Illimité n°285 février 2019
Illimité n°285 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (197 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans leur famille...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 Arctic, sortie le 6 février Mads Mads World Dans Arctic, Mads Mikkelsen se perd dans les terres polaires et défie les éléments pour sa propre survie. Un périple mené par moins 40 °C, qui rappelle le destin d’un autre héros mythologique  : Ulysse. texte  : Fançois Rieux – photo  : Romain Cole Mads Mikkelsen n’est pas un acteur. C’est un challenger qui prend son pied en endossant n’importe quel rôle pourvu qu’il y ait un défi à la clé  : taper un poker de près de 45 minutes face à James Bond (dans Casino Royale), se faire transbahuter aux confins d’une galaxie lointaine et s’atteler à la construction de l’Étoile de la mort (dans Rogue One  : A Star Wars Story), démembrer des Vikings à mains nues pour N. W. Refn (dans Valhalla Rising) ou challenger sir Anthony Hopkins dans la peau d’Hannibal Lecter dégustant un foie humain avec un délicieux verre de chianti (dans la série télé Hannibal). Il manquait pourtant à son tableau de chasse une aventure fleuve et épique, un rôle qui permettrait à l’acteur au visage anguleux et à l’aura olympienne d’exprimer pleinement son potentiel en haut de l’affiche. C’est l’équation qui a traversé la tête de Joe Penna, réalisateur d’Arctic  : Mads = Ulysse. Sauf qu’au lieu de larguer le grand Danois en pleine mer déchaînée par un Poséidon coléreux, il le perd plutôt dans l’immensité immaculée des déserts glacés. C’est un survival éprouvant où le bonhomme porte le récit sur ses épaules saillantes. Arctic est donc une fresque homérique à l’image de celle vécue par le paladin Grec. Et si les dieux ne s’en mêlent pas cette fois-ci, les itinéraires fatidiques L’acteur danois trouve ici sa partition la plus brute. des deux personnages s’enchevêtrent inéluctablement dans une fatalité et une solitude commune. Mikkelsen incarne ici un scientifique, seul rescapé d’un terrible crash d’avion en Arctique déterminé à retrouver la civilisation et une famille qui l’attend. Tout comme son alter ego antique, son personnage est persévérant et héroïque, mais aussi terriblement malchanceux, tombant frénétiquement de Charybde en Scylla dès qu’il trouve une échappatoire à son destin funeste. Si Mads sort indemne de l’escalade d’une falaise escarpée, il manque de se briser les os au fond d’une crevasse. Un hélicoptère vient à sa rescousse ? Il s’écrase ensuite contre une montagne à cause du blizzard. Mads trouve un abri pour la nuit dans une grotte ? C’est la tanière d’un ours affamé. En repoussant sans cesse ses limites physiques, encore plus que dans Le Guerrier silencieux et La Chasse où il en prenait déjà plein la tronche, l’acteur danois trouve sa partition la plus brute, mais aussi la plus épurée. L’empathie qu’il suscite, le poids de l’adversité planant au-dessus de sa tête et la détresse réfléchie dans ses yeux sombres font de lui un héros tragique moderne. Et si le chemin est encore long et tortueux avant de rentrer au bercail, heureux qui comme Mads a fait un beau voyage.



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