Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 pages spéciales Festival de CannesRocketman sortie le 29 mai Une nouvelle Rhapsody ? Tout le monde retient désormais son souffle pour savoir si Rocketman de Dexter Fletcher va réussir le même coup que Bohemian Rhapsody réalisé par Bryan Singer et… Dexter Fletcher. Mais le biopic « broadway » d’Elton John marche-t-il vraiment sur les mêmes plates-bandes ? 1. Ils auraient quand même tort de se priver… Peu de films ont été aussi longtemps en chantier, repoussés, castés, décastés, recastés, ont autant changé de direction et de directors, que ces deux biopics sur des chanteurs gays pourvoyeurs de ballades au piano pour stades. Freddie Mercury (né Farrokh Bulsara) et Elton John (né Reginald Kenneth Dwight) ont plus en commun qu’une nécessité impérieuse de se trouver un nom de scène  : au moins 30 tubes planétaires chacun, un sens mélodique hors norme, des dégaines iconiques (la moustache et la combi blanche de l’un, les chapeaux et lunettes excentriques de l’autre). Pas assez ? Sachez alors que les deux films partagent (aussi) un réalisateur, Dexter Fletcher, qui a accepté de finir l’un (Bohemian Rhapsody) pendant la prépa de l’autre (Rocketman). 2. … mais ici Taron Edgerton chante… Elton avait désigné l’Américain Justin Timberlake comme casting idéal, fantasmant sans doute d’avoir été un grand danseur dans une autre vie. Longtemps, pourtant, c’est l’Anglais Tom Hardy qui devait jouer du piano debout, avant de laisser la place à l’Australien Taron Edgerton, à peu près aussi bluffant dans la bande-annonce que les dents de Rami Malek dans celle de Bohemian Rhapsody. Principale différence  : Taron a décidé de chanter lui-même Candle in the Wind » (et tous les autres gigatubes du film), pour faire comme Jamie Fox dans Ray ou Joaquin Phoenix dans Walk the Line. Un certain goût du risque, là où une part non négligeable du succès de Bohemian Rhapsody provient clairement de la puissance irrésistible des performances originales. 3. … et Elton est toujours vivant ! Principale clé du triomphe émotionnel de Bohemian Rhapsody  : c’était un film hommage conçu par les membres survivants de Queen autour de leur frontman disparu. Principal axe créatif de Rocketman  : c’est un film voulu par et pour Elton John lui-même, une version fantasmée de sa vie, racontée de manière fragmentée par des numéros clipés qui doivent plus à l’esthétique de Broadway (revue par Baz Luhrmann) qu’à celle d’un biopic classique. Sur ses disques, Elton John a souvent eu recours à la technique de l’autobiographie rêvée, en particulier dans Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy en 1975. Dans la réalité, il s’apprête à montrer qu’il est bien vivant, en transformant le tapis rouge du Festival de Cannes en yellow brick road, sur laquelle il viendra pousser la chansonnette avant la présentation de son film. Un peu d’émotion fantomatique en moins, un peu de souvenirs d’enfance en plus. Et autant de grandes mélodies. P.F. DR
pages spéciales Festival de Cannes Aux dernières nouvelles, Justine Triet était à l’origine d’une bombinette populaire nommée Victoria. Efira y faisait ses armes comme actrice dramatique, mais l’humeur restait aux sourires, à la limpidité d’un récit dopé à l’énergie (la Semaine de la critique avait d’ailleurs trouvé son aimant à foules). Le tandem Triet-Efira revient donc concourir cette fois dans le saint des saints, le théâtre Lumière, en lice pour la Palme. Quelque chose a dû changer. Mais quoi ? Sibyl est-elle plus drôle, plus folle, plus belle que sa grande sœur Victoria ? C’est plutôt une affaire d’ambition  : avec son pitch gourmand, sombre et sinueux – une psy devient le seul repère de sa patiente, jeune première jouée par Adèle Exarchopoulos, et s’inspire des confessions de cette dernière pour écrire un roman –, Sibyl assume la tragédie, tente des références aux maîtres du film mental (Hitchcock, Cassavetes, Desplechin), ose semer le spectateur dans un dédale de fantasmes, bref, prend le contrepied du très lisible Victoria. Une manière de se renier ? Non, de profiter de la confiance acquise pour fouler un territoire de cinéma neuf. Ce que la Sélection officielle, en somme, attend des jeunes auteurs  : ne pas se reposer sur leurs lauriers, continuer de réinventer la langue des images. En attendant que le public compare les deux opus, ce trust en Officielle confirme déjà que l’ambition paye. Alex Vandevorst Sibyl sortie le 24 mai En route vers la Victoria ? 21



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