Illimité n°283 décembre 2018
Illimité n°283 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 126 Mo

  • Dans ce numéro : en vert et contre tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 – Décryptage Par Alex Vandevorst Photos DR – Pourquoi Spider-Man est-il si proche du peuple ? La marque de l’univers Spider-Man, c’est sa ressemblance avec notre monde. New Generation le rappelle en mettant en abyme la fascination qu’il exerce sur la société. Au fond, le Spider-Verse n’est que le reflet d’un étrange monde où l’on voue un culte à un type en collants fluo au point de s’habiller comme lui. Un monde possédé par la fièvre des comics. Le nôtre, donc. Après tout, c’est l’une des rares mythologies dans laquelle la ville de New York est un personnage à part entière (surtout dans Spider-Man 2, où il regagnait l’opinion publique new-yorkaise). En faisant de ses fans les partenaires de son aventure, Spider-Man prouve qu’il est plus proche du vrai peuple que n’importe quel leader populiste de pacotille. Le film dont vous êtes le (super-)héros, c’est un peu le concept de Spider-Man  : New Generation, qui confirme que l’homme-araignée est le plus démocratique des vengeurs en Spandex. La preuve par quatre. Le concept de New Generation n’est pas seulement de proposer la version animée des aventures de Spidey. C’est aussi de montrer que tout le monde peut l’incarner. Le vrai héros n’est plus Peter Parker mais Miles Morales, gamin des quartiers new-yorkais qui se prend pour son justicier favori. En déverrouillant le Spider-Verse, dimension parallèle où tout le monde peut porter le masque, il révèle les mille et une versions personnelles (et pas toujours glorieuses) de l’hommearaignée fantasmées par la société. En retour, le vrai Parker tente de redresser la barre en encadrant cette relève inattendue. Une métaphore parfaite de son statut dans la pop culture  : comme il est à la fois charismatique et comique, agile comme Scaramouche sans avoir d’assurance, on s’identifie à lui sans complexes. Son plus grand pouvoir, c’est d’inciter les foules à l’imiter. Et donc à devenir meilleures. 3/IL EST DES NÔTRES 1/SPIDER-MAN, C’EST VOUS Spider-Man  : New Generation Sortie le 12 décembre. 4/C’EST UN HÉROS « À LA CARTE » 2/LUI SEUL COMPREND LA JEUNESSE Un autre atout transparaît dans cette nouvelle mouture  : Spider-Man est avant tout un jeune homme. Personne ne l’imagine dans la peau d’un quadra névrosé à la Iron Man, préoccupé par son chiffre d’affaires et ses conflits d’ego. De la même façon, personne n’imagine les autres super-héros communiquer aussi bien avec la jeunesse. Car c’est d’abord cette dernière qui reprend le flambeau dans New Generation. Ado rebelle, gosse livré à luimême, génie précoce  : l’arachnide révèle son pouvoir de représentant éternel des jeunes générations, celles qui n’ont pas de candidat pour qui voter mais seulement des modèles pour s’élever (si possible à la hauteur de l’Empire State Building). Mais le plus émouvant dans ce Spider-Verse, c’est que sa diversité est à l’image du héros. Contrairement à ses confrères de Marvel, on a vu de multiples incarnations de Spider-Man, ces dernières années  : joué par Tobey Maguire puis Andrew Garfield, réinventé en mème Internet puis récemment en icône de jeu vidéo, le voilà relooké façon cartoon. Logiquement, ses avatars du Spider-Verse sont eux aussi polymorphes  : parmi eux, on retrouve même Spider-Cochon, issu d’un gag des Simpson, le film. Manière de dire que Spider-Man n’existe pas  : seules comptent ses réincarnations dans l’imaginaire collectif, au gré de nos envies. Dites-lui qui vous êtes, il vous dira de quel Spidey vous avez besoin. C’est ce qui s’appelle tisser des liens avec sa clientèle.
Le Retour de Mary Poppins Sortie le 19 décembre. – Le pari Poppins Plus de 50 ans après le film original, Le Retour de Mary Poppins parviendrat-il à faire la jonction avec un premier épisode dont tous les créateurs sont disparus ? Par Alex Vandevorst Photos DR Décryptage – 11 Les suites tardives se font rarement sans leurs âmes créatrices. C’est l’une des rares règles infaillibles de ce business. Le Parrain 3, 16 ans après le 2, a été shooté par un Coppola, certes récalcitrant mais bien présent, tout autant que Mad Max  : Fury Road, 30 ans après le 3, fut conçu très amoureusement par George Miller. Le principe reste immuable même lorsque le metteur en scène original pointe aux abonnés absents. Blade Runner 2049 ? Le scénariste Hampton Fancher et la star Harrison Ford sont là pour faire la jonction. Taxi 5 ? Luc Besson est au script et à la prod. Tron 2 ? Jeff Bridges était évidemment de la partie. Dans le cas du Retour de Mary Poppins, la question du lien avec un premier volet réalisé 54 années plus tôt reste problématique puisque tous ceux qui ont pensé le projet (Walt Disney, le producteur, George Stevens, le réalisateur ou P.L Travers, la romancière et créatrice du personnage) sont disparus depuis au moins 20 ans, tandis que celle qui l’a incarnée, Julie Andrews, 83 ans, a choisi de ne pas sortir de sa retraite. Le Retour de Mary Poppins a donc choisi de tout reprendre à zéro, en excluant même les tubes du précédent (pas de « Supercalifragilisticexpialidocious » au programme, désolé), ce qui en fait d’ores et déjà un cas unique dans l’histoire du cinéma. Les petits du premier volet sont devenus des adultes, et même des parents, ils habitent toujours au 17 Cherry Tree Lane, et quand des problèmes financiers débarquent, la supernanny de leur enfance vient leur filer un coup de main. Là où il paraissait évident, selon la logique industrielle de notre époque, d’imaginer un reboot de l’univers, Disney a choisi de proposer une suite. Au moment où l’on ne cesse de nous rappeler que notre époque se caractérise par son amnésie, la plus grande major US mise toutes ses billes sur une émotion vieille de 54 ans. Un coup de folie ? Pas le moins du monde  : le film le plus inusable de l’histoire du cinéma, c’est probablement celui-là. Qui a oublié les chansons ? Les méchants banquiers ? La malle sans fond ? Les rires qui collent au plafond ? La course avec les chevaux de manège ? Personne. Pas besoin d’« âme créatrice » pour faire le lien entre Mary Poppins et son Retour  : le souvenir de plusieurs générations de spectateurs fera le job à lui tout seul.



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