Illimité n°280 septembre 2018
Illimité n°280 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°280 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution française comme si vous y étiez.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 – Interview Par AF Photo DR – T’as le look, Cottin Dans la famille « Je t’aime moi non plus » dépeinte dans Photo de famille de Cécilia Rouaud, on demande la fille, alias Camille Cottin, et sa faconde éruptive dont le cinéma français ne peut plus se passer. Au point d’en faire un marqueur générationnel ? On a posé la question à l’intéressée. Dans le film, vous êtes Elsa, volcanique, furieuse contre la terre entière au point que sa famille la surnomme « dragon ». Il y a quelque chose de commun entre vos personnages, de la Andréa de Dix pour cent, à la Rose de Larguées, en passant par la Avril de Telle mère, telle fille. Vous semblez aimer ces trentenaires énervées, insatisfaites, qui s’expriment avec virulence… — Vous trouvez ? Pas moi. Rose, j’ai plutôt bossé sur la détente, Andréa déteste sa famille, tandis qu’Elsa met beaucoup d’énergie à réparer la sienne. Je me suis inspirée de quelqu’un de proche, très à fleur de peau, écorchée vive. Qui a beaucoup d’amour à donner et est vite déçue car elle attend beaucoup des autres. Mais bon, c’est vrai que mes personnages sont légèrement volontaires, on va dire ! (Rires.) Mais je ne trouve pas plus de ressemblance que ça. Et pourtant, en quelques films, le cinéma a fait de vous une sorte de sociotype de la citadine en tension qui va de film en film avec cette humeur orageuse, un personnage dans la lignée de la Connasse qui vous a révélée… — Ça me déprime de me dire que je suis la même de film en film, voire carrément ça me plombe à mort ! (Rires.) Ce que j’aime, ce sont des récits, des traits de caractère différents. Mais en effet, j’ai toujours la même voix, le même corps, c’est toujours moi. Et jusqu’à présent, je n’ai pas joué de molle ou de victime. Dire « C’est du Camille Cottin », je trouve ça déprimant et ennuyeux pour le public. Après je suis d’accord, ce sont toutes des filles qui se prennent les pieds dans le tapis. Mais je reçois des propositions différentes, pour l’instant je ne suis pas dans une perspective où je m’inquiète de ne pas assez varier les plaisirs. « Ça me déprime de me dire que je suis la même de film en film. » Le but n’est pas de vous déprimer ! Pour reformuler, prenons Jean-Pierre Bacri, votre partenaire dans Photo de famille. Comme lui, vous avez un ADN très fort. Vous êtes vite devenue une actrice pour qui on peut écrire, à qui on destine précisément un rôle… — C’est gentil, vous retournez bien la situation ! J’étais complètement déprimée, là ça va mieux ! (Rires.) Vous incarnez un instantané de l’époque, avec des problématiques très contemporaines. Dans cinquante ans, si on se demande « C’était quoi, une fille des années 2010 », vous pourriez la résumer. Photo de famille Sortie le 5 septembre. — C’est vrai que mes rôles reflètent ce que l’époque traverse. Leurs problématiques ne se résument pas à des problématiques de femme  : la femme-fonction dans sa cuisine ou celle qui parle d’un homme ou celle qui est « la femme de », tout ce qui limitait avant les perspectives. Je tiens en tout cas à des scénarios empreints de modernité. Mais comme toutes les actrices, non ? Peut-être, mais vous, vous ajoutez une signature bien à vous dans cette modernité. — J’aime en effet l’idée que jouer, c’est aussi écrire. Dessiner un propos à travers mon personnage. Je ne peux le faire que si je comprends intimement ce qu’il véhicule au-delà des dialogues, ce qu’il dit profondément de l’époque à travers ses choix de vies, ses émotions. Je métabolise à fond mes personnages en amont du tournage pour y injecter un petit point de vue sur le plateau. Quelque chose de personnel. Mais jamais au détriment du personnage. C’est toujours lui qui a le dernier mot, pas moi.



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