Illimité n°285 février 2019
Illimité n°285 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans leur famille...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 Une intime conviction, sortie le 6 février Nora dégage une véracité saisissante, qui s’incarne jusqu’à sa coupe de cheveux ou son appartement. La décoration vous préoccupe ? — Oui, j’aime croire à ce qui m’entoure. Je n’aime pas les décors AMPM ou le faux bordel. Je ne suis ni décoratrice ni costumière, mais des choses peuvent m’empêcher de jouer. Une chemise neuve trop repassée, ça me gêne et me dessert. Sauf si le personnage vient de s’acheter cette chemise. Si ce n’est pas le cas, je la froisse. Vous avez contribué à créer la coiffure de Nora, ce roux grave, le relevé de mèches rapide qui raconte une femme qui vit dans l’urgence ? — On a mis du temps à la trouver. Antoine Raimbault me voulait différente. Ça va devenir très technique et donc chiant, Justesse soit faite La femme de Jacques Viguier, professeur de droit, disparaît. Acquitté, l’homme repasse sur les bancs des tribunaux un an plus tard. Une intime conviction s’inspire de ce fait divers  : aux côtés d’Olivier Gourmet, qui a enfilé la robe d’avocat d’Éric Dupond-Moretti, Marina Foïs est Nora, ex-jurée convaincue de l’innocence de Viguier. Jusqu’à l’obsession, elle va traquer la vérité. Une quête partagée par l’actrice ? texte  : Anouk Féral – photos  : DR & Sabine Villiard mais voilà. Les réalisateurs ont tous le fantasme de me voir cheveux naturels, sauf que j’en ai énormément. Au naturel, on dirait une afro. Blonde et coiffée, je fais super bourge. Je veux qu’on croie à mon personnage dès la première seconde, mais on me connaît. Si, quand j’apparais, on se dit  : « Ah, c’est Marina Foïs qui s’est fait friser les cheveux », je perds une scène capitale. Il faut une transformation mais invisible, un cassetête. Vous savez, ce qui est pris en charge par les costumes et le décor n’est pas à prendre en charge par l’acteur. Mais tous les acteurs sont soucieux de ça, non ? Je ne sais pas. — Depardieu a dit un jour  : « Je n’ai pas de talent, j’ai de la disponibilité. » Au plateau, au moment, au film, au partenaire  : tous les grands acteurs qu’on admire sont ultra disponibles. Comment vous êtes-vous mise à la disposition de Nora ? — Elle m’a intéressée sans que j’aie à faire le moindre effort. Déjà, elle est obsessionnelle et je le suis moi-même. Je n’en suis pas fière mais c’est comme ça. Puis la justice m’a toujours intéressée. À 20 ans, j’assistais à des procès, j’adorais le déroulement, la bascule vers la vérité ou la folie, le passage à l’acte qui transforme un événement en fait divers, un innocent en coupable. Enfin, je suis fascinée par le pouvoir du langage, qui est au premier plan d’une cour d’assises. Une intime conviction est un premier long-métrage. Quand on dit oui, comment mesure-t-on le risque ? — Je n’aime pas le principe du CV en général dans la vie. Je rencontre un réalisateur habité par son sujet, je ne vois pas pourquoi je décréterais qu’il ne saura pas réaliser son film. Au pire, on ne fait pas un bon film, ce qui n’a jamais tué personne. Le gros challenge, c’est que souvent les jeunes réalisateurs méconnaissent les acteurs. Ils peuvent en avoir peur et alors les mots sont maladroits… La rencontre avec un réalisateur est comme dans la vie. Fluide ou poussive. Chaque acteur a des besoins différents. Il faut une finesse, un grand goût des gens pour les comprendre et savoir le diriger. Vous avez besoin de quoi, vous ? — Je ne sais pas… Je sais juste que je dois m’oublier pour être libre. Donc une fois en costume, je ne me regarde
plus dans le miroir, ni au combo, ni les photos de plateau. Sinon, ça me coupe les pattes et je m’intéresse à des trucs pas intéressants. À ma nouvelle ride, à mon cou qui tombe, à mes yeux pochés, à des conneries qui vont m’empêcher de jouer. Dans ma vie privée, je peux nom du film, date de sortie 27 être coquette, sapée, traquer le cheveu blanc, être en Nicolas Ghesquière de la tête aux pieds, etc. Ça me regarde. Dans un film, non. Être actrice, c’était une intime conviction ? À 20 ans déjà, j’assistais à des procès, j’adorais le déroulement, la bascule vers la vérité ou la folie — J’ai choisi ce métier très tôt, sans savoir ce que ça voulait dire et je ne me suis pas trompée. J’ai eu une bonne intuition au vu du plaisir qu’il me donne. C’est ma colonne vertébrale, il me tient, me porte. Ma passion ne s’éteint pas, c’est presque de pire en pire.



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