Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 – Décryptage Interview Par Alex Par Alex Vandevorst Photos Photo DR DR & RC Wildlife  : – Wild Wild Paul Paul Dano, le plus grand des seconds couteaux hollywoodiens, passe à la mise en scène avec Wildlife  : Une saison ardente. Le moyen d’explorer de nouvelles terres de cinéma, loin de ses prouesses d’acteur survolté ? Vous traitez du thème de la famille avec Wildlife, mais le contexte – le Montana idyllique de 1960 – n’en fait-il pas aussi un film sur le rêve américain ? — Si, et je serais ravi qu’on le voie ainsi  : c’est l’histoire d’un fils de famille d’apparence idéale, style image d’Épinal à la Norman Rockwell, qui découvre la complexité des choses en grandissant… Tout comme la société américaine, dans les années 60, est entrée dans l’âge adulte. J’aime beaucoup ce parallèle, même si la famille reste mon premier objet de fascination. J’ai toujours su que mon premier film porterait sur elle. D’où est venue cette certitude ? — De ce pressentiment  : « Si tu veux devenir auteur, commence par un sujet qui compte à la fois pour toi et pour les autres. » Les rapports familiaux, c’est le thème le plus universel. Une bonne manière de ne pas me planter ! D’autant que ce premier essai n’est pas sans risque  : vous prenez le contre-pied de votre filmo comme comédien… — Ah ? C’est-à-dire ? Vous avez tenu des rôles très intenses pour des metteurs en scène très grandiloquents  : Paul Thomas Anderson, SteveMcQueen, Paolo Sorrentino… Wildlife fait plutôt dans la retenue. — C’est vrai. J’ai su dès le départ que mon film ferait profil bas  : pas de mouvements de Une saison ardente Sortie le 19 décembre. caméras inutiles, pas d’effets de montage trop voyants, juste une grande confiance dans les acteurs et leur compréhension du récit. À propos du jeu, bien sûr que la majorité des personnages que j’ai joués sont plus exubérants que Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal dans Wildlife. Mais, au fond, outre les mauvaises expériences que j’ai pu avoir devant la caméra, et que j’ai voulu éviter de leur infliger, ma façon de les diriger est raccord avec mon propre vécu, mes propres méthodes  : s’en remettre à la foi au texte et à la puissance du personnage. Ce qui n’empêche pas l’intensité  : prenez Ozu ou Kore-Eda, leurs acteurs transmettent des sensations sacrément dérangeantes sans hurler ni gesticuler. « L’implication d’un acteur doit être celle d’un coauteur. Une équipe doit être une famille. » Vous parliez de mauvaises expériences… — Hum, je ne me plains pas, j’ai bossé pour l’essentiel avec de grands cinéastes… Et d’ailleurs, même si je n’ai rien d’un formaliste, je me suis dit parfois  : « Ici, je sens que j’ai appris de Denis Villeneuve, et là de SteveMcQueen… » Mais c’est vrai que sur certains tournages, les comédiens sont de simples prestataires. Pas question de laisser Carey et Jake livrés à leurs smartphones entre deux prises  : pour moi l’implication d’un acteur doit être celle d’un coauteur. Une équipe doit être une famille. D’où votre intérêt pour le sujet — (Rires.) Oui exactement ! Être acteur, c’est en effet intégrer une sorte de famille foraine, provisoire et itinérante… Ça paraît bateau mais, en réalité, ces liens fondent la vie d’un comédien. C’est tout ce qu’on connaît. Voilà pourquoi je vous parlais d’universalité  : même si Jake Gyllenhaal a l’air d’un papa gominé sorti d’un Edward Hopper, à travers cette famille je parle de toutes les autres, dont la mienne. Et, si j’ai bien travaillé, de la vôtre aussi…
Leto Sortie le 5 décembre. – Muse à jour Les poètes chevelus de Leto ont beau incarner le rock contestataire de l’ère soviétique, ils ne seraient rien sans leur muse. Dans le rôle de cette dernière, Irina Starshenbaum réhabilite une figure pop-culturelle tombée en désuétude. Par Alex Vandevorst Photo RC Portrait – 25 Sur le papier, c’est la plus vieille histoire du monde. Au sein d’une bande fraternelle, un couple idyllique est chamboulé par l’arrivée d’une nouvelle tête qui fait chavirer le cœur de l’un des tourtereaux. Mais ce schéma est renouvelé dans Leto, ode à l’époque du post-punk russe  : Natacha (Irina Starshenbaum) et Mike sont deux amants-stars, parmi un cénacle de rockeurs décidés à lutter pour imposer une culture anglo-saxonne dans un monde qui la rejette en bloc. Seul compte pour eux la liberté artistique, politique et sexuelle – autant dire que l’adultère n’a en principe rien de prohibé. Pourtant, l’intérêt de Natacha pour Victor, icône montante, va faire vaciller les certitudes du charismatique Mike et annoncer un petit séisme émotionnel (et métaphoriquement, générationnel). Le personnage d’Irina rompt ainsi avec la figure de l’égérie passive, c’est-àdire de la potiche chargée de jouer les faire-valoir auprès de jeunes coqs arrogants qui se tirent la couverture. Son regard devient au contraire décisif  : c’est le baromètre qui passe d’un homme à l’autre, et du coup d’une vision du monde à l’autre. Starshenbaum fait de cette femme non pas une simple source d’inspiration, mais un juge dont le minois opine dans un certain sens pour désigner la direction à suivre. Et si la marche du monde ne tenait qu’à son regard ?



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