voir surgir de la lampe et de raconter ses faits de gloire à leurs enfants. DR Il accomplit tous les miracles (et les pas de danse qui vont avec) Exaucer tous les vœux suppose un don qui fait tout le sel du personnage  : se dédoubler, chanter « Je suis ton meilleur ami », se tortiller en apesanteur, bref, faire preuve de la même polyvalence acrobatique qu’un artiste complet. Si un monstre hollywoodien incarne encore le talent multitâche des pontes de l’Actors Studio, c’est bien Smith  : il sait rapper, danser, exécuter ses propres cascades dans les blockbusters tout en faisant marrer la galerie, sans oublier de faire pleurer dans les chaumières quand c’est nécessaire (dans Ali comme dans Beauté cachée). Un don de transformiste qui lui a permis de creuser sa place dans trois industries à la fois – musique, cinéma et télé – sans donner l’impression d’être moins légitime dans un domaine que dans l’autre. Être de tous les coups et gagner à chaque fois  : c’est peut-être la bonne définition du génie. A.V. 27 DR



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :