Illimité n°282 novembre 2018
Illimité n°282 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°282 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 154 Mo

  • Dans ce numéro : langue vivante.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 – Décryptage Un instant s’il Par Alex vous Vandevorst plaît Photo [Interview] DR Par Romain Cole Photo Frédéric Stucin Par Alex Vnndevorst Photos DR Décryptage Sale temps – 26 – Le grand blond avec un regard noir Énigmatique, flamboyant, effroyable  : parmi la flopée de stars de Sale temps à l’hôtel El Royale, Chris Hemsworth colle le plus à l’image du film – alors qu’il n’avait pas franchement la tête de l’emploi. Le rôle de la transition ? Regard halluciné, gestuelle dégingandée, chemise ouverte comme dans un show de Chippendales  : la dernière fois qu’on a vu Chris Hemsworth troquer son marteau de Thor pour ce genre de poses désarçonnantes, c’était dans le troisième SOS Fantômes. Son déhanché furieux révélait alors tout son potentiel comique, et sa joie de s’émanciper enfin pleinement du sérieux semi-divin auquel le condamne l’écurie Marvel. Sale temps à l’hôtel El Royale lui donne l’occasion de refaire le même pas de côté, mais dans une version moins rigolarde  : toujours en forme, mais loin de l’exemplarité athlétique qu’on lui connaît, Hemsworth est ici l’apparition maléfique et absurde qui vient faire le lien entre les destinées sanguinolentes de chaque personnage, agissant sur eux comme un sorcier en plein sabbat – voire comme un être supérieur aux pouvoirs punitifs, obligeant chaque pensionnaire de cet étrange hôtel à payer pour ses péchés. Dans ce décor faussement chaleureux, où personne n’est ce qu’il prétend être, l’acteur a trouvé le terrain idéal pour un contre-emploi à tendance gothique, qui pourrait bien annoncer une réinvention. À moins que ce ne soit tout le contraire  : un prolongement logique. Surgissant dans l’histoire comme un deus… pardon, un diabolus ex machina, ce colosse réaffirme son statut de créature trop charismatique pour être 100% humaine. à l’hôtel El Royale Sortie le 7 novembre.
– The queen is dead Inconnue au bataillon ou presque il y a tout juste quelques mois, il se pourrait bien que Claire Foy soit l’actrice internationale qui marque 2018. Après une ascension aussi fulgurante que surprise, on la retrouve ce mois-ci sous les traits de Lisbeth Salander, l’enquêtrice goth de la saga Millenium. Jusqu’ici, le terrain de jeu de Claire Foy se cantonnait à une contrée cathodique. Les mordus de la famille royale britannique l’avaient déjà repérée affublée d’une couronne trop lourde, allégorie de la destinée romanesque de son personnage dans la série The Crown. Elle y incarnait Elizabeth II, femme de pouvoir tiraillée entre son rôle de souveraine toute-puissante, d’épouse loyale et de mère indéfectible. C’était juste avant que la machine ne s’emballe. En quelques mois, la voilà désormais propulsée devant la caméra de cinéastes A-list. Patiente parano pour Soderbergh dans le bien nommé Paranoia, épouse de Neil Armstrong le mois dernier dans le First Man de Damien Chazelle et désormais nouvelle Lisbeth Salander dans Millenium  : Ce qui ne me tue pas, après la difficilement oubliable Rooney Mara. Claire Foy est, c’est le moins que l’on puisse dire, dans l’œil du cyclone. Mais pourquoi elle, au juste ? Claire fait partie de ce prototype d’actrices de l’entre-deux, ni un sex-symbol ni une jeune première. Elle a pénétré dans Millénium  : Ce qui ne me tue pas Sortie le 14 novembre. l’arène par la petite porte et enchaîné les projets sans jamais avoir donné l’impression de calculer sa trajectoire, suivant inconsciemment les traces de ses aînées à l’ADN proche du sien, de Michelle Williams à Carey Mulligan. Celle qui aurait pu être enfermée dans le prisme du petit écran par le rôle d’une vie se retrouve en tête de gondole de l’usine à création qu’est Hollywood. Une fabrique modelant ses nouvelles idoles en un battement de film, ascenseur orbital vers la reconnaissance du grand public dont le dernier étage est le plus souvent une nomination à l’Oscar (ce qui devrait arriver pour Claire début 2019). JAMAIS DEUX SANS FOY Avant Claire Foy, Noomi Rapace a joué Lisbeth dans la trilogie suédoise initiale en 2009. Deux ans plus tard, Rooney Mara est choisie par David Fincher pour le remake américain du premier film… Et si, en plus d’être un tremplin de carrière, le rôle de Salander était aussi interchangeable que celui de James Bond ? Par François Rieux Photo DR Portrait – 27 Physique, casse-gueule, éprouvant, viscéral  : le rôle de Lisbeth Salander, hackeuse de génie et ange vengeresse féministe née sous la plume de l’écrivain suédois Stieg Larsson, ressemble à une offrande. Une performance offerte sur un plateau. Sur le papier pourtant, difficile d’imaginer la douce Claire dans le cuir à clous de l’héroïne torturant les hommes qui avilissent les femmes. À l’écran, l’actrice n’a pas l’air à l’étroit dans ses Doc Martens, ne déméritant pas face aux prestations des précédentes Salander. Elle opère là une mue inattendue et spectaculaire, qui relève plus de l’émancipation que du simple contre-emploi. Le vrai couronnement de Claire, c’est peut-être celui-ci  : amaigrie, camouflée de noir et coiffée d’une crête iroquoise. Loin de Buckingham Palace, des réceptions scintillantes et des robes majestueuses. La reine est morte. Vive la reine !



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