Illimité n°284 janvier 2019
Illimité n°284 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : famille, je vous (h)aime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 – Avant-goût Par Michael Patin et François Rieux Photos DR – Réparer les vivantes – L’amour à l’envers La romance au cinéma, ce n’est plus ce que c’était. Asako I & II renverse les codes du genre pour mieux les mettre au goût du jour. Autrefois, dans les films d’amour, les choses étaient simples. Une femme et un homme se rencontraient (souvent par hasard), tombaient amoureux (souvent sans se l’avouer), apprenaient à s’apprivoiser (malgré leurs différences) et finissaient par s’embrasser juste avant le générique. Aujourd’hui, une telle vision des choses, romancée à l’extrême, ne parle plus à personne. Comment filmer l’amour à l’ère des tutos sexo, des rencontres par réseaux et des ruptures par texto ? Le Japonais Ryusuke Hamaguchi (Senses) a trouvé une solution aussi pertinente qu’originale en inversant la temporalité traditionnelle. Le coup de foudre de la timide Asako pour le beau Baku a lieu dès l’ouverture du film ; et leur première galoche cinq minutes plus tard, en pleine rue, sans même avoir pris le temps de boire un café. Ce qui intéresse le cinéaste, c’est tout ce qui se passe après  : les ruptures sur un coup de tête, les relations qui se répètent, la difficulté de s’engager… Fini le romantisme éternel, place aux doutes et aux faux-semblants. Film d’amour à l’envers, avec des pointillés en guise de happy end, Asako I & II est à l’image de notre époque désenchantée. Les Invisibles Sortie le 9 janvier. Comédie dramatique sociale et chorale, Les Invisibles s'inspire de la vie de plusieurs femmes SDF. Le réalisateur s'est entouré d'Audrey Lamy mais aussi d'actrices amatrices qui ont connu des coups durs et la rue. Et si les vraies stars du film, c'étaient elles ? Asako I & II Sortie le 2 janvier. Dans Les Invisibles, Louis-Julien Petit tire le portrait d’une poignée de femmes trouvant leur salut dans un centre d’hébergement après avoir été jetées à la rue. Pour s’imprégner de ces vies broyées par une société toujours plus individualiste, le cinéaste a fait appel à des seconds rôles transpirant le pavé, traits creusés et épaules voûtées. Elles aussi ont connu la précarité, le chômage, la violence conjugale, la prison, l’humiliation de faire la manche et celle de courber l’échine devant Pôle emploi. La chef de bande se nomme Adolpha à la ville, Chantal à l’écran. La septuagénaire a, comme son Invisible, vécu pendant des années l’enfer d’un mari violent avant de l’abattre. Tragédie d’une trajectoire, cette histoire devient la ritournelle du film, Chantal racontant cet épisode de vie durant ses entretiens d’embauche comme une anecdote au coin du feu. La sincérité est sa seule arme pour avancer dignement sur le chemin de croix qu’est la réinsertion. Son sourire malicieux, son optimisme à toute épreuve et sa gouaille depardiesque font d’elle une combattante du quotidien, comme toutes ses copines de galère qui, sous la houlette du cinéaste, deviennent le temps d’un film les héroïnes de leurs propres vies. Et aussi, un peu, des nôtres.
– Vincent et les autres Dans Doubles vies d’Olivier Assayas, Vincent Macaigne nous refait le coup du pierrot lunaire désabusé et amoureux. La nouveauté ? Cette fois-ci, toutes les femmes sont à ses pieds, voire dans son lit. Barbe hirsute, dégaine débraillée et yeux à la Droopy… Vincent Macaigne est l’anti-acteur studieux. Pas besoin qu’il prenne du poids, qu’il en perde ou se colle des prothèses façon De Niro  : rarement un acteur aura été à l’identique devant et hors caméra. Archétype du bobo-intello et antithèse du jeune premier, il est devenu néanmoins un objet de fascination pour les femmes qui voient en lui un peu plus qu’un simple nounours névrosé prêt à être câliné  : un amant potentiel. Dans Doubles vies, Macaigne endosse la carapace de l’écrivain en perte de vitesse après un best-seller. Une copie conforme des démiurges narcissiques paraphrasant leurs traumas amoureux sur les pages blanches. Au milieu de la nébuleuse existentielle, son personnage gravite entre son meilleur ami éditeur, sa maîtresse, qui est la femme de celui-ci, et sa compagne avec qui il partage sa vie. S’il est une sangsue pour le premier, le traquant sans répit afin qu’il publie son nouveau roman, les deux femmes, les splendides Juliette Binoche et Nora Hamzawi, trouvent en lui une parenthèse à leurs angoisses respectives. Comme son alter ego, Macaigne trimballe ici son spleen charmant et un flegme laconique. Il est le dernier romantique d’une époque déboussolée où les sentimentaux n’ont plus leurs places. Un objet rare, devenu par la force des choses un objet de désir. Doubles vies Sortie le 16 janvier. Jean Vanier, Le Sacrement de la tendresse Sortie le 9 janvier. – Trois degrés de sagesse En filmant Jean Vanier dans Le Sacrement de la tendresse, Frédérique Bedos inscrit le fondateur de L’Arche dans la lignée des grands humanistes charismatiques. Présentation à travers trois modèles avoués. MÈRE TERESA Homme de foi, comme la célèbre missionnaire, Jean Vanier fonde L’Arche en 1964 pour accueillir des personnes souffrant de handicap mental. « Le sentiment de ne pas être aimé est la plus grande des pauvretés », disait Mère Teresa. Vanier a construit son existence sur ce principe, en donnant son affection aux exclus. Ce qu’il appelle le sacrement de la tendresse. NELSON MANDELA Mandela pensait que « la plus grande victoire de l’existence ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever après chaque chute ». Comme lui, Jean Vanier n’a jamais cédé face à l’adversité. Contant ses débuts, il insiste sur ses initiatives ratées et la joie d’expérimenter collectivement. Cinquante ans plus tard, L’Arche compte plus de 10 000 membres dans 37 pays. GANDHI Issu de l’aristocratie canadienne, Jean Vanier a laissé tomber ses privilèges pour aider son prochain. Une humilité telle que certains proches le comparent au guide spirituel indien, avec qui il partage aussi une joie de vivre contagieuse. « Le bonheur, c’est quand vos actes sont en accord avec vos paroles. » Le sourire de Vanier en est la meilleure illustration.



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