Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 Astrid Retour de flamme sortie le 8 mai sortie le 8 mai Fifi sans Brin d’acier Astrid raconte l’adolescence d’Astrid Lindgren, auteure suédoise de livres de jeunesse comme Fifi Brindacier. Un biopic en biais, girl power et sans effet de manche. Couettes flamboyantes, frimousse parsemée de taches rousses, robe bariolée et chaussettes XXL… Fifi Brindacier, gamine à la force herculéenne, a marqué plusieurs générations de bambins. Aucune allusion à l’héroïne pourtant dans Astrid, canevas intimiste sur son auteure, Astrid Lindgren. Pas un écrit ni même l’évocation de son prénom. Fifi dort ici dans l’ombre de sa créatrice au destin hors norme. C’est une fille de famille pauvre et rigoriste rêvant de liberté. Une ado de 16 ans, pieds dans la boue, bridée par une mère obnubilée par la religion et les cancanages du village. Adulte en devenir, effleurant la sexualité avec un homme mûr, donnant naissance à un enfant sitôt arraché pour préserver la réputation familiale. Astrid, c’est le combat d’une femme, une émancipation brutale. Celle d’une jeune fille rebelle se coupant les cheveux court par défi puis d’une mère courage se battant pour récupérer le fils qu’on lui a enlevé. La matrice des histoires de l’écrivaine dans lesquelles les enfants grandissent avant l’heure, soulevant des montagnes sur le chemin sinueux de l’existence. Le tout sans l’aide des parents, seuls face à l’adversité, le vent dans le dos. On ne naît pas Fifi, on le devient. François Rieux DR 3 volumes de Ricard(o) Dans Retour de flamme, Ricardo Darín voit sombrer son couple après 25 ans de mariage. Une comédie romantique où l’acteur argentin endosse tous les costumes des héros de sitcom hispanique. C’est le Ricardo Show. Le mari patachon Première étape  : Ricardo est l’antithèse de l’époux cool et désirable. Le prototype du quinqua pantouflard plus friand du canapé que de la chambre à coucher. Il traîne en pyjama cheap, squatte la PlayStation, siffle des bières… Ce ne sont pas ses quelques séances de jogging qui rattrapent le coup, de l’esbroufe pour se rassurer du coup de pelle pris dans la tronche. Degré de séduction  : proche du néant. L’amant fougueux Ricardo retrouve son mojo. Costard soigné, brushing impec, le voilà un verre de vin à la main se dandinant en soirée mondaine tout en bavassant sur Nietzsche pour épater la galerie. Dans la faune, il devient le prédateur, son regard perçant rappelant son rôle dingo dans Les Nouveaux Sauvages. Bilan ? Toutes les femmes sont des proies potentielles et aucune ne lui résiste. Place au Casanova latino. L’ami indéfectible Rassurant, compréhensif, disponible… Ricardo est là pour ses potes. C’est le protecteur infaillible, l’oreille attentive, celui qui recolle les pots cassés. Assurément pas le mec le plus fun sur terre, mais son sang-froid à toute épreuve est digne d’El Presidente dans le film éponyme. Un déménagement relou ? Un alibi extraconjugal ? Un cadavre à planquer ? Appelez Ricardo, de jour comme de nuit. F.R. DR
Après avoir désossé le porno en tirant un portrait impressioniste de Rocco Siffredi, Thierry Demaizière et Alban Teurlai scrutent le microcosme spirituel de Lourdes dans un documentaire choral aux élans mystiques. Alléluia ? Quand Julianne Moore fait sa Isabelle Huppert Avec Gloria Bell, l’actrice américaine n’a jamais autant approché notre idole nationale. Illimité décortique le pourquoi du comment. Elle envoûte le cinéma indé hors frontières. Comme Isabelle Huppert qui s’expatrie volontiers, Julianne Moore tente ici le Chili. Gloria Bell est signé Sebastián Lelio, qui remake son propre film, Gloria. Chouchou des festivals, oscarisé pour Une femme fantastique, ses portraits féminins audacieux ont tout pour plaire aux actrices exigeantes à grosse force de frappe. Après les deux Rachel (McAdams et Weisz) pour Désobéissance, il ferre là l’autre rousse à la carrière impeccable. Elle ose tout Julianne Moore campe Gloria, une quinqua bosseuse le jour, noceuse la nuit, fan de vieux tubes (bande originale parfaite) qu’elle entonne à pleins poumons. Elle rencontre Arnold (John Turturro) et l’amour lui fait tourner la tête. Gorgée de désir ou Lourdes sortie le 8 mai dieu décors rococo, pin-up plantureuses et ambiance L’amour des miracles A Gloria Bell sortie le 1er mai DR 25 suante. Place à l’odeur de cierge, aux messes en plein air, aux défilés de pèlerins venus louer la Sainte-Vierge. Dans Lourdes, les auteurs de Rocco font le grand écart. Un pont vertigineux entre le stupre et la religion, deux univers à des années-lumière de distance où il est pourtant toujours question de tranches de vie communiant au pluriel. Seniors grabataires, malades incurables, cabossés de la vie… Des quidams résignés face aux limites de la médecine, écrasés de doutes existentiels et en quête de réponses. Demaizière et Teurlai lèvent le voile sur leurs crises de foi sans misérabilisme ni voyeurisme. Il plane un mysticisme mélancolique dans la grotte de Lourdes, des échos malickiens résonnant contre les parois comme les errances des personnages de La Ligne rouge et À la merveille. Ici, pas de Sean Pennni de Ben Affleck. Les pérégrinations de ces âmes anonymes en souffrance restent les mêmes, le salut se trouvant dans l’invisible, l’inaccessible, l’impalpable. En témoigne ce travesti prostitué cherchant sa rédemption au détour d’un sacrement en s’improvisant enfant de chœ ur. En pèlerinage comme sur un plateau de film porno, personne ne vous entendra prier. F. R. de mojitos, vengeresse en stilettos, fausse calme aux décisions radicales, Gloria Bell c’est du Moore sans filtre. On reconnaît le tranchant des personnages qu’aime Huppert, déesse des absolus. Elle joue franc Passons leur ressemblance (même rousseur, même pâleur, même minigabarit), ce qui frappe dans Gloria Bell, c’est le jeu ardent, frontal et transparent de Julianne Moore. Cette capacité à oser montrer et être vue, cet art du visage nu qu’a aussi Huppert. Elle dévore de ses yeux un monde comme augmenté par ses lunettes, et Lelio, fasciné, lui offre un banquet à volonté. Anouk Féral DR



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