Illimité n°286 mars 2019
Illimité n°286 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°286 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 100 Mo

  • Dans ce numéro : Cottin et Luchini, un duo à la page.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DR 28 Dumbo sortie le 27 mars Tim Burton est-il obsédé par Disney ? Ils se sont aimés, se sont séparés, se sont haïs pour mieux se retrouver… Voici l’histoire passionnel entre un créateur avant-gardiste et un studios tout puissant… À moins que ce ne soit l’inverse ? Oui, c’est là d’où il vient Si Tim Burton était un super-héros, alors son acte de naissance, le point de départ de sa mythologie, ses « origins » comme on dit se situeraient à Burbank, en plein milieu des studios d’animation Disney, au moment même où il brise son contrat d’un commun accord avec la firme pour « incompatibilité esthétique ». Nous sommes en 1984, le garçon a 26 ans et il est employé depuis déjà plus de cinq ans par la société de l’oncle Walt. Problème  : ses travaux, qu’ils soient hautement personnels (les courts-métrages Vincent et Frankenweenie) ou au service du collectif (il dessine des monstres terrifiants pour Taram et le chaudron magique), se font systématiquement recaler par les décideurs du studio. Burton a du talent, c’est sûr, mais Disney, alors au plus bas de sa popularité et en pleine crise financière et identitaire, ne sait absolument pas quoi en faire. Alors il s’en va vers un autre studio mythique, Warner, et quitte littéralement sa maison (le petit Tim est né en 58 à… Burbank) pour se réinventer loin de (et contre) Disney. Non, il a longtemps été l’incarnation de l’anti-Disney Au plus haut de sa gloire, disons juste avant la sortie de La Planète des singes, le film qui aura déçu tout son fan-club, Burton était perçu comme un artiste maudit, radical et underground qui aurait réussi son coup à Hollywood. Un paradoxe, un miracle, une aberration. En cela, il représentait non seulement l’antidote au tout-venant hollywoodien de l’époque, mais aussi s’envisageait comme le véritable négatif de l’esprit Disney (qui venait de renaître de ses cendres au début des 90’s avec le triomphe du Roi lion). À cette époque, aimer Tim Burton était signifiant. C’était une attitude, c’était énoncer une certaine vision du monde, c’était presque un acte de rébellion. Mieux que ça  : c’était cool. Dans le même temps, Disney semblait appartenir aux vendus, au mainstream, au merchandising et aux gamins. La firme aux grandes oreilles n’était plus qu’un lointain souvenir pour le réalisateur de Batman. Il avait réussi son coup dans l’industrie en prenant savamment le contrepied de tout ce qu’elle incarnait. DR
▶ Découvrez la bandeannonce en scannant la page avec SnapPress DR 29 Oui, il a aidé à la perpétuation de l’esprit Disney 2010. Coup de tonnerre. La nouvelle tombe sur les téléscripteurs  : c’est Tim Burton, garnement arty à l’idéologie farouchement anti-Disney, qui se chargera de mettre en place l’adaptation live d’Alice au pays des merveilles financée par la maison aux grandes oreilles. Pardon ? Burton se justifie en expliquant que son film est plus une adaptation du livre de Lewis Carroll que du dessin animé. Difficile d’y croire, à la vision du film. Difficile aussi de savoir si Disney s’est glissé dans le moule Burton où s’il s’agit plutôt de l’inverse, mais indéniablement un switch esthétique majeur s’est enclenché pile à cet instant pour l’ami Tim. Pas le temps d’y réfléchir  : Alice… est un triomphe au box-office. Dans son sillage s’opére alors une nouvelle stratégie industrielle dont on subit encore les conséquences  : c’est à travers les remakes en live qu’allait désormais se perpétuer l’esprit Disney des origines. Sans cet Alice…, pas de ré-adaptation de La Belle et la bête, du Livre de la jungle, d’Aladdin, du Roi lion (cet été) ni de Dumbo, le nouveau film de Tim Burton, tiens… Oui, son Dumbo est une manière de se mesurer à l’oncle Walt À l’origine, un petit cartoon tourné à l’économie d’à peine 64 minutes à propos d’un éléphanteau aux grandes oreilles. Plus de 70 ans plus tard, un grand film choral de 2 h 15 budgété à plus de 150 millions de dollars… Contrairement aux précédents remakes live opérés par Disney, ce Dumbo ne va pas jouer la carte du mimétisme absolu. D’une part parce qu’il est effectivement deux fois plus long que l’original, mais surtout parce que son ambition est celle d’un film d’auteur. Le Dumbo de Burton va ainsi prendre le pari de se demander ce qu’il arrive à Dumbo au moment où le monde découvre un éléphant volant et se plaquera ainsi sur la thématique clé du cinéaste  : le regard du monde sur un personnage d’apparence monstrueuse. On nous promet certes que les scènes clés de l’original (la plume, l’incendie, etc.) seront bien là, mais tout ici raconte qu’il s’agira d’une variation très burtonienne sur une mélodie imaginée par l’oncle Walt. Bien plus que le mythe d’Alice, qui appartenait autant à Caroll qu’à Disney, Dumbo est un moyen pour le kid de Burbank de se mesurer enfin, à 60 ans passés, à son père spirituel. Une psychanalyse nécessaire glissée dans un blockbuster pour enfant. R.T. DR



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