Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 – Interview Par Romain Thoral Photos DR ALEXANDRE ASTIER C’est le plaisir de donner vie à une histoire originale d’Astérix qui t’a fait resigner pour cette suite ? — Oui. C’est juste parce que je n’aime pas refaire deux fois la même chose. Le boulot d’adaptation que j’avais fait pour Le Domaine des dieux était très dur – alors qu’on pourrait croire le contraire. C’est comme si vous étiez un architecte, que vous regardiez l’immeuble d’un autre mais que vous ne compreniez RIEN à la manière dont il est fait. Il faut donc tout démonter pour piger la structure et en remonter un autre. Et c’est long, douloureux, intense. Ce boulot-là, je l’avais donc fait pour le précédent film. J’avais quand même très envie de refaire un Astérix animé, mais pas de retourner dans cette routine de l’adaptation. Donc oui, on peut dire que c’était la condition sine qua non pour que je m’y remette. Le Domaine des dieux et Le Secret de la potion magique sont donc assez différents, mais ils semblent dialoguer à travers le motif de l’enfance. Dans un film comme dans l’autre, les actions des héros sont observées et presque racontées à travers le regard d’un môme. Est-ce un hasard ? — Non, évidemment. Il y a toujours des enfants dans ce que je fabrique. C’est probablement – Le roi et l’enfant Astérix - Le Secret de la potion magique Sortie le 5 décembre. En attendant la version ciné de Kaamelott et de son roi Arthur, Alexandre Astier retourne en Armorique avec un deuxième épisode, Astérix  : Le Secret de la potion magique. Cette fois, l’histoire est originale, le film d’auteur revendiqué et l’envie de retrouver un regard enfantin totalement assumée. lié au fait que la période la plus créative dans la vie d’un être humain se situe aux alentours de ses 8 ans. Allez, disons de 6 à 10 ans. Juste avant la puberté. Et c’est ma manière de rendre hommage à cette période folle. C’est un moment particulièrement débridé, sans connaissance des règles, mais trèèès inventif. Il faut toujours écouter les histoires que se racontent les mômes de cet âge. Il y en a toujours trop, trop de flingues, trop de rebondissements, trop de gags, trop de tout, mais il y a toujours un fond et une sensibilité incroyables. Un truc que l’école abîme un peu ou met en sourdine, alors que c’est précieux et qu’il faut le garder le plus longtemps possible. Le regard de ces gamins te permet aussi de traiter tes héros comme des mythes, puisque c’est de cette manière que les enfants observent Obélix, Astérix et, dans cet épisode, Panoramix… — Oui, j’ai découvert Astérix très jeune donc ce regard, c’est forcément le mien. Ça m’oblige à me débarrasser de tout cynisme, d’avoir un rapport très « pur » à l’histoire. Spielberg a dit un truc du style  : « Dans mon métier, ça vaut le coup de se rappeler du regard qu’on portait sur le monde quand on était enfant, parce qu’on peut l’appliquer à nos films. » Enfin, sa phrase était bien mieux tournée, hein ? (Rires.) Mais c’est très juste. Et quand tu vois ses films, c’est un regard d’enfant perpétuel sur le monde, même quand il n’y a pas d’enfants dans l’histoire. Tu introduis dans le film un vrai personnage de méchant, un peu torturé, assez émouvant et pas spécialement rigolo, qui détonne complètement dans le bestiaire Astérix. — Oui, c’est un écart. Le Secret de la potion magique, c’est un film sur la création, il me semble. Panoramix n’a plus rien inventé depuis la potion magique et on lui a demandé de refaire ça toute sa vie. Refaire, refaire, refaire. Apparaît alors, plutôt qu’un « méchant », un antagoniste  : un druide qui n’a jamais cessé de créer. Ce n’est pas un con, un raté ni un charlatan. C’est un mec très fort. Le genre de mec capable de demander à Panoramix  : « Pourquoi n’avez-vous pas sauvé toute la Gaule avec votre potion ? » Ce n’est pas la question d'un type purement maléfique. Non, c’est la question que tout le monde s’est un jour posée en lisant Astérix. — Voilà. Et moi, mon boulot, ça a été d’y répondre. Ça m’a bien cassé la tête d’ailleurs. Rien que pour ça, vous devriez tous venir voir le film, tiens. (Rires.)



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