Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 – Décryptage Portrait Par Anouk Par Féral Alex Vandevorst Photo RC Photo DR – Citizen K Maya raconte l’histoire d’un reporter de guerre fragilisé. Ex-otage en Syrie, il repart aussitôt libéré vers d’autres cieux pour se reconstruire et renaît avec la rencontre d’une femme. Un rapport au monde fait d’éclipses et d’apparitions, proche de celui qui l’incarne, Roman Kolinka. Dans Maya, il a beau être de chaque plan, Roman Kolinka est un acteur qui se débusque. Chez le fils aîné de l’actrice Marie Trintignant, rien d’évident ni de frontal. Sa beauté lointaine au regard troublé, son magnétisme grave, son timbre en retenue, sa filmo discrète (32 ans et seulement cinq films d’auteur discrets, dont trois de Mia Hansen-Løve, L’avenir, Eden et aujourd’hui Maya), tout chez lui concourt à nourrir l’irrésistible dialectique entre l’ombre et la lumière. Celle qui crée le mystère et fonde le cinéma, deux motifs que l’acteur sait manier tant par héritage familial que par nature profonde. Une faconde d’humain retranché dans sa bulle, jumelle de celle de sa cinéaste-mentor qui le filme un peu plus intensément à chaque film. « On est pareils, Mia et moi, solitaires, calmes, réfléchis. Sur le plateau, un regard après une prise et je sais ce qu’elle en pense. Elle est d’une gentillesse et d’une douceur extrêmes. Quand on commence ce métier, on a besoin d’être rassuré. » Lui qui y baigne depuis l’enfance, qui a été assistant-réalisateur et décorateur de plateaux avant de faire ses premiers pas d’acteur dans les téléfilms de sa grand-mère Nadine, considère débuter dans le cinéma. Pudeur non feinte, lucidité humble. De fait, il semble l’observer de loin, ce milieu qu’il connaît bien et qu’il aborde par touches, sans férocité. « Je Maya Sortie le 19 décembre. n’imaginais pas que c’était à ce point compétitif. Il faut arriver premier, battre ses petits camarades en casting. Je ne suis pas à l’aise avec ça. J’ai envie de faire le film, point. Si ça ne marche pas, tant pis. » Pour lui parler de Gabriel, son personnage dans Maya et son premier grand rôle, écrit pour lui par Hansen-Løve, il a fallu l’appeler à Uzès, où il vit et tient un restaurant avec sa femme. Faute de réseau, il rappellera de sa ligne fixe, dinosaure des télécoms qui, symboliquement, l’éloigne encore un peu plus du fracas du septième art à Paris, « cette ville où tout le monde est très énervé ». Cette distance, en revanche, fait écho à l’impalpable Gabriel. Journaliste ex-otage en Syrie, à peine rentré en France près des siens, il disparaît à Goa. Il va y croiser la route de Maya, une jeune Indienne dont la présence le fera muter de l’enfer de la captivité aux satisfactions terrestres les plus paradisiaques. Son premier personnage de si grande amplitude, aux atermoiements aussi fins que marqués. Aujourd’hui, il rentre s’installer à Paris, quitte Uzès et les formules midi. Avant de raccrocher, il dit juste  : « Je vous remercie profondément de ne pas m’avoir parlé de ma famille. C’est très rare. » Ceci explique peutêtre cela. Les médias. Le départ. Le temps. Le masque du citoyen lambda. Et, seulement maintenant, le retour.
Aquaman Sortie le 19 décembre. Jason Momoa a d’abord débuté sa carrière au cinéma en interprétant le rôle de Conan le Barbare (dans un remake signé Marcus Nispel). Puis il l’a continuée en se battant à coups de barre à mine contre Sylvester Stallone (dans Une balle dans la tête, de Walter Hill). Sans trop se mouiller, on peut dire que, à cette époque, Hollywood l’avait désigné comme le successeur naturel d’Arnold Schwarzenegger – ou tout du moins l’héritier évident des « gros bras » des années 80. Oui, mais voilà. Ça, c'était il y a déjà sept ans. Depuis, tout le monde a complètement oublié que Conan a été remaké et que les vieilles icônes Stallone et Walter Hill ont tourné l’un pour l’autre au crépuscule de leurs carrières. Pas grand-monde non plus pour se souvenir que le beau Jason et ses yeux miclos devaient relancer la mode du bodybuildé hollywoodien. D'ailleurs, c'est finalement Dwayne Johnson qui s'en est chargé. Malgré sa sexytude hawaïenne et sa tignasse qui frise nonchalamment, Jason Momoa n’est pas devenu une star, non. Du – L’émoi Momoa Jason a délaissé tout le reste pour se consacrer intégralement au roi d’Atlantis. coup il a choisi de devenir Aquaman. Un rôle qui a l’air de l’occuper à plein temps depuis 2015, même si son personnage ne faisait que de la figuration dans Batman vs Superman et partageait l’affiche avec une grosse poignée de super-héros DC dans Justice League. Temps à l’écran estimé sur deux films  : à tout casser 40 minutes. Mais Jason s’y est tenu, a délaissé tout le reste – les séries HBO comme les séries Z – pour se consacrer exclusivement Par Romain Thoral Photos DR Portrait– 31 Programmé depuis dix ans pour devenir une star hollywoodienne, Jason Momoa mise toutes ses billes sur Aquaman pour enfin peser dans le star system. DOLPH AU TOP Depuis Rocky 4, son premier grand rôle et celui qui l’a starifié, Dolph Lundgren n’avait plus jamais travaillé avec une major hollywoodienne. En 2018, grâce à ses apparitions dans Creed 2 et Aquaman, il aura tourné deux fois pour une major, en l’occurrence Warner. au roi d’Atlantis, en attendant que son heure vienne. L’heure est donc justement venue puisque Aquaman est désormais la figure de proue d’un méga blockbuster hivernal à 150 millions de dollars, qui enverra Momoa en orbite si tout se passe comme prévu. En attendant, puisque c’est un blockbuster estampillé DC Comics, personne n’est à l’abri de rien  : d’une éventuelle sortie de route façon Justice League ou d’un éventuel triomphe façon Wonder Woman. D’après les toujours très sérieux journalistes de Variety (bible du business hollywoodien), Aquaman devrait profiter à fond de l’absence d’un film estampillé Star Wars durant la trêve hivernale, et ce pour la première fois depuis trois ans. L’ironie là-dedans, c’est que, pour son premier vrai leading role depuis Conan, Jason va devoir se débattre dans un aquarium peuplé de gros poissons  : Nicole Kidman (en maman-Aquaman), Willem Dafoe (en Nemesis-Aquaman), Amber Heard (en chérie-Aquaman) et Dolph Lundgren (en beau-papa Aquaman) seront là pour lui tenir compagnie. Soit autant de cabotins de premier plan qui vont évidemment tout faire pour lui piquer la vedette dans SON film. Ce goût du casting pimenté signifierait-il que le filet de Momoa nécessite d’être relevé avant d’être consommé ? C’est dans l’assiette qu’on se permettra de juger.



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