Illimité n°281 octobre 2018
Illimité n°281 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 113 Mo

  • Dans ce numéro : un grand pas pour le cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 – Portrait Par François Rieux Photos DR – Au bout du conte Dilili n’est pas grande mais elle est vaillante. Cette petite héroïne, cousine lointaine d’un certain Kirikou, est née elle aussi sous le crayon de Michel Ocelot. Dans son nouveau film, Dilili à Paris, le cinéaste expatrie son univers dans la capitale du début du siècle. Vers une réinvention ? Petits yeux perçants, front dégarni, visage légèrement émacié et sourire en coin… Michel Ocelot a de faux airs de John Waters, pape du cinéma américain transgressif et weirdo. La moustache en moins. Mais dès qu’il commence à digresser sur l’Histoire, son enfance en Guinée ou la peinture de Lautrec, la ressemblance physique avec le réalisateur de Pink Flamingos s’estompe au profit d’un éternel enfant rêveur, à l’image du Pierrot lunaire qui pêche sur le logo des studios Dreamworks. « J’aime surtout John Lasseter, le patron de Pixar. C’est un vrai auteur et on voit qu’il aime les enfants. Mais l’animation mondiale est écrasée sans pitié par l’hégémonie américaine. Il faut que le public ne bouffe pas que de la nourriture américaine, ça rend malade. Il faut lutter et mon film, c’est un acte de résistance. » Mais de résistance à quoi au juste ? Peut-être à la morosité ambiante de notre époque. À cette division qui règne dans notre société régie par l’individualisme et le chacun pour soi. Dans son nouveau long-métrage, Dilili à Paris, le papa de Kirikou plante son décor dans la capitale au début du XX e siècle. Une époque « carte postale » cantonnée aux portants des magasins de souvenirs qui pullulent aux quatre coins de la ville. Un temps où le cancan affolait la jeunesse et où les grandes figures se côtoyaient dans les bistrots de Montmartre ou Pigalle. « Il y avait du génie, à ce moment-là. Je ne me doutais pas que tous ces gens, de Colette à Debussy en passant par Sarah Bernhardt, étaient des contemporains. « Je ne me doutais pas que tous ces gens, de Colette à Debussy en passant par Sarah Bernhardt, étaient des contemporains. » MICHEL OCELOT Dilili à Paris Sortie le 10 octobre. Mais il n’y a pas un atome de nostalgie en moi. Je suis très content de vivre ici et maintenant. Chaque génération pense que c’était mieux avant. Je crois que c’est faux. » C’est dans cette atmosphère urbaine et fourmillante qu’une petite Kanak, Dilili, enquête en compagnie d’Orel, un triporteur, sur l’enlèvement de fillettes par une obscure secte. Michel Ocelot est bien ancré dans son époque et particulièrement avec ce dernier film où la fiction est rattrapée inéluctablement par la réalité. « J’ai écrit ce film bien avant les exactions de Boko Haram capturant des lycéennes, même si je suis conscient que la condition de la femme est un sujet brûlant. Je ne sais pas si je fais des films poétiques ou politiques. Tous ne parlent que d’aujourd’hui, je les déguise en racontant une histoire pour que ça soit plus joli… De toute façon, Dilili c’est moi. Quelqu’un de très curieux qui a soif de rencontre et qui va toujours de l’avant. J’ai toujours été fasciné par les enfants. Ils ont une façon lucide de percevoir le monde qui les entoure, beaucoup plus que les adultes qui s’égarent en vieillissant, à cause de leurs certitudes. » À 74 ans, Michel Ocelot continue plus que jamais sa quête d’une lucidité perdue.
Par Anouk Féral Photo RC Portrait – 23 Nos batailles Sortie le 3 octobre. – Duris est haut Dans Nos batailles, l’acteur Romain Duris porte beau la défaite. Elle disparaît et, alors, il apparaît. Elle, c’est la femme d’Olivier, alias Romain Duris. Elle prend la tangente sans crier gare et le laisse seul avec tout à gérer  : un boulot en entreprise moralement éreintant, une mère catégorique (merveilleuse Dominique Valadié) et deux bambins. Olivier va devoir se dresser haut pour affronter seul ce nouveau quotidien. Si le personnage apparaît si bien, c’est que Duris luimême a disparu. Pour mieux ressurgir. Envolé, le Duris qui aime tant creuser l’écart entre lui et les héros qu’il campe ; qui aime tant se grimer, se travestir, planquer sa nature sous une cape, une gestuelle, une perruque, une voix nouvelle. Si son Olivier arpente le film quand même camouflé sous un bonnet, un blouson et une chaude barbe, il est comme vissé à l’ossature personnelle de l’acteur, que l’on a rarement eu l’impression d’approcher de si près. Dialogues quasi improvisés, jeu naturaliste et énergie documentaire… Qu’il est bon de pouvoir presque le humer tandis qu’il lutte. Au cœur de Nos batailles, l’une des plus savoureuses victoires de jeu, que Romain Duris doit à lui, rien qu’à lui.



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