Illimité n°287 avril 2019
Illimité n°287 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°287 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 115 Mo

  • Dans ce numéro : le parc des merveilles ouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 Un tramway à Jérusalem sortie le 24 avril ▶ Découvrez la bandeannonce en scannant la page avec SnapPress Depuis House, votre cinéma se nourrit de votre formation d’architecte  : le décor détermine le sujet. Avec son bouquet de saynètes métropolitaines, Un tramway à Jérusalem suit le même principe ? — Oui, comme la réalité du Moyen- Orient est très complexe et contradictoire, une des seules façons de la traiter est de filmer des microcosmes. Cela peut être une maison, mais aussi un tram. Le film devient l’archéologie des destins qui se croisent dans l’espace public. Et, au-delà de Jérusalem spécifiquement, il raconte la condition moderne partout dans le monde  : finie l’époque où les familles habitaient le même village de génération en génération. Il n’y a plus que des déplacements constants, les groupes sociaux se déchirent. On a inventé une autre forme d’humanité. Mais ici, l’espace commun est tout de même une métaphore de Jérusalem et de sa diversité, non ? — Toutes les grandes villes du monde connaissent les boîtes de sardines que sont les métros, mais c’est vrai qu’il y a de nombreuses communautés dans ce tramway – de la même manière que Jérusalem se divise en quartiers (Tram)way of life Quoi de mieux que les transports publics pour capter les conflits tragicomiques d’une nation ? Avec Un tramway à Jérusalem, Amos Gitaï rend le quotidien en Israël aussi poétique qu’une balade nocturne en ville. catholiques, orthodoxes, musulmans, juifs… La circulation du tram à travers la ville permet de retranscrire la mosaïque humaine propre à ce lieu. Vous n’êtes jamais allé à Jérusalem ? Il faut. Mathieu Amalric joue un papa français en visite en Israël avec son fils, lisant Flaubert à voix haute. Pourquoi en avoir fait le personnage récurrent des différents sketches ? — J’aime beaucoup les gens curieux du monde, et Mathieu a cette grande qualité  : il est acteur, metteur en scène, il s’intéresse à la musique à travers Barbara… Il n’a rien à voir avec un professionnalisme hermétique et froid. Je trouvais intéressant que le voyage se fasse à travers les yeux d’un étranger qui, en plus, lit un texte laïque  : il est submergé par l’aspect spirituel, mais pas par l’aspect institutionnel de la religion. Le choix du tram rapproche le film de la comédie  : les lignes urbaines ont quelque chose de banal, de dérisoire, donc de comique… — Oui, la comédie se fabrique à partir du quotidien. Et d’ailleurs, la paix – si on peut encore utiliser ce mot – se manifeste aussi DR dans les rapports quotidiens, pas par les grands traités officiels. La vraie paix, c’est le tissu de la quotidienneté qu’on observe là où les gens cohabitent. Partout où il y a du métissage, on organise la vie de tous les jours pour éviter les conflits. Et dans mon film, c’est pareil  : on cohabite malgré tout, donc le ton est plus léger. Mais, comme dans un métro, la coexistence est parfois gâtée par des prises de bec que le film raconte aussi… — Ah oui, il ne faut pas sombrer dans le délire de l’angélisme… Qui connaît la paix totale ? Le film rappelle le Jim Jarmusch des années 90  : les idées de lieu public, de film à sketches, de mélancolie amusée… — Normal, on a grandi ensemble ! On est devenus amis avec Jarmusch dans un festival italien en 84, au temps de Stranger Than Paradise. Pas étonnant qu’on aime les mêmes dispositifs. Cela dit, ses taxis new-yorkais sont des électrons libres. Ils choisissent où ils vont. Alors que le parcours sur rails est verrouillé  : on est tous coincés ensemble dans le même train. A.V.
On est tous coincés ensemble dans le même train. 27 Romain Cole



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