Illimité n°285 février 2019
Illimité n°285 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans leur famille...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 En 2017 au Festival de Toronto, Liam Neeson annonçait sa décision d’arrêter les films d’action. Ultime cadeau aux fans, Sang froid est le condensé d’une décennie passée à distribuer des baffes. La revanche de l’homme ordinaire Avant 2008, personne n’imaginait Liam Neeson en gros bras de série B. Sa réputation d’acteur haut de gamme, tout en noblesse shakespearienne, il la devait à ses rôles chez les plus grands cinéastes (Scorsese, Spielberg, Boorman, Nolan). Sa mesure était celle des personnages historiques et légendaires qu’il incarnait. Mais le carton surprise de Taken lui fait prendre un virage radical  : désormais, il sera ce bon père de famille prêt à risquer sa peau pour sauver celle de ses proches. Agent d’assurances dans The Passenger, vigile aérien dans Non Stop, employé de compagnie pétrolière dans Le Territoire des loups, il joue dans Sang froid un conducteur de chasse-neige sans histoire… jusqu’au jour où son fils est assassiné. Monsieur Toutle-monde va une fois de plus se changer en redresseur de torts. La vieillesse n’est pas un naufrage 1 mètre 93 pour 83 kilos, mâchoire carrée, profil taillé à la serpe, regard bleu acier  : L’Irlandais avait les prérequis physiques du cinéma d’action. Mais s’il en est devenu une icône, c’est surtout grâce au charisme particulier que lui confère son âge. Avec lui, les fans du genre, majoritairement jeunes, ont découvert qu’il n’y avait rien de plus jouissif que de Sang froid, sortie le 27 février Old man Neeson texte  : Michaël Patin – photos  : DR voir un sexagénaire briser des nuques à main nue. Son style est en rupture avec les super-héros invincibles comme le délire nostalgique d’Expendables  : tenace et brutal, il encaisse autant de coups qu’il en donne et finit exténué. Sang froid promet, entre autres réjouissances, une scène de strangulation très… douloureuse. On comprend qu’après ça, il ait préféré arrêter les frais. L’adieu ironique aux armes Le héros d’action sauce Neeson est toujours soumis à des forces qui le dépassent. Piégé, piétiné, il doit faire appel à ses instincts primaires pour survivre. La détresse sublime qu’on lit dans son regard (celui d’un grand acteur dramatique) justifie les pires extrémités. Après avoir décimé des réseaux de prostitution et empilé les cadavres en train et en avion, il s’attaque dans Sang froid à la mafia du Colorado. L’intelligence du réalisateur norvégien Hans Petter Moland (qui remake son propre film, Refroidis, de 2014) est d’insuffler une bonne dose d’humour au scénario habituel. Ce citoyen modèle devenu tueur sanguinaire est une (auto)caricature, la mise en abyme de dix ans de bourrinage et de morale discutable. Manière de dire qu’il n’a jamais été dupe. Mais qu’il s’est quand même bien éclaté.



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