Illimité n°284 janvier 2019
Illimité n°284 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : famille, je vous (h)aime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 – Interview Par Alex Vandevorst Photo DR Yao Sortie le 23 janvier. – On the road (again ?) Jouant un acteur en goguette dans son pays d’origine, Omar Sy trouve dans Yao son rôle le plus autobiographique. Pour nous laisser découvrir un Omar inconnu ? Comme le héros de Yao, un acteur qui se rend en Afrique pour faire la promotion de son livre, vous avez entrepris un voyage au Sénégal à 20 ans. Où est la différence entre son expérience et la vôtre ? — Elle est assez grande, en fait  : je connaissais déjà un peu le pays quand je suis parti y séjourner. Pour moi, c’était le lieu des vacances… Et je n’étais pas encore vraiment adulte. Seydou, mon personnage, est déjà un père et un acteur accompli  : c’est une découverte tardive, et d’autant plus énorme. Mais en allant tourner dans ces campagnes, vous avez redécouvert le pays en tant qu’adulte… — Forcément, et j’avoue que j’ai retrouvé une façon plus organique de faire mon métier. Il y a un rythme différent, loin de l’urgence de ma vie de comédien qui tourne beaucoup, voyage beaucoup. En Afrique, la manière plus posée de travailler a forcément influencé mon jeu. Tout à coup, tu as de la place pour la contemplation, l’improvisation… Je ne sais pas si ça se voit à l’image, mais à l’intérieur de toimême, tu éprouves ce changement de rythme. Le film est effectivement contemplatif, et vous encore plus  : on a l’impression de voir un nouvel Omar… — Sans doute car, d’habitude, je joue le personnage qui bouscule l’histoire. Là, c’est moi qui suis bousculé par l’histoire  : l’Afrique m’apprend des choses, alors qu’avant, mes personnages ouvraient les yeux des autres. Vous trouvez qu’en France, on tourne à un rythme trop effréné ? — Ce n’est pas forcément une question de vitesse, mais d’état d’esprit  : à Paris, le cinéma est une affaire d’art, c’est très sérieux, on se prend la tête. Par opposition, à Hollywood, où je tourne aussi, les effets spéciaux et les décors « D’habitude, je joue le personnage qui bouscule l’histoire. Là, c’est moi qui suis bousculé par l’histoire. » de dingue te donnent l’impression qu’on est là pour faire joujou. Faire Yao, c’était explorer une troisième voie, une autre humeur qui ne rentre dans aucune case. C’est d’ailleurs un film qui lutte contre les étiquettes, rappelant que les enfants d’immigrés sont des étrangers dans leur pays d’origine… — Oui, il y a cette scène où on me taquine en me qualifiant de « bounty », c’est-à-dire noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur… On est des étrangers là-bas, pas de doute ! Mais en fait, il faut résister à ce genre d’étiquettes, que ce soit en France ou au Sénégal. Le personnage est plus complexe que ça  : en tant que Français il est très rationnel, mais il n’est pas fermé aux mœurs africaines, à cette spiritualité bien particulière… Vous croyez aussi aux signes divins, comme les sages croisés par Seydou au cours du récit ? — Oh, oui. Avec la chance que j’ai eue ces dernières années, je ferais mieux d’y croire, non ?



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