Illimité n°287 avril 2019
Illimité n°287 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°287 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 115 Mo

  • Dans ce numéro : le parc des merveilles ouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 La recette du film de potes à la mode de chez nous Nous finirons ensemble sortie le 1er mai Tel un bonne potée, un film de copains repose sur une base d’ingrédients similaires mais trouve toute sa saveur et sa singularité dans les petites nuances que le chef va apporter au plat. La preuve, ce mois-ci, avec Nous finirons ensemble de Guillaume Canet et Chamboultout d’Éric Lavaine, deux films remplis d’amis, de maisons et d’engueulades mais comportant aussi leurs petites épices locales. Alors, plutôt saveur Biarritz ou Cap Ferret ? 1. LA BASE  : Engager José Garcia C’est celui qui va passer les deux bandes de copains au révélateur. Pas beaucoup de temps de présence à l’écran, mais à chaque fois un rôle déterminant  : l’élément exogène, celui par qui les scandales arrivent. Il provoque la dissolution des potes de Chamboultout puisque c’est sa maladie qui met tous les amis face à leurs petitesses et leur égocentrisme tragique. Dans Nous finirons ensemble, il est le concurrent direct de Max (François Cluzet), celui qui veut tout lui piquer  : son travail, sa maison, sa femme. La nouvelle arme fatale du cinéma post-Sautet, c’est lui. La potée arcachonne Nous finirons ensemble Ingrédient 2. Enfermer tout le monde dans une maison… du Cap Ferret Toute la bande du premier film veut faire une surprise au personnage de François Cluzet pour son anniversaire et s’invite (par surprise) dans la maison de vacances où s’est nouée leur amitié… C’est toujours la même maison, inspirée des cabanes ostréicoles, cette baraque en bois, avec la terrasse qui donne sur le bassin d’Arcachon, ce rendez-vous idéal des vacances entre potes… Mais vide, sans âme, parce que la bande justement a explosé. Neuf ans après Les Petits Mouchoirs, Nous finirons ensemble est un jeu de massacre où les masques tombent et où Canet veut mettre les choses au point. Une satire encore plus amère et cynique sur les rapports humains ? Ingrédient 3. Faire en sorte que tout le monde s’engueule à cause… d’une maison Se séparer du lieu, c’est biffer leur histoire commune. C’est parce que Cluzet veut vendre ce bien où ils ont passé leurs étés, où ils ont grandi et partagé un moment de doute, que le groupe se reforme et se déchire une fois de plus. Mais si les gens s’engueulent, c’est surtout à cause du temps qui a passé. Comme l’a dit Canet  : « On a vieilli, on a donc conscience d’avoir moins le temps et pas envie de le perdre pour rien, on se dit plus franchement les choses. Tout ça provoque des tensions et des séparations… » Ensemble, ils seront plus forts, très bien. Mais, pour en arriver là, il va falloir traverser de rudes épreuves, se dire les choses, et plus seulement  : « T’es une belle personne. »
Ingrédient 4. Faire en sorte que tout le monde se réconcilie grâce… aux souvenirs Derrière l’humeur parfois acrimonieuse du film vient se loger, in fine, et évidemment, une ôde aux copains dont on ne vous dévoilera évidemment pas la substance (assez étonnante). Tout du long de son film, Canet aura en tout cas réussi l’exploit de jouer sur la polysémie de son titre à la Pialat. « Nous finirons ensemble » ? Ça ressemble à un souhait mais ça peut sonner aussi comme une contrainte. L’amitié, cette belle prison dorée… Chamboultout sortie le 3 avril La potée basque Chamboultout 29 Ingrédient 2. Enfermer tout le monde dans une maison… de Biarritz Elle sera dans le Pays basque, et bien isolée malgré sa jolie vue, pour cette bande de quadras centralisée autour de Béatrice (Alexandra Lamy) et Frédéric (José Garcia), un couple à la fois solide et brisé. C’est que, depuis un accident de scooter, Frédéric est aveugle et a perdu tout filtre  : il dit ce qu’il pense, à commencer par ce qui ne se dit pas. Un travers très inflammable l’été, surtout en vase clos. Cinq ans après Barbecue, Éric Lavaine récidive dans le genre de la comédie chorale estivale où les vœux d’amitié se renouvellent ou se rompent au gré des coups de chaud et de Trafalgar. Ingrédient 3. Faire en sorte que tout le monde s’engueule à cause… d’un roman À l’origine de Chamboultout, il y a un vrai roman. Il est signé Barbara Halary-Lafond, elle y raconte son combat quand son mari a perdu la vue et toute inhibition suite à un accident. Lavaine démarre le film à la sortie du livre, le faux, signé Béatrice et présent dans la valise de vacances de tous les copains. Planqués derrière leurs lunettes de soleil, tous le bouquinent au bord de la piscine en gratouillant chaque prénom fictif pour trouver quel personnage ils sont. Une fois identifiés, c’est la soupe à la grimace (mention spéciale à Anne Marivin, épatante). Vive l’autofiction. Ingrédient 4. Faire en sorte que tout le monde se réconcilie grâce… à la nature C’est connu, Dame Nature a des pouvoirs apaisants. Au Pays basque, les éléments sont puissants, comme ce vent que Frédéric aime sentir sur son visage, fuyant les bourrasques amicales qui s’abattent sur Béatrice. Il y a aussi la nature, humaine cette fois. Familier de la comédie, Lavaine effleure le drame et ose la pudeur, grâce notamment à un José Garcia presque sobre, en retrait de sa nature à l’humour tonitruant. Derrière ses verres fumés, il imagine, comme un soleil, le blond de sa femme, à la fois sa boussole et, comme dans la chanson de Michel Berger, sa « Lumière du jour ». A.F., R.T et Stéphane Tabouray



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