Illimité n°288 mai 2019
Illimité n°288 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°288 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 104 Mo

  • Dans ce numéro : parle avec lui...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 pages spéciales Festival de CannesThe Dead Don’t Die sortie le 14 mai Zombie or not zombie ? Une comédie-zombie en ouverture de Cannes ? On aurait loupé un épisode ? Non, puisque c’est Jim Jarmusch, l’auteur rock préféré de la Riviera, qui s’y colle. Et qu’il est loin d’être un néophyte en matière de morts-vivants. Un mois avant la présentation de The Dead Don’t Die en ouverture du Festival de Cannes (et sa sortie simultanée en salles), la bande-annonce du film a déjà provoqué l’hilarité générale. En cause, ce dialogue entre Bill Murray et Adam Driver, deux simples flics de la bourgade de Centerville, dans l’Ohio, qui viennent de découvrir des cadavres affreusement mutilés. « Alors, tu penses à quoi ? », demande le premier. « Je pense à des zombies », répond le second sans hésiter. En plus de donner le ton du film (ironique et nonchalant), cette scène ressemble à une déclaration d’intention de la part de Jim Jarmusch. Conscient de participer à l’embouteillage de morts-vivants sur grand (et petit) écran, il renvoie le spectateur à ses habitudes pour mieux les dynamiter. C’était aussi le cas quand il cuisinait le film de samouraï à la sauce hip-hop new-yorkaise (Ghost Dog) ou quand il détournait le film de vampires à coups de riffs et de mythes rock’n roll (Only Lovers Left Alive). Avec cette nouvelle entorse à un genre codifié, il continue d’embrasser la pop culture pour mieux en révéler les impensés. S’agissant cette fois-ci de zombies, personnages les plus vivaces et appréciés du cinéma d’horreur, le réalisateur est à la fois en terrain miné et en terrain conquis. Miné parce que les fans apprécient peu qu’on prenne de haut leurs monstres préférés. Conquis parce que la figure du mort- vivant est omniprésente dans sa filmographie. Du vagabond de Permanent Vacation au tueur mutique et solitaire de The Limits of Control, ses héros semblent toujours évoluer hors du monde, dérivant dans les limbes en quête de nourritures terrestres toujours insuffisantes. C’était même le sujet central de Dead Man, son western mystique de 1995, dans lequel Johnny Deppse faisait tirer dessus avant d’entamer un voyage halluciné vers l’au-delà. Iggy Pop y incarnait déjà une sorte de zombie fou furieux, quoiqu’un peu moins décomposé que dans The Dead Don’t Die. Il compte parmi les nombreux revenants jarmuschiens au casting de ce treizième long-métrage, aux côtés de SteveBuscemi, Tom Waits, Chloë Sevigny, RZA et Tilda Swinton. The Dead Don’t Die s’annonce donc comme le best of sarcastique du cinéaste, chez qui les vivants sont souvent plus morts qu’on ne le pense… et réciproquement. Michaël Patin DR



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