Illimité n°286 mars 2019
Illimité n°286 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°286 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 100 Mo

  • Dans ce numéro : Cottin et Luchini, un duo à la page.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Le Mystère Henri Pick sortie le 6 mars Lfilm que les autres. Il faut dire aussi que Fabrice Luchini met une bonne humeur exceptionnelle sur un plateau. Un héros plus âgé, ça aussi c’est nouveau. Pourquoi Luchini ? — Dès la lecture du roman, j’ai eu Fabrice en tête. Je savais qu’il avait envie de faire une enquête. Pendant un an, avec ma coscénariste Vanessa Portal, on a écrit pour lui, sur mesure, avec sa photo sous les yeux. Ce qu’il ne faut jamais faire. Il l’a appris et appelait régulièrement mon producteur, Éric Altmayer  : « Il en est où Bezançon ? » S’il m’avait dit non, je ne sais pas si j’aurais fait le film. e Mystère Henri Pick, adapté du roman éponyme de David Foenkinos, signe un tournant dans votre filmographie. L’enquête littéraire est un registre éloigné de vos films précédents à l’humeur introspective et générationnelle très « klapischienne » … — Le jour de la sortie de Nos futurs, et pas parce qu’il a moins marché que les autres, je me suis dit  : « Je suis à la fin d’un cycle. » Me frotter aux codes du polar tout en conservant le ton de la comédie m’a fait du bien. Il y a un peu moins de moi, mais ça m’a allégé et, malgré tout, je me reconnais dedans. Je me suis plus amusé à faire ce C’est quel genre d’acteur ? — Quand il aime, il est surinvesti. Ce n’est pas fréquent de la part d’un acteur. Il est perfectionniste, très anxieux et moi je calme les anxieux, il se sentait bien. Il m’appelait pour me jouer les scènes au téléphone, caler des lectures où il faisait tous les rôles. Le cinéma, c’est collectif. Là, c’était nous deux. À l’écriture, puis sur le plateau. Il est très en demande, j’ai prévenu les autres  : « Je ne vais pas pouvoir beaucoup m’occuper de vous, j’ai Fabrice à gérer ! » (Rires.) RÉMI BEZANÇON EN 4 DATES 25 mars 1971 Naissance à Paris. 2005 Après des études de cinéma, sortie de son premier long, Ma vie en l’air avec Elbaz, Lellouche et Cotillard. 2008 Le Premier Jour du reste de ta vie, dépasse le million d’entrées et révèle dans son sillage les formidables Pio Marmaï, Déborah François et Marc- André Grondin. 2019 Après quatre ans de silence radio, sortie du Mystère Henri Pick, d’après le best-seller de David Foenkinos. DR
▶ Découvrez la bande-annonce en scannant la page avec SnapPress Ça n’est pas déstabilisant, pour les autres acteurs ? — Au contraire, ça met une bonne pression. Fabrice impose un rythme. Il est impatient et il est bon tout de suite. Les autres en face devaient l’être, l’équipe aussi. Il m’a appris beaucoup sur le jeu. On allait très vite. C’est la première fois que je termine un tournage avec deux jours d’avance. Il veut qu’on refasse un film ensemble et je suis d’accord, je l’adore. Revenons au registre de l’enquête autour d’un auteur mystère. Comment filme-t-on des bibliothèques, des manuscrits, une émission littéraire et des livres sans être ennuyeux ? — Au début, David Foenkinos voulait écrire avec moi. J’ai dit « impossible », car adapter c’est trahir et je voulais le trahir tranquillement. (Rires.) On a donc ajouté une vraie enquête avec les codes du genre, qui serait menée par le critique littéraire joué par Fabrice. Camille Cottin finit par le rejoindre et ils forment un duo inspiré par des comédies hollywoodiennes des années 50, de Billy Wilder, George Cukor ou Frank Capra. Leurs joutes contribuent à la vitalité du film, à son rythme et, je crois, à rendre une émission littéraire un peu sexy à regarder ! C’est vrai qu’il y a un « ton » Bezançon qui persiste et qui semble venir de votre façon de diriger les acteurs… — Claude Chabrol disait que la direction d’acteurs, ça se passait à 90% au casting. Ce n’est pas faux. Je dirige d’abord en apprenant à connaître l’acteur en amont, en l’écoutant parler, en repérant ses singularités. Je suis sourd d’une oreille et celle qui entend est très fine. Il m’arrive de monter des scènes sans l’image, je me fie au rythme, à la dextérité de la parole. Fabrice m’a dit que Rohmer faisait pareil. Je ne suis pas un réalisateur visuel en fait. J’aime que la mise en scène soit agréable, un peu classe, imaginer de beaux cadres… Mais c’est surtout la musicalité de la parole qui dirige mon cinéma. Propos recueillis par Anouk Féral De quoi LUCHINI est-il le nom ? Comédien star autant que personnage public, Fabrice Luchini avance avec cet ADN complexe et éclatant qui le distingue entre mille. Laquelle de ses facettes impulse le plus son personnage dans Le Mystère Henri Pick ? Réponse, chiffres à l’appui. 11 L’homme de lettres  : 40% Nietzsche, La Fontaine, Céline… Le comédien se lève, dort, dîne avec les grands auteurs, qu’il déclame mieux que quiconque. Fan de Flaubert dans Gemma Bovery, du Misanthrope dans Alceste à bicyclette, prof de français dans Dans la maison, sa passion des lettres il la vit aussi face caméra. Rebelote ici. Il est Jean-Michel Rouche, critique et présentateur d’une émission littéraire qu’il anime avec sa verve inimitable. Bref, Fabrice est dans ses chaussons. Le séducteur  : 17% Il fallait le voir à 19 ans, blond comme les blés, emballer les filles au nez et à la barbe du beau Brialy dans Le Genou de Claire. Puis Luchini a fondu pour les femmes  : pour une bimbo ingérable dans La Fille de Monaco, pour sa femme de ménage dans Les Femmes du 6 e étage, pour une jurée aux yeux menthe à l’eau dans L’Hermine. Là, il est plus calme. Quoique. Fraîchement largué, il croise un autre regard mentholé, celui de Camille Cottin… Le fin limier  : 35% Il y a, dans sa parole, un tintement des mots vertigineusement net. Cette quête du mot juste lui confère une clairvoyance et un grand goût de la vérité. C’est justement elle qui guide Rouche  : qui a vraiment écrit cet époustouflant manuscrit retrouvé au fin fond de la Bretagne ? Dans Un homme pressé, il traquait sa parole perdue suite à un AVC. Dans Dans la maison, il poussait, au péril de sa vie, un élève dans l’écriture. Tel un chien obstiné, Luchini mord les mots et ne les lâche que lorsqu’ils disent enfin vrai. Le show man  : 8% Profil plutôt sobre et bas, on est loin de l’histrion en surchauffe de Ma loute. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Au beau milieu de son émission télé, il dézingue la femme de l’auteur mystère, galvanisé par le direct. Plus tard il caricaturera l’écriture de Marguerite Duras dans une impro géniale. L’effet de surprise, l’amour des mots… On ne se refait pas.



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