Illimité n°285 février 2019
Illimité n°285 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans leur famille...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Black Snake, la légende du serpent noir, sortie le 20 février Serpents sans sornettes texte  : Romain Thoral – photo  : Romain Cole Après des années passées à Paris, Clotaire Sangala revient dans son pays natal, en Afrique. Élevé par un grand-père chinois expert en arts martiaux, persuadé d’avoir été trouvé dans une poubelle, Clotaire ignore tout du glorieux passé de ses parents. Accroc aux femmes et à la vie facile, égoïste et sans ambition, Clotaire va pourtant être rattrapé par son destin... Il va devenir « Black Snake », le super-héros masqué et ultrasapé, libérateur du peuple face au dictateur Ézéchias. Si à première vue Black Snake, film de super-héros rigolo situé en Afrique francophone, possède tous les atouts d’un one man show piloté par Thomas Ngijol, il s’agit en fait d’une hydre à deux têtes, d’une œuvre pensée main dans la main par sa vedette et la toujours singulière Karole Rocher – tous deux par ailleurs en couple. Le duo tient le haut de l’affiche, forcément, mais aussi réalise. Ce qui peut expliquer notamment ce refus du rôle féminin envisagé comme un fairevaloir du héros masculin.
L’Amérique domine nos existences. Si elle meurt, nous aussi. Après l’idée de « déclin » de l’empire, voilà « la chute »  : vous pensez que les choses vont encore plus mal depuis le premier film de votre trilogie ? — Oui, le titre fait allusion à l’Amérique, car elle domine nos existences. Si elle meurt, nous aussi. La présidence de Trump montre que les pays de l’Ouest sont en pleine désintégration. On ne sait plus comment gouverner, on s’occupe juste de manier les capitaux de façon inégalitaire. La dernière grande utopie politique, c’était le marxisme. Aujourd’hui, on ne croit plus à une société sans classe… Comme Le Déclin de l’empire américain et Les Invasions barbares, La Chute de l’empire américain est un conte politique. Mais c’est aussi un film noir. Le moyen de faire passer votre message plus efficacement ? — Le cinéma de genre permet toujours d’explorer des thèmes plus facilement, mais ce serait inexact de répondre par l’affirmative. Parce que j’aurais La Chute de l’empire américain, sortie le 20 février Des lendemains qui chutent Après ses deux grands films sur le malaise des civilisations occidentales, Denys Arcand ne lâche rien  : La Chute de l’empire américain mêle thriller, parabole politique et fable teintée d’espérance. texte  : Alex Vandevorst – photo  : DR l’air d’avoir calculé mon coup. Or c’est tout le contraire  : l’idée m’est venue en apprenant le braquage d’une boutique qui servait en réalité à entreposer de l’argent sale, en plein quartier des affaires de Montréal. Comme je m’intéressais alors aux Panama Papers, j’ai mêlé les deux sujets. La Chute est devenu l’histoire du témoin d’un holdup raté qui récupère le magot, mais l’intrigue policière amorce une fable plus large sur les aberrations du capitalisme. Vous dites que le récit vous a cueilli, mais une fable ne suppose-t-elle pas d’avoir une morale tranchée, et donc une histoire plus calculée ? — J’aime épouser les atours de la fable, mais sans trancher. D’ailleurs les actes de mon héros ne sont ni complètement exemplaires, ni complètement condamnables. Même s’il est très intelligent, son premier réflexe quand il ramasse le butin est d’appeler une escort girl… et il se fait bêtement repérer par la police. En même temps, il cherche à aider les sans-abri. 17 À sa place, vous auriez fui avec l’argent et fait pareil ? — Oui ! Un pied dans la générosité, un autre dans la quête du plaisir personnel… Je veux explorer toutes les contradictions du problème de l’argent, car je suis moi-même confus par rapport à ça. Loin de moi l’idée de dire aux gens quoi faire… Je déteste les films qui prêchent. Et la quête du plaisir, ça me parle ! En détournant les magouilles financières dans un sens plus moral, vos personnages montrent qu’il reste possible de conjurer le sort… — Bien sûr ! Il y a des solutions à imaginer et d’ailleurs mes acteurs trentenaires m’étonnent par leur façon de prendre les choses au sérieux  : la politique, le cinéma, l’avenir… À leur âge, je pensais plutôt à fumer de la marijuana. C’est normal  : quand la situation est plus incertaine, on est plus sérieux ! Ça montre qu’il y a de l’espoir, et le film tente de le prouver. À quoi bon une fable dont on ressortirait désespéré ?



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