Illimité n°282 novembre 2018
Illimité n°282 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 154 Mo

  • Dans ce numéro : langue vivante.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 – Décryptage Interview Par Anouk Par Alex Féral Vandevorst Photos DR Photo & RC DR – Bonjour délicatesse Il fait des films à son image  : pudiques, délicats, nostalgiques. Après Memory Lane et Ce sentiment de l’été, Mikhaël Hers dépose Amanda sur nos écrans. Il y filme Vincent Lacoste en père de substitution de sa jeune nièce, devenue brusquement orpheline. Interview tout en clair-obscur sur la fabrication de ce nouveau drame réparateur. D’où vous vient cette histoire ? — Je crois que c’est le film qui vous choisit. Là, je voulais filmer le Paris d’aujourd’hui. Sa fragilité, l’électricité post-attentats. Et aussi la paternité, la figure d’un grand enfant qui accompagnerait un petit enfant suite à une disparition. Tout ça s’agrège mystérieusement et une histoire jaillit. Je passe longtemps sans écrire, à maturer. En revanche, dès que je commence, j’ai besoin que ça aille vite. Dans tous vos films, vous rendez cruelle une saison, l’été, qui a la réputation inverse. Celle d’être la saison du bonheur. Pourquoi l’associez-vous à tant de douleur, de mélancolie ? — C’est cette ambivalence qui me plaît. Elle est lumineuse, il y a quelque chose de l’ordre de la promesse, des possibles. Évidemment, quand on traverse des moments tragiques, c’est encore plus insupportable. On vit l’absence et la solitude de manière plus criante sous un ciel bleu. Et j’aime tourner de manière légère et l’été permet ça plus que les autres saisons. On est moins couvert, il y a moins besoin de lumière artificielle. Ça rend les tournages plus dynamiques. Quand j’écris, je pense toujours au tournage. Cette légèreté, l’idée de sentiments violents filmés avec délicatesse hante votre travail… — J’attache de l’importance à l’empathie, la bienveillance, la prise en charge des doutes et de la solitude de l’autre. Dans mes films, la violence est présente mais de manière souterraine, périphérique. On approche mieux l’essence des choses en les contournant. C’est affaire de sensibilité. Certains ont besoin d’être dans l’œil du cyclone, au cœur de la colère pour s’exprimer. Ce n’est pas ma manière de faire. Vincent Lacoste joue David, le rôle principal. Comment dirige-t-on un acteur qui répète à longueur d’interview qu’il ne travaille pas en amont ses personnages ? — Il y a de la blague là-dedans, il travaille beaucoup. C’était du pain béni. Parfois on doublait la scène par principe, pour les assurances, mais dès la première prise il avait la juste tonalité. David avance chargé, il fallait un acteur avec une grâce, une maladresse, une légèreté pour rendre cette histoire supportable. Vincent est très riche, d’une beauté peu commune. Il y a un dispositif dans Amanda. David est abandonné par la femme qui le structurait, il se retrouve avec une enfant et commence un parcours d’apprentissage jalonné de figures féminines qui l’aident à s’élever… — J’ai du mal à théoriser mes films, je fonctionne de façon intuitive. Je sais juste que j’adore filmer les actrices. Comme l’été. Mais le rôle que je leur donne, je ne peux pas formuler de pensée là-dessus, c’est ma limite. Tout de même  : le film s’appelle Amanda, du nom de la petite fille, et pas David… — Il y a une innocence contenue dans ce titre qui a toujours été une évidence pour moi. Je ne saurais l’expliquer. (Silence.) Peut-être parce que lorsque j’ai écrit, ma fille venait de naître. On fait avec ce qu’on est. Amanda Sortie le 21 novembre.
« J’ai du mal à théoriser mes films. Je sais juste que j’adore filmer les actrices et l’été. » Par Alex Vandevorst Photo DR Décryptage – 29 – On connaît la chanson ? Casse-Noisette Sortie le 28 novembre. Casse-Noisette et les quatre royaumes, ou Disney sur les terres des grands compositeurs classiques  : l’occasion pour la firme aux grandes oreilles de proposer un musical adressé aussi aux parents ? Tandis que la suite de La Reine des neiges mijote encore dans la grande marmite de Disney, Casse-Noisette et les quatre royaumes vient confirmer que ses productions tout public – celles qui s’adressent plus aux têtes blondes qu’aux ados et aux autres – n’ont rien perdu de leur génie mélomane. En fait de marmite, ce nouvel opus use d’un très vieux modèle, dans lequel il fait donc la meilleure soupe  : prenez un sujet issu de la culture classique – exit les frères Grimm ou Andersen, place à un fameux ballet de Tchaïkovski – et mélangez-le à un univers chatoyant, spectaculaire et techniquement à la pointe. Mais Casse-Noisette se différencie de La Reine des neiges et ses prédécesseurs  : outre son usage de la prise de vue réelle – et de visages sanctifiés comme ceux de Keira Knightley ou de Morgan Freeman –, le film de Lasse Hallström reprend les mélodies du compositeur russe (fidèlement revisités par James Newton Howard) dont il fait la clé de ses morceaux de bravoure lyriques. On est donc loin des morceaux chamarrés et accessibles des autres Disney, et surtout des paroles de La Reine des neiges qu’avait écrites Robert Lopez (l’auteur du très pop Avenue Q). En rompant cette fois avec les repères contemporains, le studio esquisse un geste fort  : l’adulte client du patrimoine raffiné est aussi invité à la fête, tandis que les cadets sont attirés vers un territoire dont on leur verrouille trop souvent l’accès par peur de les dérouter. Casse-Noisette, le premier Disney vraiment pour tous ?



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