Illimité n°285 février 2019
Illimité n°285 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans leur famille...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Apprentis parents, sortie le 27 février Comment élever sa progéniture sans mettre en péril son couple ? Où fixer les limites d’un enfant ? L’amour prime-t-il sur l’autorité ? L’éducation est-elle un sprint ou une course de fond ? Jusqu’ici, on croyait ces questions réservées aux talk-shows et aux sitcoms avec rires enregistrés. Surtout quand elles s’appliquent à la famille américaine. Personne n’a oublié les albums photo mignons tout pleins type Sept à la maison ou Notre belle famille, émaillés de leçons de morale placardées à la massue. Car aux États-Unis, c’est comme ça  : on sacralise la famille, on en fait l’alpha et l’oméga de l’horizon social, au point que pour respirer un peu, la pop culture s’est inventée moult satires sur elle (Les Simpson, Les Griffin, Mariés, deux enfants et leurs nombreux émules). Peut-on alors, au cinéma, traiter encore le sujet sans mièvrerie ni ironie désespérée ? Apprentis parents s’efforce de le prouver ou, plus exactement, de mélanger l’ironie avec une émotion authentique et virale. Il faut dire que son pitch chahute les codes classiques. Ellie (Rose Byrne) et Pete Wagner (Mark Wahlberg) se tournent vers l’assistanat familial afin de satisfaire un désir d’enfants un peu tardif, et se retrouvent tuteurs de trois jeunes pousses opposées en tout point à eux  : une ado pugnace, un garçonnet aux maladresses burlesques (attention aux pistolets à clous !) et une fillette à l’énergie thermonucléaire (attention les tympans !) , issus d’un milieu modeste et empreints de culture latino-américaine. Gagner la confiance des bambins rencontrés grâce à un centre d’adoption où les futurs parents se comportent comme des célibataires en plein speed dating, prendre l’ascendant alors qu’eux-mêmes sont de grands gamins dans l’âme… C’est tout l’enjeu des tourtereaux. Et c’est aussi celui d’une comédie où la logique du vaudeville le dispute sans cesse à la tendresse et à l’étude de mœurs. C’est sans doute parce qu’il s’inspire de son expérience personnelle (son épouse et lui ont recueilli trois enfants) que le réalisateur Sean Anders trouve cet équilibre inédit. Mais, au-delà de la véracité, Apprentis parents s’illustre grâce à un parti pris ingénieux  : au lieu de s’en moquer, assumer pleinement l’attachement ricano-ricain aux valeurs familiales (« C’est en se rapprochant des siens qu’on devient une meilleure personne », c’est toujours le credo) tout en l’appliquant à un foyer dysfonctionnel. Un peu comme si Sept à la maison se réinventait avec une fratrie multiethnique, en crise, ressoudée au chatterton et avec deux parents immatures aux manettes. Bref, affronter les difficultés de la smala 2019, celles qu’on traiterait plus volontiers dans un drame ou un docu sociétal, et en faire une fable premier degré sur l’amour filial. Si les portraits de chaque membre du clan Wagner n’étaient pas si complexes et hauts en couleur, on retrouverait sans doute la moraline des vieilles sitcoms des années 90. Mais leur modernité permet au film de rester une illustration lucide des homes sweet homes contemporains, habités par des problèmes que même les familles les plus ordinaires peuvent rencontrer (qui n’a jamais rêvé de rapporter ses rejetons au magasin ?). L’ancestrale passion pour les tablées souriantes à la Norman Rockwellassociée à des constats grinçants sur les défis d’éducation que nous lance cette drôle d’époque  : pas de doute, la famille d’Apprentis parents est bien mixte.
La Nuit nous appartient de James Gray (2007) Après The Yards, où il campait la figure de l’innocent pris dans la tourmente du Mal, la star retrouve James Gray et Joaquin Phoenix. Les acteurs jouent des frères que tout oppose, une bête à deux têtes qui va s’entre-dévorer. L’un est un noceur de mèche avec la mafia russe, l’autre un flic tenace et honnête. Qui joue qui ? Fastoche. Traque à Boston de Peter Berg (2017) Le titre original, Patriots Day, fait office de note d’intention. Dans ce thriller viril et haletant inspiré des attentats du marathon de Boston en 2013, Wahlberg incarne un policier plus soucieux du bien-être de sa communauté que du sien. Dévoué corps et âme à la sécurité de son pays, il court sans relâche pendant deux heures pour débusquer les terroristes. Fallait pas l’embêter, surtout dans sa ville natale. texte  : Anouk Féral – photo  : DR AMERICAN BOY De la comédie potache au drame intime, Mark Wahlberg incarne toujours mieux que quiconque l’archétype de l’Américain bon teint, tenant d’un héroïsme 100% yankee. La preuve par cinq. Daddy’s Home 1 & 2 de Sean Anders (2015 & 2017) Dans cette mini-saga sur la famille recomposée (jamais sortie en France mais carton Outre-Atlantique), Mark Wahlberg se tire la bourre avec Will Ferrell pour savoir lequel des deux sera… le meilleur papa. S’il y joue de son image de poster boy, l’acteur ne cède rien sur le fond. Là encore, il milite pour l’indéfectible valeur « foyer », si chère aux Américains. Les Infiltrés de Martin Scorsese (2006) Loyal, taiseux, coiffé comme un benêt, il est l’inflexibilité faite homme dans ce polar bostonien où flics et pègre irlandaise s’affrontent. Effacé derrière les partitions rutilantes de Leo DiCaprio, Matt Damon et Jack Nicholson, il accepte ce rôle de policier après les maintes supplications de Scorsese. L’acteur est lui-même un ancien petit délinquant de Boston et, en passant du côté de la loi, il fait merveille. Apprentis parents de Sean Anders (2019) Comédie douce-amère sur la parentalité, Apprentis parents vaut pour son sujet, l’adoption, traité sans édulcorant. Look de papa ricain cool (avec éternelles casquette et chemise à carreaux), Marky Mark incarne un père courage acquis à la sacro-sainte valeur « famille », l’un des piliers fondateurs de l’Amérique. 7



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