Illimité n°287 avril 2019
Illimité n°287 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°287 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 115 Mo

  • Dans ce numéro : le parc des merveilles ouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 e cinéma et les parcs d’attractions ? C’est un joli roman, c’est une belle histoire, et ils durent depuis 120 ans. Sans doute parce qu’ils ont la même ambition au départ. Pratiquement né dans les foires où il s’exhibait tel un numéro d’illusionniste, le cinéma doit beaucoup aux arts forains. Et il le leur rend bien  : moult blockbusters ont planté leur décor dans des forêts de grands huit ou dans des enclos remplis de bestiaux extraordinaires. Mais, alors que les enfants sont le public favori des parcs, les films dédiés à ces derniers traitent le plus souvent des peurs adultes (lire ci-contre). Pourtant, avec leurs promesses de vertiges, de rires et de peurs, les manèges sont probablement les meilleures allégories des émotions enfantines. C’est en tout cas la grande idée du Parc des Merveilles  : tout bambin possède un parc d’attractions logé en lui. Surtout June, l’héroïne de ce conte tiré d’une série de romans pour la jeunesse. Débordant d’imagination, la petite fille a passé des années à cartographier une fête foraine géante peuplée p d’animaux parlants et croquignolets – à commenteint cer par Boomer, un ours bleu atteint de narcolepsie – dont elle bricole une réplique dans son jardin. Mais le temps menace sa création mentale  : June gran- dit et affronte les épreuves que lui réserve l’existence e lorsque sa mère, Le Parc des Merveilles sortie le 3 avril tombée malade, doit quitter le foyer. Son imaginaire se tarit et le parc est laissé à l’abandon… jusqu’à ce qu’elle s’égare dans un bois et débouche sur un domaine enchanteur où elle rencontre le gang animal en chair et en os. Ayant pris vie, ce petit zoo de chimères est prêt à rouvrir le « parc des merveilles » avec l’aide de sa jeune fondatrice. S’ensuit une aventure chamarrée et toute en loopings pour restaurer les rêves de June, non sans résister aux gêneurs du coin nommés les « chimpanzombies ». Des fables pareilles sur le spleen de la croissance, la galaxie du dessin animé américain nous en avait déjà données, des Toy Story à Vice-versa. Mais l’originalité du Parc des Merveilles est de figurer directement ce grand thème abstrait t  : tout à coup, les préoccupations enfantines prennent corps, se matérialisent. ▶ Découvrez la bande-annonce en scannant la page avec SnapPress
La montagne russe crainte par Boomer (l’effroi), le rail de bois réparé avec l’aide des frères castors (l’effort), le ma- gasin de bonbons triés par le singe Peanut (la logique)… Chaque zone renvoie à un pe- tit morceau de vie qu’il faut entretenir pour mieux grandir. Reconstruire le parc, ce n’est pas fuir dans les fantasmes pour retomber dans la petite enfance, mais à l’inverse réaménager son imaginaire pour l’accorder aux défis existentiels qui attendent les préados au coin du bois (littéralement dans le cas de June, petit Poucet moderne). Alors, bien sûr, la mélancolie et la menace du deuil planent sur ces gentilles merveilles. Mais les surprises réservées par les attractions changent la trajectoire de l’héroïne en tour de manège ahurissant, fait de hauts, de bas, de freinages abrupts et de pics d’adréna- line. C’est le principe des montagnes russes, et celui de la vie adulte. Par Brice Banquette Thèmes à parcs Les films situés dans des parcs d’attractions ne s’adressent pas toujours aux enfants. Petit tour d’horizon garanti sans looping. Massacres dans le train fantôme de Tobe Hooper Pour les grands  : 100% Pour les petits  : 0% Si The Funhouse (titre US) est moins sanguinolent que Massacre à la tronçonneuse (l’autre coup de maître du réal Tobe Hooper), sa série de meurtres donne lieu à des scènes qui vous dégoûteront à vie de la Foire du Trône. D’autant qu’ils sont commis par un simili-Frankenstein, qui tue pour conjurer un trauma familial… Allez expliquer ça aux gosses. Le Toboggan de la mort de James Goldstone Pour les grands  : 98% Pour les petits  : 2% Avec son sujet éminemment sérieux (le terrorisme), ce thriller seventies peuplé d’épaisses moustaches et de touristes affolés exige d’avoir le cœur bien accroché. Hanté par un saboteur de manèges prêt à massacrer les visiteurs si on ne lui livre pas un million de dollars, Le Toboggan de la mort détourne l’attrait des montagnes russes pour en faire des métaphores de la psychose nationale. Jurassic Park de Steven Spielberg Pour les grands  : 63% Pour les petits  : 37% Jurassic Park accomplit une prouesse typiquement spielbergienne (et moins intello que Mondwest, l’autre histoire de parc signée Michael Crichton)  : se situer au confluent des angoisses enfantines et adultes – même si les moins de 12 ans se cachent les yeux une bonne partie du film. Quant aux grands, ils n’en mènent pas large non plus quand la mère T-rex entreprend de grignoter la jeep. À la poursuite de demain de Brad Bird Pour les grands  : 55% Pour les petits  : 45% Qu’est-ce que la magie Disney ? Non seulement l’art de capitaliser sur tout et n’importe quoi – ici, le Discovery Land des fameux parcs inspire un filmentier, façon Pirates des Caraïbes –, mais aussi celui d’équilibrer l’intérêt des grands et des petits. De fait, peu importe l’âge  : tout le monde rêverait de s’enfuir vers une cité futuriste en compagnie d’un Géo- Trouvetou aussi cool que George Clooney. Le Parc des Merveilles Pour les grands  : 50% Pour les petits  : 50% Devant Le Parc des Merveilles, les plus jeunes contemplent tout ce dont ils rêvent (par exemple  : des circuits géants actionnés par un porc-épic savant), tout en reconnaissant inconsciemment leurs peurs (grandir et perdre leurs doudous imaginaires). Et les aînés se souviennent de ce mélange de joie et d’effroi avec d’autant plus de tendresse qu’ils sont eux aussi, un jour, passés par là. 7



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