Illimité n°287 avril 2019
Illimité n°287 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°287 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 115 Mo

  • Dans ce numéro : le parc des merveilles ouvre ses portes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 Blanche comme neige sortie le 10 avril Claire va au-devant de ses désirs. C’est très libérateur. La jouvence selon Fontaine Entre les sept hommes que rencontre la Claire de Blanche comme neige et les sept nains qui recueillent Blanche- Neige dans le conte des frères Grimm, ne cherchez pas de correspondances. Ou plutôt imaginez celles qui vous plaisent, ici tout est permis, à commencer par le plaisir à débusquer les concordances, mais aussi (surtout ?) les divergences avec le conte initial. Avec Pascal Bonitzer (déjà coscénariste de Gemma Bovery et des Innocentes), Anne Fontaine a désossé Blanche-Neige et les sept nains pour le reconstituer en un récit voluptueux et solaire autour de la libération sexuelle de son héroïne. Incarnée par Lou de Lâage, elle n’a en commun avec son immaculé modèle que la pureté esthétique, le teint transparent et la bouche grenat, surtout, les prunelles noires et candides ayant été troquées par les billes émeraude et brillantes de désir de l’actrice. Employée dans un hôtel dirigé par sa belle-mère (Isabelle Huppert), Claire échappe à une tentative de kidnapping. Sa fuite la conduit Avec Blanche comme neige, réinterprétation sensuelle et fantasque du tube de notre enfance, Anne Fontaine signe une ode très personnelle à la fleur de l’âge au féminin. ANNE FONTAINE dans un village isolé en pleine nature où elle rencontre sept hommes (Benoît Poelvoorde, Vincent Macaigne, Jonathan Cohen, Damien Bonnard, Pablo Pauly, Richard Fréchette, Charles Berling  : la brochette est belle) qu’elle va butiner le long d’un délicieux parcours érotique. Cette approche jouisseuse et affranchie de la sensualité féminine résonne malicieusement avec la période actuelle. « Une coïncidence, explique la réalisatrice, mais, à une époque où les rapports hommes-femmes sont si méfiants, redonner de la liberté à ce personnage me semblait important. Claire va au-devant de ses désirs sans appartenir à quelqu’un ni être qualifiée de DR nymphomane ni de manipulatrice. C’est très libérateur. » Cette absence de « prix à payer » fait la modernité du film. Mue par son seul appétit sensuel, Claire, en baskets et débardeur, passe de bras en bras à la conquête d’elle-même à l’aune de l’âge adulte. La jalousie vengeresse de sa belle-mère et l’espoir passif du surgissement du Prince charmant, piliers narratifs du conte originel, sont déboulonnés par une cocasserie empreinte de décalage  : « Ici, les hommes portent son émancipation. Ils ne sont pas particulièrement beaux, ils sont drôles, fragiles. Leurs défauts capitalisent leur sympathie. Quant à Isabelle, elle est dans la douleur de son personnage tout en s’amusant du dispositif de la vengeance. » Blanche comme neige s’impose comme une sorte de réponse au gothique et musclé Blanche-Neige et le chasseur. Une réponse transgressive et lumineuse sous-tendue par cette belle hypothèse  : et si oser être libre était le secret de l’éternelle jeunesse ? Anouk Féral



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