Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 – En couverture Par Pierrick Strapontain Photos DR ▶ ▶ Si la culture populaire est une planète accueillante, certaines de ses frontières sont infranchissables. Heureusement, le cinéma peut servir d’ambassadeur. Songeons aux Gremlins  : inconnus en France avant 1984, ces lutins chafouins font partie des imaginaires collectifs américain et britannique depuis des lustres. Issus d’une légende urbaine véhiculée par les pilotes de la Royal Air Force, persuadés que leurs pépins techniques étaient dus à de petits gobelins saboteurs, ils sont célébrés en 1943 par un roman de Roald Dahl (inédit en français) et infusent l’inconscient de tous les bambins anglo-saxons. Le reste du monde devra attendre les deux films Gremlins pour s’approprier le mythe. De la même façon, le Grinch fait l’objet d’une véritable tradition orale outre-Atlantique. Et ce depuis qu’un conte pour enfants du Dr. Seuss (géant de la littérature jeunesse, méconnu ici) a inventé ce trouble-fête misanthrope, vouant Noël aux gémonies et vivant reclus dans sa grotte avec son amertume et son petit toutou. Paru dans les années 50, Comment le Grinch a volé Noël fut rapidement adapté par Chuck Jones (le père de Bugs Bunny et autres Looney Tunes) sous forme d’un courtmétrage d’animation cultissime aux États- Unis. Plus qu’un héros de papier, le grincheux devient alors une vedette nationale. Une icône Voilà qu’arrive cette nouvelle mouture, plus fluo, plus burlesque et surtout plus universelle. des fêtes de fin d’année. Une institution. Et Le Grinch de 2000, joué tout en grimaces par Jim Carrey, n’est qu’une de ses nombreuses incarnations locales. Ailleurs pourtant, c’était jusqu’ici la seule à s’être invitée au pied du sapin. Sans doute parce qu’il s’adressait surtout aux petits Américains, Le Grinch façon Carrey ne revint jamais gâcher la sainte nuit du réveillon. Mais voilà qu’arrive cette nouvelle mouture, plus fluo, plus burlesque et surtout plus universelle. D’abord parce que c’est un longmétrage 100% numérique, comme le souhaitait la veuve de Theodor Seuss Geisel (Audrey Geisel, détentrice de ses droits). Celle-ci avait longtemps interdit les adaptations filmiques dans la mesure où la technologie ne permettait pas de retrouver l’imagerie du dessin animé de Chuck Jones, laissant craindre un Grinch en latex plus crispant qu’amusant. Tourné en prise de vue réelle mais en retouchant le visage de Carrey en image de synthèse, le premier Grinch trouvait tant bien que mal un compromis. Le retour à l’animation pure le ramène vers un univers fantasmagorique, donc passepartout  : cette fois, même les « Whos » (les amoureux de Noël qu’abhorre le ronchon vert) évoquent des créatures croquignolettes – là où leur village, dans le précédent film, ressemblait surtout à une Amérique miniature. Ici, Noël ressemble à un chatoyant rêve de gosse, donc à tous les Noëls du monde. Mais ce qui change la donne, c’est surtout l’entrée d’Illumination Entertainment dans l’équation. Fondée expressément pour la réalisation de Moi, moche et méchant, la maison s’y connaît en brassages culturels  : les Minions jaune canari étaient le fruit d’une rencontre entre l’animation hollywoodienne et une french touch raffinée. Avec ce festival de catastrophes épiques, provoquées par les machines bizarroïdes d’un Géo Trouvetou diabolique, le studio réussissait un mariage impensable entre Jacques Tati et les Looney Tunes. Tiens, tiens  : un râleur dégingandé entouré de petits êtres sémillants, inventant mille stratagèmes afin de pourrir son monde… Voilà qui définit aussi bien Gru, le vrai-faux méchant entouré par les Minions, que ce Grinch nouvelle manière. Autre preuve que ce rabat-joie hivernal, au lieu de débarquer comme un simple produit d’export, a su se rendre familier. Nul doute qu’il est en train de devenir une mascotte mondiale de la fin décembre, réjouissante et presque rassurante. Autant que le Père Noël en personne ? Il ne faut pas trop lui en demander non plus.
ALLEZ LES VERTS ET SI LA CHLOROPHYLLE ÉTAIT LE PIGMENT DES MONSTRES FAUSSEMENT MÉCHANTS ? Hulk C’est leur maître à tous. Profitant de l’esthétique bariolée des comics, Marvel invente ce colosse héritier de la morale de Dr. Jekyll et M. Hyde  : chaque personne est divisée par une frontière entre le gentleman et la brute. Et cette frontière, c’est le vert. The Mask Autre rejeton indirect du grand roman de Robert Stevenson, « le Masque » est sans doute le plus flippant des gentils héros de comédie burlesque. Mais, derrière le bouffon, se cache un enfant attardé et timide, qui demandait juste à regarder ses cartoons chez lui en paix. Shrek Beauf, brutal et soupçonné de manger des enfants, cet ermite n’est a priori pas vraiment un gendre idéal. Mais toute la saga Shrek consiste à démentir peu à peu les préjugés sur les ogres, pour montrer qu’il ne faut pas juger un individu à son teint caca d’oie. Le Grinch À quoi est due la couleur du croque-mitaine ? Sans doute pas seulement à son nom phonétiquement proche de « green ». Souvenons-nous qu’avant d’être rougi par les pubs Coca-Cola, le Père Noël était vert. Manière de dire que, malgré sa haine des 25 décembre, un petit papa Noël sommeille dans le for intérieur du Grinch ? 7



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