Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 – Interview Par Romain Cole Photos DR & RC Après le succès de sa polyphonie d’hommes aux cœurs humides (Le Grand Bain), Gilles Lellouche campe un héros du quotidien dans Pupille, une histoire d’adoption qui sent bon le lait maternisé. Deux films qui, à quelques mois d’intervalles, relancent avec délicatesse sa carrière. L’une des intentions du Grand Bain était de discuter la virilité, de proposer un nouveau modèle masculin. C’est aussi ce que fait Pupille à travers ton personnage qui est un homme au foyer… — Ce n’est pas un nouveau modèle, c’est juste une réalité. Je le vois à travers mon expérience de père de famille, qui n’a rien à voir avec le père que j’ai pu avoir, moi… En une génération, il y a eu un bond monumental. On assume beaucoup plus de tâches, on met de la tendresse et du dialogue dans nos rapports. C’est ce que je raconte dans Le Grand Bain, cette part de féminité plus assumée, mais sans que ce soit un sujet intentionnel… Pareil dans Pupille, mon personnage est inspiré d’un type qui existe vraiment, qui fait ce métier de garde d’enfants, qui s’appelle Jean et qui habite à Brest. Tu dis que ce n’est pas intentionnel, mais quand même, la notion de virilité me semble assez centrale dans ton travail. — Mais c’est forcément quelque chose que j’ai envie d’exprimer parce que, pendant pas mal d’années, j’ai eu le sentiment d’être dans un certain malentendu à cause de ces rôles de flics, de voyous ou de copain branleur qui étaient finalement très éloignés de ce que je suis. Cet emploi de mec viril et macho dans lequel on m’a défini, résumé et presque détruit, c’est un truc que je représente physiquement et dans lequel j’ai été surexploité. Il fallait que je donne une réponse à ça, parce que je ne suis pas du tout comme ça. Mais c’est un concours de circonstances que Pupille arrive après Le Grand Bain et qu’il dégage la même tendresse. Si on schématise, tu es passé en quelques mois de la figure de l’hétéro-beauf à l’incarnation de l’homme idéal moderne. — Et malgré cette image, Jeanne Héry a pensé à moi. Elle m’a choisi parce qu’elle voulait « des bras d’homme pour prendre les bébés ». On ne m’attend pas dans ce registre, de même qu’on ne s’attendait pas à ce que je fasse un film – Vague nouvelle comme Le Grand Bain… Comme si je n’étais capable de faire que des films de bourrin. Tout le monde joue très bien dans Pupille, mais c’est particulièrement le bébé qui vole la vedette. — C’est vrai ! Il y en a eu trois pour jouer le rôle. Les tournages ne sont pas vraiment des endroits adaptés aux bébés donc il a fallu créer une bulle de douceur autour d’eux. Les traiter comme si c’était les nôtres. J’ai eu de la chance, car il y a eu un feeling qui était dingue avec deux d’entre eux. J’avais l’impression d’être avec des mini-De Niro qui réagissaient exactement comme il fallait face à la caméra. On sous-estime la capacité de dialogue qu’on peut avoir avec un nouveau-né. Ils sont hyper poreux à nos émotions, aux mots qu’on emploie… Donc je dialoguais avec eux avant, Pupille Sortie le 5 décembre. pendant et après les scènes. Je les gardais dans les bras aussi, même quand ça ne tournait pas. Ah oui ? — C’est une relation hyper charnelle, qui passe par les sensations  : la peau, la voix, le souffle, le battement du cœur. Tu ne peux pas les prendre et les reposer comme un objet. Il faut passer la journée avec eux. J’appréhendais parce que j’avais fait un film il y a une dizaine d’années avec des nourrissons et c’était un enfer  : parce qu’ils étaient posés justement. Du coup ils hurlaient et c’était le chaos. Pour Pupille, ils étaient dans les bras ; on n’était pas dans une logique de tournage habituelle. On était au rythme des biberons, des siestes et donc tout était feutré. C’est le tournage le plus doux, le plus ouaté et le plus bouleversant que j’ai jamais fait.
« Comme si je n’étais capable de faire que des films de bourrin. » 27



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