Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 – Portrait Par Perrine Quennesson Photo DR – Reine de la jungle Mia et le lion blanc Sortie le 26 décembre. Actrice, réalisatrice, chanteuse, tantôt ici, tantôt outre-Atlantique, Mélanie Laurent atterrit, avec la fable écolo Mia et le lion blanc, en Afrique du Sud. Quel est le dénominateur commun de cette carrière hors du commun ? Quelques semaines après la sortie de son cinquième film en tant que cinéaste, le polar US, sombre et nerveux Galveston, Mélanie Laurent enchaîne en tant que simple comédienne. Cette fois dans Mia et le lion blanc, fable écolo à destination des plus jeunes, où elle incarne une femme mariée, mère de deux adolescents et copropriétaire d’un élevage de lions au fin fond de l’Afrique du Sud. Si ce projet-là ressemble au négatif exact de celui qui le précède, c’est normal  : le grand écart est devenu le motif favori de la carrière de Mélanie Laurent. Actrice, réalisatrice, chanteuse, la Parisienne de 35 ans multiplie les casquettes avec une aisance à ce point déconcertante qu’on se demande s’il n’y a pas que la bougeotte et l’éparpillement qui puisse la cadrer. À peine consacrée égérie du cinéma indé franco-naturaliste, elle partait illico jouer l’ange vengeur chez Tarantino (Inglourious Basterds) ou interpréter la petite amie de Jake Gyllenhaal dans un film semi-expérimental signé Denis Villeneuve (Enemy). Quand elle revient dans son pays natal, c’est pour jouer dans des films de genre comme Requiem pour une tueuse ou des comédies en costume comme Le Retour du héros. Pas le temps de souffler  : elle en profite aussi pour réaliser des drames d’intérieur et intimes (Les Adoptés, Respire, Plonger) ainsi qu’un road movie policier au Texas (Galveston, donc) et prend sur son temps libre pour sortir un album avec Damien Rice (« En t’attendant », 2011). La voilà maintenant en passionaria de la lutte contre les chasses closes autorisées en Afrique du Sud dans Mia et le lion blanc. Une lubie passagère ? Pas vraiment. La fibre écolo, c’est un engagement ici. Son documentaire Demain, carton inespéré de l’année 2015, et réalisé sur trois ans en sillonnant la France avec Cyril Dion, avait consacré Mélanie Laurent comme une voix importante de l’écologie à la mode de chez nous. Trois ans, c’est aussi le temps qu’il a fallu à Mia et le lion blanc pour mener à terme son tournage complètement fou, où une petite fille et un lion ont été amenés à ne plus se quitter pendant plus de 36 mois. L’idée étant que l’animal s’entiche suffisamment de la gamine pour ne pas avoir envie de la boulotter. Ce sont des choses qui prennent du temps. Au milieu de cette longue expérience, qui s’est évidemment bien terminée, Mélanie a fait des allers-retours incessants pour tourner ses scènes en Afrique et repartir aussitôt. Chaque pied dans un hémisphère différent, la tête dans les nuages… Ce qui, en fin de compte, ressemble à une bonne métaphore de sa carrière.
Pachamama Sortie le 12 décembre. – Pachamama est-il le nouveau Kirikou ? Le film de Juan Antin peut-il se targuer d’être le digne descendant de celui de Michel Ocelot ? Trois fois oui. OUI, c’est le même principe de fable Continents éloignés, l’Afrique d’un côté, l’Amérique du Sud de l’autre, mais méthode similaire  : Pachamama et Kirikou utilisent tous deux le conte initiatique pour amener à découvrir une autre civilisation. En 1998, Michel Ocelot revisitait un récit africain pour nous emmener à la rencontre des cultures de l’Afrique de l’Ouest. En 2008, Juan Antin attire le spectateur dans le passé de son pays, l’Argentine, entre cordillère des Andes, chamanisme, Incas et conquistadors. OUI, ils ont la même ambition pédago Aborder des thématiques fortes et complexes à travers les yeux d’enfants, c’est le pari narratif de Kirikou comme de Pachamama. Dans le film de 1998, le nouveau-né débrouillard amenait une lecture politique du continent africain ainsi qu’une réflexion sur les violences faites aux femmes. De leur côté, les jeunes ados Tepulpaï et Naïra permettent à Pachamama d’être à la fois un conte écolo et une réaffirmation de l’histoire des peuples précolombiens. OUI, c’est le même producteur à la barre Un seul et même homme se cache derrière la production de ces deux films en forme de super prototypes  : le très casse-cou Didier Brunner. Le monsieur est l’un des piliers du cinéma d’animation français et on lui doit, avec ses deux sociétés successives, les Armateurs puis Folivari, des œuvres telles que Les Triplettes de Belleville, Ernest et Célestine ou Le Grand Méchant Renard. Il adorerait probablement que Pachamama soit le nouveau Kirikou, surtout en termes es d’entrées. Par Perrine Quennesson Photos DR Décryptages – 15 – À quoi rêvent les chats de la génération Z ? Oscar et le monde des chats Sortie le 12 décembre. Et si le héros d’Oscar et le monde des chats, matou sans attaches ni ronron, était le porte-parole d’une nouvelle génération en quête d’un autre mode de vie ? Àl’instar d’E.T., les matous de ciné ont toujours eu un objectif assez clair  : rentrer le plus vite possible à la maison. Qu’il s’agisse des Aristochats ne jurant que par la douceur du chez-soi et convertissant au passage un matou de gouttière, d’Oliver, star d’un Disney des années 90 ne rêvant que d’un foyer pour être aimé ou encore de Garfield, le roi de la lasagne et de la paresse dont l’horizon ne dépasse pas la fenêtre du salon, tous ces chats ont laissé de côté leur instinct de chasseur au profit du confort bourgeois du canapé et de la pâté à heure fixe. Nés dans ce luxe qu’ils n’ont pas eu à conquérir, les chatons de la Gen Z fantasment, eux, vers l’ailleurs. Oscar, petit chat, orphelin de mère mais heureux auprès de son père Léon et de leur maîtresse, vit confortablement dans un petit appartement d’une grande ville chinoise. Mais cet espace rassurant a maintenant tout l’air d’une prison pour le chaton en demande d’espace et de liberté. Dans Oscar et le monde des chats, c’est bien à un clash générationnel qu’on assiste, entre un père ayant connu la dureté du monde extérieur et son enfant en quête d’émancipation. Les petites bêtes des années 2010 ne sont plus prêtes à payer le prix de leur niveau de vie en devenant des « lolcats » pour réseaux sociaux. Qu’est-ce que ce soudain changement de paradigme peut bien raconter sur notre condition de « domesticants » ? Faut-il apprendre à foutre la paix à nos petites bêtes ? Les chats fomenteraient-ils une insurrection sanglante ? La révolte semble en tout cas confortablement installée dans nos salons.



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