Illimité n°281 octobre 2018
Illimité n°281 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 113 Mo

  • Dans ce numéro : un grand pas pour le cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 – Trajectoire Par Anouk Féral Photo RC – Comme un ouragan Rencontre avec Joanna Kulig, héroïne de Cold War et nouvelle étoile du cinéma polonais, dont l’éclat fait voler les frontières. Elle a 36 ans, elle est polonaise, et quand on la voit dans le salon de l’hôtel parisien où on a rendez-vous, on se dit aussitôt  : « Scarlett Johansson. » Mêmes couleurs (la trilogie yeux bleus-blondeur-pâleur) et mêmes dimensions (petite et pulpeuse), mais surtout cette même énergie rauque qui vient à la fois décaler et rehausser une beauté trop évidente. Débit mitraillette, accolade vigoureuse, rires et anecdotes en pagaille, Joanna Kulig est une pile. On est là pour Cold War, de Pawel Pawlikowski, cinéaste compatriote de l’actrice et tête d’obus d’une production polonaise en pleine explosion. Vedette en son pays depuis plus de dix ans, elle nous décrypte ce paysage cinématographique en pleine mutation et dont elle est le transfuge le plus luminescent  : « J’ai commencé au moment où une dynamique s’est produite dans notre cinéma, grâce à des coproductions européennes et américaines. Je me suis retrouvée dans La Femme du V e avec Kristin Scott Thomas et Ethan Hawke, tourné à Paris, dans Les Innocentes d’Anne Fontaine, Hansel & Gretel, une grosse machine américanoallemande, Elles de Malgorzata Szumowska avec Juliette Binoche ! On commence à nous voir dans des festivals internationaux importants comme Toronto, Berlin, Cannes. Je suis chanceuse de faire partie de cette vague d’ouverture. » Pour répandre sa lumière blonde sur un public non polonais, elle apprend l’anglais à toute allure grâce à son oreille musicale – de 14 à 18 ans elle a étudié le chant lyrique et le piano. Elle passe tous les castings internationaux et se sent chez elle en France, où elle a un agent. Elle trouve qu’on sait prendre notre temps. Que, comme dans les films, on boit des cafés en terrasse en parlant d’art pendant des heures. Vraie ou fausse, cette image d’Épinal est à l’œuvre dans le splendide Cold War, dont une partie se passe dans le Paris artistique et fauché des années 50. Une fresque amoureuse orageuse, inspirée à Pawlikowski par celle de ses parents. Il a écrit le rôle pour Joanna, qui passe pour la troisième fois devant sa caméra après La Femme du V e et l’oscarisé Ida. « Pawel est mon mentor. Je l’ai rencontré il y a huit ans. J’étais en crise à cause du théâtre. J’y mettais trop d’intensité, je me détruisais, j’étais épuisée émotionnellement. Je voulais arrêter le métier et Pawel est arrivé. Il m’a proposé La Femme du V e et c’était reparti, mais sans douleur cette fois. Il m’a appris le calme. » Hors plateau alors car, dans Cold War, elle joue une jeune chanteuse enflammée à la voix merveilleuse. Impertinente, immature, elle se fait passer pour une paysanne pour intégrer un groupe de chanteurs folkloriques. Elle y rencontre Wiktor (Tomasz Kot), beau musicien en long imperméable qu’elle va aimer très fort, malgré des choix de vie divergents. Il fuit à l’Ouest, elle reste à l’Est, et leur amour devient un fil rouge qui se lève et s’affaisse, comme une frontière intermittente. En revanche, les frontières que Joanna déchire au gré de ses apparitions à l’écran, on les pressent éradiquées. Durablement éradiquées. Cold War Sortie le 24 octobre. « Je voulais arrêter le métier et Pawel est arrivé. Il m’a appris le calme. »



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