Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
28 – Décryptage Portrait Par Anouk Par Féral Alex Vandevorst Photo RC Photo DR – Premières gammes Dans Au bout des doigts, Jules Benchetrit campe un pianiste surdoué. L’occasion de constater que le jeune acteur connaît déjà bien son solfège de cinéma. Au bout des doigts Sortie le 26 décembre. une créature de cinéma », dit de « C’est lui son partenaire, Lambert Wilson. À plusieurs titres, ajouterons-nous. Car si Jules Benchetrit, 20 ans tout rond, a bien un sacré pan du cinéma français inscrit dans son ADN (son grand-père est Jean-Louis Trintignant, ses parents Marie Trintignant et Samuel Benchetrit), il possède en propre ce facteur X qui rend câline la caméra. Quelque chose de terriblement gracieux. Une douceur masquant une drôle d’âme agitée. Un beau regard, à la fois droit et voilé, le même que Leonardo DiCaprio à son âge. Ludovic Bernard, qui aime voir les jeunes hommes se surpasser, l’a choisi comme premier rôle d’Au bout des doigts. Après avoir lancé AhmedSylla à l’assaut de l’Everest (L’Ascension), le réalisateur met au défi le jeune Mathieu Malinski, alias Jules Benchetrit, de s’extraire de sa condition de petite frappe des cités pour devenir le pianiste virtuose auquel son oreille absolue le prédestine. Un parcours à la Will Hunting, sous l’œil mature et houspillant de Lambert Wilson et Kristin Scott Thomas, deux figures du Conservatoire national supérieur de musique prêtes à tout pour secouer les plumes de ce gamin à la dérive. Un grand saut pour le jeune acteur qui, après les plateaux de son père (on l’a vu dans Chez Gino et Asphalte), a suivi un entraînement intensif de piano pour dompter l’instrument. Bingo ! Ses notes ont dansé jusqu’aux oreilles de l’Académie des César qui l’a sélectionné parmi les révélations 2019. Jules = César ? Rendez-vous en février prochain.
Le Gendre de ma vie Sortie le 19 décembre. – Drôle de drama queen Un visage familier du drame d’auteur propulsé directement en haut d’une affiche de comédie popu, et pourquoi pas ? Face à Kad Merad dans Le Gendre de ma vie, Pauline Étienne révèle ses talents insoupçonnés d’actrice funambule. Jeunes filles entrées douloureusement dans l’âge adulte, amoureuses déçues ou novices effacées dans un monde d’experts masculins  : jusqu’ici, les personnages de Pauline Étienne avaient invariablement cette aura tragique. Qu’elle joue une nonne dans un drame propice aux effusions de larmes (La Religieuse, de Guillaume Nicloux) ou une recrue de la DGSE dans une série à twists (Le Bureau des légendes), l’actrice de 29 ans est toujours chargée d’imprimer cette émouvante fragilité. Qu’a-t-elle fait aux réalisateurs pour qu’ils la perçoivent systématiquement de la sorte (même quand elle traque des terroristes depuis un bureau anthracite) ? Elle a sa théorie  : « Les personnages qui ne payent pas de mine, comme moi, intéressent toujours les auteurs de fiction  : leur discrétion triste masque une force intérieure qui va éclore, et c’est ça qui est fascinant à regarder. » Sa gracilité et ses œillades inquiètes nimbent tous ses plans d’une certaine gravité, qu’on croirait due à de savantes techniques de tragédienne. Elle tient cependant à nous faire redescendre  : « Le drame ? Rien de plus fastoche à jouer ! Je ne sais pas pourquoi, c’est devenu quelque chose de naturel… Sans doute parce que je suis vraiment comme ça dans la vie  : timide, calme, en retrait. » Par AV Photo RC Portrait – 29 Le drame ? Rien de plus fastoche à jouer ! C’est bien une jeune femme au charme pudique qu’on a face à nous, et on se dit qu’elle a de la chance d’avoir de telles facilités pour le « drama » à la française  : la fiction contemporaine ne demande que ça, des héroïnes d’apparence vulnérable dont la pugnacité se révèle peu à peu. Sauf que Pauline a d’autres plans. En acceptant le premier rôle féminin du Gendre de ma vie, cette Belge entre de plain-pied dans l’arène de la comédie française. Le pitch est typique des situations burlesques qu’on aime chez nous  : comme il n’a jamais eu de fils, son papa (Kad) s’enchante qu’elle tombe amoureuse de son rugbyman favori. Quand elle s’en sépare, le papounet fait des pieds et des mains pour rafistoler leur relation. Pauline dans l’énergie du vaudeville ? « C’est loin de moi et c’est justement pour ça que j’ai accepté… Pour m’adapter, j’ai demandé à observer Kad avant chaque prise, même quand j’entrais en scène plus tard  : il trouve le ton si naturellement qu’il m’a servi de stage d’observation. C’est un genre de comédie à lui tout seul. Même en dehors d’un plateau, il assume auprès des gens ce statut d’icône familière et rigolote. » Pauline Étienne met le doigt sur le vrai défi qu’elle relève ici  : pas seulement vaincre sa timidité en s’essayant à la comédie, mais se légitimer dans la cour des monstres populaires.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :