Illimité n°284 janvier 2019
Illimité n°284 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : famille, je vous (h)aime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 – En couverture Par Romain Thoral Photos DR ▶ ▶ PHILIPPE DE CHAUVERON Le premier film était plutôt une chronique, un film très centré sur les personnages. Ce deuxième épisode est porté avant tout par son intrigue  : comment les parents Verneuil vont-ils faire pour retenir en France leurs quatre filles et leurs quatre gendres ? — Oui, c’était notre envie. Ce deuxième volet reste un film de personnages malgré tout, c’est l’ADN de la série, mais c’est vrai que je voulais une intrigue forte  : sinon, à quoi bon faire une suite ? Et puis il y avait un côté miroir du premier épisode qui me séduisait aussi  : après les quatre mariages, les quatre départs. Était-ce une évidence de donner une suite au film ? Le succès était trop massif pour résister à l’envie ? — Tout le monde réclamait une suite  : les acteurs, les producteurs et surtout le public. Je comprends qu’on refuse d’en faire une lorsqu’on a bouclé une intrigue en béton armé, mais là, notre registre c’est le film de personnages  : c’est amusant de les retrouver, de les suivre à différentes étapes de leur vie… Donc on était tous d’accord pour remettre le couvert, à la seule condition de ne pas aller trop vite et d’avoir un vrai sujet. Et on a fini par trouver. L’écriture était plus simple du coup, puisque cette fois vous connaissiez les personnages ? — Oui mais, bizarrement, l’écriture du premier était assez simple aussi  : on avait trouvé ce pitch et c’était un super terreau pour imaginer des gags. Là, c’était pareil. On ne s’interdisait rien et on imaginait des gags, mais au fond c’est toujours l’élément déclencheur qui prend le plus de temps… Le Bon Dieu 2 est un film de bande parce que, non seulement il y a dix personnages principaux… — (Il coupe) Douze, avec les Koffi ! Douze, pardon. Mais c’est aussi un film de bande parce que c’est votre troisième collaboration avec Medi Sadoun et Christian Clavier, et le quatrième d’affilée avec Ary Abittan. C’est important, l’esprit de famille chez vous ? — Il n’y a pas de règles mais c’est toujours plus agréable de bosser avec les gens qu’on aime. Quand tu bosses avec un mec comme Clavier, c’est un tel pied de le voir jouer. C’est mon quatrième film d’affilée avec Ary ? Mince, je n’avais même pas réalisé. Ça fait beaucoup. En même temps, si c’est possible je pourrais en faire dix de suite avec lui. Dans le film, Chinon, la ville où habitent les Verneuil ressemble à un vrai coin de paradis… Ça donne envie de quitter les grandes villes immédiatement ! — Ahah ! C’est sûr que Chinon, c’est beaucoup moins stressant que Paris. La qualité de vie est incroyable, tout le monde se connaît, les gens sont sympathiques… Mais quand il fait moins cinq, en hiver, on voit aussi les limites ! (Rires.) C’est la morale du film  : on croit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, mais c’est faux. Il n’y a pas d’endroit idéal. Paris, ce n’est pas mieux que Chinon. Et l’inverse marche aussi. En revoyant le premier épisode, j’ai été frappé de constater à quel point le duo Lauby/Clavier fonctionne. Il est hilarant de mesquinerie parce qu’elle est incroyablement touchante. Dans cette suite, elle est encore plus présente, encore plus au cœur de l’intrigue. — Oui, en tout cas elle n’est jamais un fairevaloir pour Christian. Ils dépendent vraiment l’un de l’autre. On dit souvent que quelqu’un de gentil en comédie, ce n’est pas drôle, mais ce n’est pas tout à fait juste. Quelqu’un de gentil c’est très marrant si on lui met quelqu’un d’odieux en face. Et un personnage odieux ne fait rire que si on l’entoure de gentils. Claude Gensac, qui jouait souvent la femme de De Funès dans ses films, était très, très drôle. « C’est la morale du film  : on croit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, mais c’est faux. »
Chantal, c’est pareil. Après, tout le monde sait depuis Les Nuls qu’elle est hilarante, hein… Pas moins de huit personnages féminins sont au cœur de l’intrigue  : ce n’est pas très courant pour une comédie française. — Ah, merci de le remarquer ! C’est mon grand plaisir avec la série du Bon Dieu  : pouvoir composer des portraits de femmes dans le cadre d’une grosse comédie française. Vous avez déjà une idée en tête pour le trois ? — Déjà il va falloir attendre l’avis du public pour ce deuxième épisode. On trouvera forcément une bonne histoire pour le trois, si ça amuse encore tout le monde. Mais il faut trouver le bon thème  : le premier, c’était la mixité, celui-là, c’est la France et l’envie de la quitter. Pour le troisième, on compte sur l’actualité pour nous fournir d’aussi bons sujets. (Rires.) FAMILY MAN CHRISTIAN CLAVIER EST UN HABITUÉ DES FAMILLES COMPLIQUÉES. ROUVRONS DONC L’ALBUM-PHOTO. La Soif de l’or (1993) Marqué par les rôles de marginaux rigolos, Clavier se réinvente ici en petit bourgeois pingre, dont l’avidité face aux lingots d’or n’a d’égale que celle de sa famille  : une matrone charismatique qui le tient sous emprise (Mémé Zezette, sa grand-mère), mais aussi son épouse et même l’amant de celle-ci. Autant dire qu’avec une troupe pareille, tous les curseurs du vaudeville sont poussés vers la zone rouge. Albert est méchant (2004) Et si Clavier avait pour demi-frère un drôle de zèbre rustique joué par Michel Serrault, et à qui revient tout l’héritage paternel ? C’est l’argument de cette comédie sur le choc des cultures (une spécialité de Clavier), parfois encore plus fort au sein de la famille qu’en dehors. Demandez confirmation au marcassin domestique élevé par Serrault dans le film, il en sait quelque chose. On ne choisit pas sa famille (2011) Ce n’est pas un hasard si le premier film réalisé par l’acteur himself en 2011 s’appelle On ne choisit pas sa famille. C’est le résumé de ses meilleures comédies passées, mais aussi futures  : quelques années avant le Bon Dieu, son ouverture d’esprit est mise à rude épreuve quand sa sœur lui demande de se faire passer pour le mari de sa partenaire (Muriel Robin), afin que les deux femmes puissent adopter une fillette en Thaïlande. Ou comment changer Christian en homme de son temps. Une heure de tranquillité (2014) Le pitch est aussi simple et bon que celui d’une planche de Boule et Bill  : un père de famille s’achète un disque de jazz rare et aspire à l’écouter en paix dans son salon, mais son fils surgit à l’improviste, sa femme met une histoire d’adultère sur le tapis et sa mère l’assaille de SMS, le tout en pleine fête des voisins. Qui mieux que le successeur de De Funès pour jouer ce type de martyr en pantoufles ? Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu 1 et 2 ? (2014 et 2019) Le talent des deux films est de compiler toutes les tensions qui peuvent chambouler une smala contemporaine (et donc tous les ressorts comiques qui vont avec)  : père d’une famille de filles aux codes bourgeois complexes, et enrichie de gendres d’origines variées, le héros cumule tous les défis que redoutent les papas vieille école. 33



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