Illimité n°284 janvier 2019
Illimité n°284 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : famille, je vous (h)aime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 – Décryptage Par Paul Firmin Photos DR BARRY JENKINS Moonlight semblait sorti de nulle part, un premier film étoile filante, emportant tout dans son sillage, y compris les vœux qu’il avait exaucés. À ceci près que Moonlight n’était pas le premier film de Barry Jenkins, mais le second, après un certain Medicine for Melancholy, réalisé huit ans avant pour 13 000 dollars dans la plus totale discrétion. Cela, c’était avant. Désormais, plus de surprise  : tout ce que touchera Barry Jenkins prendra une dimension particulière, et il le sait. En pop music, on appelle ça le « difficult second album ». Pour Jenkins, troisième longmétrage oblige, on appellera ça le « difficile film d’après »  : après l’avènement, après les ovations du public et de la critique, après le plus prestigieux des prix – et avec la pression que tout ce triomphe ne peut manquer de générer. En adaptant James Baldwin, écrivain mort dans les années 80 mais resté l’une des voix les plus fortes de la conscience noire US, Jenkins accepte en quelque sorte le statut que lui a Si Beale Street pouvait parler Sortie le 30 janvier. – Le difficile film « d’après » Avant Moonlight, Barry Jenkins n'était rien. Depuis, il est le réalisateur qui doit faire l’un des « films d’après » les plus difficiles qui soit. Comment s’en est-il sorti ? La réponse dans Si Beale Street pouvait parler. Il a su prendre la mesure de ce qu’il représente dans l’industrie hollywoodienne, et de ceux qu’il représente. conféré Moonlight, et la mission qui va avec. Il n’est pas nécessairement un porte-drapeau ou un porte-parole communautaire, mais il a su prendre la mesure de ce qu’il représente dans l’industrie hollywoodienne, et de ceux qu’il représente, qu’il l’ait voulu ou non. Dans ses interviews au Festival de Toronto, Barry Jenkins rappelait sa passion pour le livre de Baldwin, dont chaque foyer noir américain possède au moins un exemplaire à la maison, et son désir de lui faire honneur. Plus qu’une adaptation, le film se présente ainsi comme un hommage somptueux, presque enluminé, à la prose de Baldwin. Publié en 1974, le livre se voulait l’expression de la rage et de la douleur d’une communauté face à l’arbitraire, ce sentiment insupportable que la société blanche était un fatum pouvant s’abattre sur le moindre type qui passait par là, si la couleur de sa peau le désignait comme coupable. En choisissant de ne pas actualiser le récit et de le laisser situé dans les années 70, Jenkins souligne à la fois l’actualité du propos et le courage visionnaire de l’écrivain. Si Beale Street pouvait parler est à la fois un film sur la condition des Afro-Américains aujourd’hui, une parabole sur l’évolution de leur statut au sein de la société américaine au cours des cinquante dernières années et le témoignage de la place décisive qu’occupe l’œuvre de Baldwin dans ce processus d’affirmation. Le film d’après Moonlight devait au moins être tout cela. Plus qu’un film, un symbole. Et l’affirmation sans ambiguïté d’une voix certes singulière, mais qui se veut guidée par une force collective.



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